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Mythos › Jules Verne - Around The World In 80 Minutes

cd • 11 titres • 78:58 min

  • 1Phileas Foggs Dream 4:22
  • 2Around the World in 80 Days 6:24
  • 3Across the Mediterranean Sea to Egypt 6:56
  • 4Steamer to Bombay 10:11
  • 5To Calcutta by Elephant 7:42
  • 6From Calcutta to Hong Kong 8:31
  • 7From Yokohama to San Francisco 8:32
  • 8Across the Atlantic Ocean 9:35
  • 9It's Off to Liverpool! 3:13
  • 10It Seems the Wager has Been Lost 7:31
  • 11The Triumph 6:59

enregistrement

Composé et enregistré par Stephan Kaske de Septembre 2015 à Mars 2016. Masterisé par Ron Boots en Mars 2016

line up

Stephan Kaske (Laser harps, mellotron, flûte, vocodeur, synthétiseur et séquenceur)

remarques

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique contemporaine
Styles personnels
prog et filmique

Comme avec Jules Verne Forever, écrire une chronique à propos de ce dernier album de Mythos n'est pas chose facile. Ici, il n'y a rien comme ailleurs, mis à part Jules Verne Forever. Une onde de son étend sa réverbération qui s'étiole en des râles de didgeridoo. Des voix tribales ululent tandis qu'une ligne de séquences fait osciller ses ions en de fines ruades de cheval et que des percussions jaillissent comme des jets de sarbacane. Le rythme de "Phileas Foggs Dream", ainsi que tout l'univers de “Jules Verne - Around The World In 80 Minutes” est assez difficile à décrire. Parfois il oscille comme un gros boa et d'autres fois il tambourine comme un poney pris dans la glace. Sans oublier ces moments de transitions qui facilitent le passage de l'un vers l'autre. Mais chaque fois il est forgé dans des séquences et des percussions autant organiques qu'électroniques avec une portion harmonique qui reste collé aux tympans. Cette texture harmonique est d'ailleurs tout autant fascinante avec une approche caricaturale qui sur-dimensionne une enveloppe sonique bucolique très tribale dans une fresque sonore qui nous ramène à ces grands déploiements cinématographiques où marchands de foires et acrobates de cirque déambulaient dans des rues bondées. Voilà, c'est tout à fait identique au 80 minutes de cet autre odyssée de Stephan Kaske au cœur de l'univers de Jules Verne. Ici, tout est aussi séduisant que difficile à saisir. En fait “Jules Verne - Around The World In 80 Minutes” est un album qui s'apprivoise assez difficilement tant la texture sonore qui s'en extirpe est aussi audacieuse qu'imprévisible.
L'ouverture assez Tibétaine de la pièce-titre nous amène dans un univers sonique qui défie constamment l'imaginaire. Le tintement des clochettes est avalé par une structure de rythme qui pétille de ses milles pulsations et du miroitement de ces sonnettes pour finalement ramper comme des ombres de vampires avant de s'exiler sur une phase plus fluide où éléments dramatiques et imaginaires s'affrontent dans une structure baroque bourrée d'effets et d'éléments sonores bucoliques aussi réalistes que ces films grandiloquents inspirés du monde de Jules Verne. "Around The World In 80 Minutes" se jette dans "Across the Mediterranean Sea to Egypt". Le rythme est très électronique avec un maillage de séquences, aux acrobaties entrecroisées, et de percussions qui claquent et résonnent comme des sabots de bois. Les séquences alimentent autant le feu des percussions que les filets d'harmonies gazouillées par des voix absentes et des effets de flûtes. Chaque titre se colle en une longue mosaïque de 80 minutes avec des structures qui s'apparentent tout en étant très distinctes. Ainsi la structure de rythme dans "Steamer to Bombay" est une fascinante symbiose des 3 premiers titres mais dans une enveloppe plus sautillante. C'est sans contredit le premier coup de cœur de “Jules Verne - Around The World In 80 Minutes” avec ce rythme qui gambade joyeusement sous les morsures des séquences basses et les mitrailles de percussions aussi géniales que séduisantes. Les effets de flûtes et les éléments gargouillants sont autant de mystère que de charme. "To Calcutta by Elephant" poursuit la quête de d'élégance avec une structure indéfinissable agrémentée de belles harmonies extirpées d'un synthé toujours en mode créatif. Le rythme est ambivalent et asservi à une ambiance de jungle bourré d'effets dramatiques.
"From Calcutta to Hong Kong" suit avec une structure toujours aussi batracienne mais dans une enveloppe de mélodie orientale plus éthérée. Violon chinois et flûte mandarine accompagne l'éclosion d'une enveloppe musicale verdoyante et foisonnante alors que titre entreprend une tangente plus dramatique avec de bonnes rasades harmoniques orientales. "From Yokohama to San Francisco" épouse la forme d'un tempo lent, un peu en mode marche nuptiale, orné de beaux moments d'harmonies dont les effets de saccades et de tourbillonnements donnent l'impression d'entendre la chute des étoiles, certaines y vont de beaux chants, par une nuit boréale. Nous entrons dans le cœur plus tranquille du dernier opus de Mythos. Plus léger mais tout autant mystérieux, "Across the Atlantic Ocean" propose une paisible structure sautillante avec un mélange de tonalités dans le mouvement des séquences qui offre un délicieux crescendo entre ses phases d'ambiances. Très charmeur, le synthé offre deux lignes d'harmonies flûtées qui sautillent à l'unisson avec la délicate croissance rythmique de "Across the Atlantic Ocean". "It's Off to Liverpool!" est le 2ième titre de “Jules Verne - Around The World In 80 Minutes” à proposer une structure plus dans le genre rock électronique de Tangerine Dream dans les années Jive. C'est un bon titre avec une mélodie circulaire qui tournoie dans des effets électroniques très près de Legend. "It Seems the Wager has Been Lost" est aussi léger qu'une musique de Jazz dans un club de nuit où quelques derniers amoureux se regardent avec désir. L'approche tribale qui se cache derrière ce rideau de romance offre un cachet tout à fait exquis à cette musique qui ébruite sa finale dans des soubresauts en cascades. "The Triumph" termine cet autre impressionnant ouvrage de Mythos avec une superbe approche mélodieuse où effets de voix caressent un beau mouvement noué dans la limpidité d'un ruisselet de séquences. Le titre évolue par la suite dans un beau down-tempo et me rappelle énormément ces séduisants mouvements teintés de romance qui ornait la musique de Thierry Fervant ou encore Walter Christian Rothe dans son majestueux Let The Night Last Forever.
Fascinant et audacieux! Tels sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit afin de mieux décrire l'univers du dernier Mythos. Surfant encore sur les rêves et fantaisies de nos enfances étroitement liés aux contes de Jules Verne, Stephan Kaske relève toujours avec panache cet audacieux pari de mettre en musique les contes et visions du célèbre écrivain de Nantes. Et comme l'indique si bien Mythos, il faut se donner la chance d'écouter l'album dans son entier, avec de bons écouteurs au préalable, afin de se laisser emporter par les vagues de sa dernière création. Et ça vient assez vite. Un beau 5 boules pour la créativité!

note       Publiée le dimanche 26 juin 2016

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