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Yonatan Gat › Iberian Passage

cd/lp | 6 titres | 20:46 min

  • 1 Escorpião [3:20]
  • 2 Broken Caravan [0:44]
  • 3 Kotonou [2:24]
  • 4 Conga Manteca [3:38]
  • 5 Seven to Seven [7:09]
  • 6 Bordeo [3:11]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré aux Esúdios Sá da Bandeira, Porto, Portugal. Produit, mixé et monté par Yonatan Gat. Masterisé par Michael Tucci.

line up

Yonatan Gat (guitare, piano, voix, field recordings), Igor Domingues (batterie, percussion), Tamar Aphek (chœurs, piano électrique)

remarques

Pochette : Shoval Zohar. Peinture (intérieur) : Baker Overstreet. Photos : Yonatan Gat.

chronique

Yonatan Gat était dans un groupe. Le parfait trio de cinglés, au vrai, ceux-là : Monotonix. Bannis des salles de leur ville, de leur pays – Tel-Aviv, Israël –, de plus en plus souvent, à mesure, partout où ils passaient. Trois types qui envoyaient brut et serré, gros paquets de riffs et rythme concassés. Une espèce de garage lourd et dégueulasse, gras, jeté sans éteindre les flammèches – surtout pas ! L’hirsute au micro, d’ailleurs, allumait parfois littéralement ses fringues au briquet, quand il ne se contentait pas de finir à poil perché dans les cintres, sur une corniche, n’importe où. Les gars aussi – si on en croit les interviews – pour qui une arcade ouverte ("pas le temps de faire des points de suture, on avait un avion à prendre") ou une épaule cassée ("c’est rien, j’ai fait l’armée") ne devaient pas changer grand chose au planning de la tournée. Parce que forcément : tricard partout chez eux, il avait bien fallu qu’ils se trouvent ailleurs. Partout, en Europe, aux Amériques… Histoire habituelle : chacun ensuite – après un ultime album enregistré ("un de plus", oui) par Steve Albini – a tracé sa route. Du dernier batteur en date, Haggai Fershtman (ni du précédent d’ailleurs, un certain Ran Shimoni), je ne sais ce qu’il est advenu. Le chanteur, Ami Shalev, a monté un groupe de folk nommé Hapartizanim (soit "Les Partisans" ; il semble qu’eux-mêmes définissent leur musiques comme "populaire antisioniste" – ce qui doit encore beaucoup plaire, lu de là-bas… bon). Yonatan Gat, lui, a continué de voyager. Basé à peu près à Brooklyn, New York, à ce jour, si j’ai bien compris. Avant ça, du côté de Porto, Portugal. "Le passage ibérique", oui, le titre est clair. Et la musique, bien sûr, porte des marques, charrie des bouts de tout ça, incrustés, sertis… La forme des coups imprimés, j’entends, des cahots, l’impulsivité qu’ils trimbalaient d’une latitude à l’autre. Le sens de l’impromptu, celui du jeu à l’essentiel autant que celui de l’exubérance, du lâcher. Tout ça, attrapé d’ici, d’où en était alors le type, à ce point de sa course, de ses errances, poursuites… fait un disque à l’étrange découpage. Des morceaux comme écourtés – en fait interrompus une fois que tout est dit, que ça prenne moins d’une minute, ou trois, ou sept… Aucune plage qui sonne bâclée, pourtant. Délestées de tout superflu, oui – fragments probables d’improvisations sur des trames, des modes riches en teintes, en degrés, joués coulants ou heurtés, des mélodies, des thèmes tracés nets puis emballés, retournés, fouaillés, affolés, qui tombent tout à coup – comme on dit de certaines nuits soudaines ou d’autres inattendues nouvelles. Tout ça, ensuite, monté sûrement à l’intuition – articulé pour qu’y passe l’air, des scènes de son captées aux rues, jardins, que sais-je… insufflée, intégrées dans le mix, le mélange, qui changent la lumière et flottent au-dessus de ce qui sans elles feraient silence abrupts, peut-être. Musique de courant frais dans cette atmosphère chaude, halo et brassée sur ce bord d’océan. L’énergie toujours là, intacte – l’électricité, aussi, moins saturée mais toujours labile, inductrice d’instabilité, excitatrice. La précision du geste encore plus audible, ainsi, dans cette espace qui cette fois respire. Même, parfois – dans ces pauses, disais-je, ces images sonores prises à la ville (à celle-là seule ?) – on se sent gagné par une sorte de paix, de tranquillité dans le noir qui vient, dans ce monde qui s’agite. Mais attention. Ce pourrait bien être, au fond, une fièvre qui guette. C’est que… Je me souviens parfaitement, allez ! Comment ce mec-là et moi, avec sa musique, on s’était rencontré. Le lieu, tout, la compagnie, la saison, nos états… Et je n’ai pas oublié ce qui s’était ensuivi.

note       Publiée le mercredi 8 juin 2016

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Klarinetthor › dimanche 4 septembre 2016 - 16:29  message privé !

celui-ci est un peu plus focus, paisible, avec un son plus que correct. Plus mediterraneen aussi

Note donnée au disque :