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Nico › Fata Morgana (Nico & The Faction)

  • 1994 • Spv SPV CD 084-9620 • 1 CD
  • 2011 • MIG MIG 00552 CD • 1 CD

cd • 8 titres

  • 1The sound I
  • 2The hanging gardens of Semiramis
  • 3Your voice
  • 4I will be seven
  • 5Fata Morgana
  • 6All saint's night
  • 7The sound II
  • 8You forgot to answer

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré live à Berlin, Allemagne, le 6 juin 1988

line up

Nico (chant, harmonium)

Musiciens additionnels : James Young (claviers), Henry Olsen (guitare), Graham Dowdall (batterie)

remarques

chronique

Styles
ambient
gothique
Styles personnels
requiem

Six semaines avant sa mort, Nico donnait son ultime concert. Commandé par le musicien Lutz Ulbrich, ex-amant et amoureux transi depuis des années, pour son festival berlinois Wüstenklänge im Planetarium, il se présente comme une longue pièce de presque une heure découpée en sept séquences, que l’artiste peine à achever dans les délais, malgré le renfort de The Faction (son groupe accompagnant) pour la musique. Ce travail restera donc à jamais inachevé niveau paroles…Qu’importe, malgré son aspect semi-improvisé, avec de longs passages instrumentaux, cette ultime performance se révélera une merveille. ‘Fata morgana’, du nom d’un mirage, un dernier éclat sombre dans une nuit que rien ne semblait plus devoir déchirer. Elle qui avait foutu en l’air sa voix à coups d’héroïne, d’alcool, de concerts bâclés pour payer les doses, semble retrouver une dernière fois la grâce funèbre pour conclure en apothéose une vie d’errance et de spleen. Nappes d’harmonium, voix grave toujours aux limites de la justesse, soutenue avec force par le trio de The Faction, impeccable comme jamais. Les percussions tribales de Graham Dowdall tissent une forme de tension mystique, le clavier de James Young dévoile des sonorités hors du temps, hors des frontières, la guitare de Henry Olsen apporte une touche fraîche, limite hivernale. On oscille entre voyage oriental à l’époque des Jardins de Babylone, cérémonie funèbre du fond de l’Allemagne païenne, avec quelques éclats de piano, une ou deux touches d’un âge synthétique. Tout évoque la transe, aussi bien les nappes lourdes d’introduction que les envolées portées par le jeu des percussions sur lesquelles on visualiserait aisément des vierges d’un autre âge en train de danser à en perdre la raison (‘I will be seven’). Telle une grande prêtresse, noble et froide comme jamais, Nico laisse ses paroles s’élever, complétant par des ‘la la la’ quand les mots viennent à manquer, comme des sortilèges que le temps emprisonnerait tels des insectes tordus dans l’ambre. Vient le rappel. Anecdote: pour lui rendre hommage, Nico demande au fidèle James Young, collaborateur précieux des années de doute, quel morceau il souhaiterait l’entendre chanter. Vrai gentleman, l’homme demande humblement ‘You forgot to answer’, une chanson sur laquelle il ne joue pas. L’ultime interprétation de Nico sera une pièce solitaire, à l’image de sa vie, étrange comète jamais à sa place nulle part, comme exilée d’une autre époque, d’une autre dimension peut-être…La fée de la mort (son visage sur la pochette comme un masque mortuaire en est le parfait reflet) et son harmonium unis en une dernière étreinte…Les applaudissements, les yeux gonflés et rougis par les larmes, spectateurs et auditeurs se demandent s’ils ont rêvé…

note       Publiée le vendredi 3 juin 2016

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