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Mainhorse › La salamandre

vinyl45t • 2 titres • 7:38 min

  • 1La salamandre3:59
  • 2Juke-Box3:39

extraits vidéo

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line up

Patrick Moraz (claviers), Jean Ristori (basse), Bryson Graham (batterie, percussions), Peter Lockett (guitare)

remarques

chronique

Styles
hard rock
psychédélique
Styles personnels
heavy-psych suisse-romande

« Quand tu fais l'amour, toi, tu fais l'amour comme ça, ou tu fais des trucs ? » Telle est la question posé par Rosemonde, fascinante créature d’ennui en minijupe de cuir et bottes. « La salamandre », film culte de la nouvelle-vague suisse d’Alain Tanner, en noir et blanc, avec le génial Jean-Luc Bideau en journaliste travaillant de concert avec un écrivain-peintre en bâtiment, le très en voix Jacques Denis. Et puis Bulle Ogier, directement sortie des films de Rivette, avec sa voix et sa diction si caractéristique, scandaleuse de liberté morose, qui déambule dans des rues envahies de consommateurs alors que l’orgue de Patrick Moraz imprime à ses pas une mélodie sombre qui va finir par exploser en explosion de riffs plombés sur une rythmique qui l’est tout autant. Forte impression que ce mélange de voix-off narrative précieuse, anti-naturelle, et de cette musique heavy-psych instrumentale dramatique. Le son de la jeunesse de l’époque, biberonnée à ce hard naissant, son de plus en plus dur, batterie qui matraque et basse de concert sourd avec ces lignes de claviers qui déchantent, déjà revenu des utopies des sixties, de Soixante-huit dont l’esprit hante pourtant tout le film, dans un coin glacial de la Suisse Romande. Bideau les pieds dans la neige, qui se demande ce qu’il fout là à enquêter sur cette fille qui aurait tiré sur son vieil oncle, sans raison et sans être condamnée. Cette fille, ignifugée à l’excitation de la vie, telle la salamandre aux flammes, qui systématiquement quand elle entre dans ce café, met une pièce dans le Juke-Box pour entendre très fort un déluge de guitares sur fond d’orgue psyché de Mainhorse, la formation du coin de Moraz, oui, celui qui redonnera un coup de boost à un Yes fatigué quelques années plus tard. Et c’est pas grave si la musique cesse d’un coup, la belle Bulle continuera à headbanger comme une folle, la heavy-psych dans son crane d’où il semble impossible d’extirper le mystère. Dommage que les autres pistes, plus planantes, présentes dans le film, n’aient jamais été éditées, seul subsiste un single avec ces deux thèmes principaux qui reviennent en leitmotiv. Assez pour laisser leur empreinte dans la neige, comme Rosemonde et son écrivain auquel elle pose cette question mutine, de nulle part. Et lui de sortir la bonne réponse, la joyeuse, celle qui plait, celle qui vit : « J’fais des trucs ».

note       Publiée le vendredi 3 juin 2016

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Klarinetthor › samedi 4 juin 2016 - 15:21  message privé !

Et dommage que toute la bande-originale n'ait pas ete proposée; en particulier la musique dans le tram ; scene un peu facile mais marquante, qui chanmboule aussi le film qui est plutot calme, a part quelque anicroches avec les boss (et encore ca siffle plus entre les dents que ca ne cogne reellement)

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(N°6) › vendredi 3 juin 2016 - 20:29  message privé !
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Indéniable. Mais c'est un de ces films culte dont on entend parler depuis toujours et dont on comprend pourquoi il l'est quand on se décide enfin à le visionner. Bideau est un acteur tellement génial. Et Bulle Ogier, ah, Bulle… D'une certaine façon, c'est un peu comme "L'amour est plus froid que la mort" de Fassbinder (ah, Hanna Schygulla…), super singulier et en même temps hyper marqué par l'époque et la Nouvelle-Vague, dix ans plus tard.

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Klarinetthor › vendredi 3 juin 2016 - 19:20  message privé !

Mais ca m'a l'air bien de son epoque et de son contexte, ce film https://www.youtube.com/watch?v=d2W.... Comment supportes-tu?

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