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Tisiphone › Tisiphone (1st LP)

lp | 8 titres | 44:41 min

  • 1 Looking Down [5:07]
  • 2 Where are you [6:21]
  • 3 Black velvet [2:11]
  • 4 The feast [5:56]
  • 5 Empty streets [7:30]
  • 6 Blind [6:32]
  • 7 Desire [3:39]
  • 8 Spiritual object [6:35]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistrement à DLM Sudio, juin 2015. Mixé par par J-M Salque. Masterisé par Frédéric Finand – Oreilles délicates.

line up

Clara (chant, percussions), Léonard (guitare, synthétiseur, hi-hat, chant), Suzanne (basse, percussion, chant)

remarques

Pochette réalisée par Johanny Melloul.

chronique

Styles
gothique
cold wave
post punk goth
post punk
rock
Styles personnels
thermosensibles

Il y a dans certaines prémisses, certaines promesses, parfois, bien plus qu’une esquisse. Une chose qui vit, formée. Qui peut-être se perdra, devenant… On ne sait quoi, encore. Ne sera pas en tout cas que l’ombre portée de ce frémissement premier. Une beauté qui vient, brusquée ou doucement… Il y a chez Tisiphone des traces évidentes. D’une autre décennie, au moins. De ceux d’alors qu’ils ont dû écouter, aimer. Dans la voix de Clara – pour expédier les évidences : Siouxsie Sioux, sans doute ; Mona Soyoc, peut-être (de Kas Product)… d’autres, c’est inévitable ; dans cette basse au son opaque et profond, lourd et élastique, plastique, jouée par Suzanne ; dans les tambours roulés et assenés des deux femmes ; dans les claviers et la guitare suies et reflets d’eaux, mats ou irisées de Léonard, sa voix en contrepoint, en quinte d'un rire incident ; les échos, éclats, reflets, teintes, d’une cohorte de groupes coldwave, post-punks, séquelles de viviers gothiques ; c’est indéniable… Ça peut faire obstacle, d'abord. Il n’y a pour autant pas mimiques, pâle imitation. Rien qui soit refait – contrefait – calqué d’un modèle révéré, intouché, servilement vénéré. Ces trois là ont une présence qui happe et frappe – nette, à eux propre, détachée. Rien qui serait trop explicite, toutefois, qui éteindrait l'intuition d’un danger tapi, le goût des emballements, de l’excitation qui rôde, du frisson qui saisit yeux grands ouverts… Très certainement, le geste est pensé. L’élan cependant n’est pas coupé, neutralisé. L’envoi, le jeu, sont expressifs – expressionnistes, même, en quelque mesure. C’est particulièrement sensible lorsqu’ils sont sur scène. L’espace, la position des corps, les mouvements, ne sont pas de hasard (une scénographe, Kamïlle Fau, est ouvertement créditée, même, comme membre du groupe, sur leur site, au même titre que leur metteur en son, Fred Auzias). Ils ne sont pas figés, pour autant. Et charnelle, incarnée, leur musique l’est, irréductiblement. Et cérébrale, certes. Agitée de désir : tremblant, haletant (littéralement parfois, puisqu'on entend les souffles hachés, syncopés), contrarié, rampant ; libre soudain, lâché, campé dans son entière grâce. Traversée d’images, de sensations qui hantent, attirent, poussent aux failles et passent aux recoins, aux lignes d’horizons, le temps juste d’enflammer. S’y tient, s’y loge, lovée, cette passion – "That means detachement", cinglait une fois Anne Clark – qui envahit, gagne tout, s’empare des perspectives… Et la distance trompeuse aspire, en effet, magnétise. Les masques accentuent autant qu’ils filtrent – assourdissent telles fréquences, aiguisent celles qui doivent passer, percer, traverser en décharges. Passion intacte, oui, pleine, à vif derrière le glacis, les surfaces d’alliages luisants ou dépolis. Qui sur ce disque, de justesse, n’atteint peut-être pas encore à sa pleine stature. Plutôt : s’imprime moins immédiatement, un peu moins forte que lorsqu’on la reçoit en direct, eux nous faisant face ; qui à quelques moments, certes pourrait affleurer un peu plus violemment, déborder ; quelques instants d’une retenue qui n’est que la crainte, peut-être, d’en faire trop, de saboter le jeu en le poussant à peine plus. On y revient pourtant... Les plages lentes m’y ont retenu, d’abord – alors que les plus affolées m’avaient tout de suite attrapé, tapé juste au point d’ivresse, entre les murs du squat, sous le signe d’irradiation où je les avais vus. Tout est là, malgré tout, à sa transitive, son initiale manière. Un moment qui ne sera plus, qui déjà se transforme. C’est le charme de celui-là, aussi – on sait comme ceux-ci sont forts, et tout ce qu’ils peuvent laisser une fois qu’ils ont fait touche – que d’instiller ce sentiment d’être, qu’ils sont, que nous sommes avec eux comme… Au bord. D’on ne sait quoi – disais-je – encore... Par dessus quoi, alors, on se penche – curieux, un peu anxieux, réjoui déjà d'entendre ce qui, de là, pourra jaillir et sourdre, et courir, libéré.

note       Publiée le vendredi 3 juin 2016

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Klarinetthor › samedi 19 mai 2018 - 02:01  message privé !

Vrai que ça prend toute sa dimension en live -ça devient moins unidimensionel, surtout avec ces nouveaux morceaux enregistrés. Ca va de la pop à l'electropunk (leur piste BaR plutut Kas Product, du coup), au rock expé... respect, et hâte d'entendre le nouveau dejà enregistré.

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Dioneo › vendredi 18 mai 2018 - 18:17  message privé !
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Ouep... Au Farmer (Lyon), je ne pourrai pas y être mais si vous êtes dans le coin... Franchement ça vaut le coup d'y bouger. (Faites leur la bise de la part Robert F., si jamais).

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Klarinetthor › vendredi 18 mai 2018 - 18:12  message privé !

En concert au Zorba ce soir et au Farmer demain!

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Twilight › vendredi 24 février 2017 - 18:48  message privé !
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Confirmation: sur scène, c'est monstrueux ! Ne les manquez pas si vous avez l'occasion, leur post punk goth martial et intense est une bombe.

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Twilight › mercredi 8 février 2017 - 22:00  message privé !
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https://www.facebook.com/events/1329899270404679/

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