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Sun City Girls › 330,003 Crossdressers from Beyond the Rig Veda

Édition 2cd • 23 titres • 126:49 min

  • CD1
  • 1Civet’s Tango2:56
  • 2CCC4:15
  • 3Apna Desh4:42
  • 4Rookoobay3:45
  • 5Cruel And Thin3:39
  • 6Sardhama Royale2:26
  • 7Sikya Boyah3:27
  • 8Soi Cowboy2:21
  • 9Kickin’ The Dragon4:59
  • 10Murderer’s Night2:52
  • 11Diamond Macaque1:56
  • 12Theme From « Sangkala »2:10
  • 13Insect Dilemma1:14
  • 14Delong Song3:48
  • 15Kumari Sweet6:07
  • 16Lies Up The Niger6:41
  • CD2
  • 17Cineraria Blue8:35
  • 18Shin Paku7:03
  • 19Candi Sukuh3:28
  • 20Ghost Ghat Tresspass/Sussmeier34:22
  • 21Vimana Of The Twilight7:05
  • 22Theme From « The Swaying Gardens Of Apocalypsia »3:37
  • 23Maybe I’ll Kiss And Die A Fool (Finale)5:31

Éditions 3lp • 24 titres • 126:49 min

  • Face 1
  • 1Apna Desh4:42
  • 2Rookoobay3:45
  • 3Cruel And Thin3:39
  • 4Sardhama Royale2:26
  • 5Sikya Boyah3:27
  • 6Soi Cowboy2:21
  • 7Insect Dilemma1:14
  • Face 2
  • 8Kickin’ The Dragon4:59
  • 9Murderer’s Night2:52
  • 10Diamond Macaque1:56
  • 11Sangkala2:10
  • 12Delong Song3:48
  • 13Kumari Sweet6:07
  • Face 3
  • 14Cineraria Blue8:35
  • 15Shin Paku7:03
  • 16Lies Up The Niger6:41
  • Face 4
  • 17The Swaying Gardens Of Apocalypsia3:37
  • 18Ghost Ghast Tresspass16:07
  • Face 5
  • 19Sussmeier18:15
  • 20Candi Sukuh3:28
  • Face 6
  • 21CCC4:15
  • 22Vimana Of The Twilight7:05
  • 23Civet’s Tango2:56
  • 24Maybe I’ll Kiss And Die A Fool (Finale)5:31

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Scott Colburn, Sun City Girls et Wade Olson.

line up

Alan Bishop (voix, guitares, basse, banjo, mandoline, gamelan javanais, auritone, balalaïka, chanteur marocain, flûtes, violoncelle, mélodica, cloches, percussion, harmonica, diapason, effets sonores, bandes), Charlie Gocher (batterie, gongs, gamelan et tambour javanais, cloches d’orchestre, autoharpe chinoise, bongos, shakers, voix, woodblocks, divers instruments à cordes, effets sonores), Sir Richard Bishop (guitares acoustique et électrique, piano, orgue, voix, guitare lapsteel, violon en linceul bengali, gamelan javanais, flûtes, instrument à anche chinois, percussion, mandoline, gongs, banjo, appareils)

Musiciens additionnels : Scott Colburn (gamelan javanais, piano, percussion, auritone, ukulélé, métal, DX7), Eyvind Kang (violon sur Ghost Ghat Tresspass et Sussmeier)

remarques

L’ordre des titres diffère, de l’édition double-CD originale de 1996 aux rééditions triple-vinyle de 2002 et 2010 (identiques entre elles à ce point de vue).

chronique

Le décalage horaire, après tout… C’est peut-être bien la meilleure des défonces ! La plus infaillible, disons, la plus inéluctable. Les sauts de fuseaux, les déplacements incessants. Mais allez, non... On ne va pas vous faire le coup du trip, vous resservir les métaphores volutes et voyages astraux vers l’Orient Enluminé. Enfin… Plutôt, on va préciser, en toute subjectivité. Car oui, c’est indéniable : des bonds soudains entre les latitudes, longitudes, les plongées égarées dans des quartiers et des clairières et sous des frondaisons ou à d’autres réduits entre deux avenues en vrac ou ruelles à bouges, vers d'autres aéroports, aérodromes, ports, rades, fonds de cales... 330,003 Crossdressers from Beyond the Rig Veda fait bel et bien son motif, son principe moteur. Cargo plein où l’on se trouve mêlé, à force, à notre tour cargaison. Bref, voilà. Ce disque, en effet – triple vinyle, chez moi ; la précision peut compter, puisque d’un support, d’une édition sur l’autre, le tour-à-tour des étapes diffère – chaque fois que je le pose sur la platine, me déconcerte. Me happe et me projette, d’accord. Je m’y perds, c’est mon plaisir. J’ai l’impression que c’est le leur, à ce groupe, aux compagnies qui jouent. Ça peut nous mener loin. Révéler peut-être d'un coup, comme ça, l'impromptu, l'incongru du juste-à-côté. Cet album-ci, oui, c’est un monde – même plutôt plusieurs, une infinité ! Rien qu'un monde, déjà, c'est sensible, exposé, mouvant. Alors une myriade, pensez-vous ! Ça change de chaleurs, de consistances, de courants, de sonnailles ou d’assourdi aux langues qu’on y cause, tout le temps... TOUT LE TEMPS ! Oui : on soupçonnerait bien ces trois-cent-trente-mille-et-trois là – travestis de l'au-delà de la vieille légende, de l’ancien cycle, du poème Cosmogonique - d'arriver, de se laisser voir mais à moitié seulement, chargés, là où ils nous ont fait venir : intentions, désirs, vitesses, élans et codes ; interdits ci outrepassés ; là tus mais pour qu’en veilleuse on les observe, on les révère. Ça devrait se contrarier, tous ces secteurs, dialectes, embruns d’embarcadères, fonds d'échoppes à durians, théâtres sacrés au milieu des troupes de singes qui les traversent, s’y posent, y vivent quand on repart, y jouent dans les carcasses ; salons dédiés aux impasses hautes de métropoles. Ce qui tient tout ça – un "tout ça" en vingt-quatre plages, autant qu’il y a d’heures entre deux lunes ou soleils, d'autres point quotidiens de routines, repères immuables... mais ce n’est sans trop de doute, ça, qu’un joli hasard –, ce qui nous attrape et nous garde, nous fixe à ce cheminement littéralement déboussolé, c’est sans doute que la bande, ces hommes qui sont ces Filles de la Ville du Soleil (ou étaient... le groupe n’existe plus depuis la mort de Charles Gocher à Seattle en 2007) connaissent de près toutes ces formes, ces répertoires qu’ils visitent là, où ils nous jettent, qu’ils brouillent à dessein, mêlent, cadavre-exquisent. En intimes peut-être. En relations chères, en architectures, maisons, rivières, passages dont ils savent, pourtant, qu’elles leur resteront – et nous resteront – toujours en quelque part, étrangères ; en tout cas : dont il nous aura fallu apprendre les traits, les allures, le pas, les recoins, ombres, écoulements et parois. Et puis leur folie propre. Leur façon de s’y mettre entiers – à corps non perdus mais investis obstinément des étranges vérités qu’ils jouent ; la pièce, le rite trouvés, refaits, sembleraient-ils d’abord grotesques ; déformés, retaillés ; et sans nier ces torsions, distorsions, aberrations nouvelles ; en les accentuant, même ; en dansant sur les traverses ; en chopant au vol l'un ou l'autre échange, pour se loger dans le vide bref à l'instant de la permutation. De là plus rien d’étonnant si une chanson marocaine – chaâbi ou pop sur secteur d’après l’indépendance ; pourquoi, au point où on en est, se demanderait-on, vraiment ? – sonne tout à coup comme Phnom-Penh ou Sunda, comme un tube de là-bas, de dangdut javanais. En tout cas la surprise ne dissout plus l’écoute… Et puis le gamelan – balinais, tiens cette fois – peut nous précipiter, à son orée, en plein sacrifice affolé d’instruments tout à coup électriques. Le "pianoriental" de Maurice el Medioni, le clavier réaccordé en quarts de tons par Mustapha Skandrani, jadis, pour accompagner Reinette l’Oranaise, se retrouvent chez Sun Ra, en plein grand-orchestre mouvant ; remous tendus en expansions d’univers, renflements hors de la tranquille gravité où le morceau avait débuté. Eyvind Kang peut à l’orée d’une merveilleuse ascension giratoire – échappée entre deux Indes et quelques autre-parts où la guitare crie dans l’ampli – nous basculer avec les autres dans le boucan atonal et le rythme fou, frappés d'une sorte inattendue de tremblante. Et puis il y aura – sans qu’on ne tique plus, sans qu’on ne sache plus trop, décidément si on frissonne de joie ou bien parce que l’attaque tétanique nous guette, et qu'on le sent confusément – ces espèces de crises vociférées sur des éreintements de luths maltraités, sons grêles et brefs, instruments qu’on suppose d’ambitus réduits, caisses petites, ou bien que pour de bon on n’aurait pas sans ceux-ci supputés. Sun City Girls – comme souvent, oui ; mais ici la somme est particulièrement stupéfiante, la confusion merveilleusement maniée – nous livrent là (à moins qu'ils nous livrent à elle), une anthologie délirée qui est aussi, qui est encore un précis de mille choses réelles en leurs mille terres ; et les chocs, reliefs, courbures et failles faites par les accidents – collisions, évitements, glissements, stratégies qui ratent le but et trouve quelque chose d’autre ou bien réussissent bien plus loin que prévu, séquelles et conséquences – créent des Sociétés, des dissidences, des amicales guerrières, des sectes philanthropiques, enfantent des castes et hors-castes et bâtards libérés, fabriquent des concrétions et des œuvres aux soutènements abstraits et illisibles pour les vieilles analyses mais de fait, sûrs et ouvragés. Vous descendez encore de l’avion – ou du pont, ou traversez la sente. Vous ne savez plus si vous avez dormi – dix-huit heures ou cinquante-trois secondes, ou tout court. Aviez-vous encore bougé, changé d’azimut ? Vous n’êtes pas sûr que cette nef-ci – ou ce jet, ce charter, ce bus qui a bien dû à un moment frôler dangereusement le bord extrême du chemin de corniche, ce train car il y en a aussi – ait couru en un clin d'heures, roulé interminablement son trajet. Vous avez (peut-être) raté sciemment le vol, l’éloignement vers le large – puis oublié (qui sait) cette décision, son pourquoi, quelle ivresse, de quoi vous vous cachez… Peut-être, oui, voulez-vous rester un peu plus. Assister installé à quelque pantomime local. Visiter ce marché – pas vraiment en touriste, maintenant ; puisque devisant avec l’un de ces guides sous le masque ; dont vous ne sauriez dire s’il est d’ici ou seulement venu souvent, né plus loin, depuis longtemps familier, récurent ou établi, habitué. Il est possible aussi que vous ayez cette fois-ci tout de bon quitté la route, paumé tout indice de possible retour à vos bases. Quoi qu’il en soit c'est encore le soir, une nuit épaisse semble arriver. Il ne fait jamais grand jour, de toute façon, aux heures d’ici où vous avez les yeux ouverts – ça vient seulement de vous frapper ? Enfin... De quelque manière que ce soit il faudra bien finir par aviser.

note       Publiée le jeudi 26 mai 2016

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moustache › mardi 20 septembre 2016 - 10:35  message privé !

Je suis tombé sur une édition triple vinyle de chez Get Back et à bon prix. Acheté à l'aveugle et quelle bonne idée j'ai eue (pour une fois...). Cet album tue !!!

Note donnée au disque :       
Dioneo › jeudi 26 mai 2016 - 22:37  message privé !
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Ah ah, oui, exactement ça... J'en vois peu qui me le fasse à ce point là, même, l'effet "putain, on est où ?! Ah oui, là... Ah mais non mais ici ! Ah mais là... Mais AAAAAAAAAAaaaaahhhhHHH!!!". Et ouais, Ghost Ghat Tresspass, quelle folie et quel coup de génie, hein.

Note donnée au disque :       
dariev stands › jeudi 26 mai 2016 - 22:33  message privé !
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Ah, le v'là, lui ! Chef d'oeuvre de canicule nocturne ! euh,non, purge infernale... euh non, attendez, énormissime blague. Ah non, j'ai rien dit : labyrinthe opiacé et assommant. Ah, mince, ce concerto pour violon d'Eyvind Kang sur "Ghost Gat Trespass"... bon ben, grand disque, allez. Bref, un mémorable 487ème épisode de notre série "c'est toujours le même disque, là" ?.

Note donnée au disque :