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İstanbul Blues Kumpanyası › Kökler

cd • 17 titres • 54:01 min

  • 1Alleuia2:05
  • 2God Put the Rainbow in the Sky3:27
  • 3Chanson de Mardi Gras2:48
  • 4Black Coffee Blues3:14
  • 5Sea Line Woman2:26
  • 6Early Morning Stomp2:06
  • 7Blues on Fidayda5:09
  • 8Sleep Deep Blues4:05
  • 9Grassfunk No.82:43
  • 10Jesus Met the Woman at the Well2:59
  • 11Working Power4:01
  • 12Loner2:54
  • 13Whiskey Jar Blues4:50
  • 14Pick a Bale of Cotton2:39
  • 15Black Mule Rag2:01
  • 16Ma Right Mind3:27
  • 17Freedom Bird of Africa (Ken Saro Wiva et Fela)3:07

extraits vidéo

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line up

Sarp Keskiner (chant, guitares, harmonica, mandoline, banjo, percussions), Salih Nazım Peker (chant, mandoline, banjo, saz acoustique, darbouka, guitare acoustique), Erke Erokay (guitares électriques et acoustiques), Serkan Ayman (batterie, cloches), Burak Guven (basse), Oya Erkaya (basse), Suna Suner (chant), İlhan Babaoglu (saxophone alto, basses vocales), Erdem Tonguc (orgue Farfisa, piano)

Musiciens additionnels : Murat Ertel (effets spéciaux guitare 7), Feramerz Ayadi (solos de guitare 8), Ibrahim Yasar (guitare acoustique 14)

remarques

chronique

Styles
blues
folk
musiques du monde
Styles personnels
trop de blues tue le blues

N’y a-t-il pas une sorte de paradoxe à voir une formation musicale turque intituler un album Kökler, c’est à dire « les racines », alors qu’elle interprète du blues ? Une musique non seulement occidentale mais de plus, chrétienne ! Eh, les stambouliotes, vous vous en éloignez un peu, de vos racines ! Alors je sais bien que toute la musique qu’on aime, elle vient de là. Même vous, puisque l’anatolian pop des années soixante et soixante-dix était une façon de réinterpréter vos racines musicales à travers le filtre moderne des groupes de rock anglo-saxons. Personne n’a pu y échapper, pas le Japon, pas la France, personne. Mais enfin, kökler, le blues, le gospel, Alleluia et tout ce fatras de protestants noirs exilés de force sur le Nouveau-Continent ? Bismillah !!! M’enfin si ça peut faire plaisir, reste à se poser le cul en sirotant un petit thé bien chaud et écouter ce que vous en faites, en espérant un peu, secrètement, que tout ceci n’est qu’un prétexte de plus à mélanger sans vergogne toute cette influence du couchant avec votre folk turc à bağlama et kanun. Et ben non. Damned ! Des vrais bluesmen byzantins ! On se croirait dans un festival de country au fin fond des Landes ! Sarp Keskiner et Salih Nazım Peker, le folk, ils s’en foutent royalement, c’est pour ça qu’il peuvent intituler cet album « les racines », parce que se sont les leurs, un amour inconditionnel pour le blues. Et pas qu’un seul, mais toutes les sortes de blues, le spiritual le plus lumineux « God put a Rainbow In the Sky » qui vous donnerait la foi de vous lever tous les matins en criant « miracle! », une ritournelles swampy de la Nouvelle-Orléans, et en français s’il vous plait, « Chanson de Mardi-Gras », blues électrique « Sleep Deep Blues » ou acoustique «  Black Coffee Blues ». Bref, du blues du blues du blues. Et le blues, c’est comme le reggae pour Michel Blanc, formidable pendant un quart d’heure et puis chiant pendant une heure et quart. Enfin disons que le blues, joué aujourd’hui, très fidèlement, avec toute la sincérité du monde, sans en faire rien d’autre que ce qu’il est dans sa forme, c’est sympatoche, dans un bistrot, avec un groupe live. Je suis persuadé que la Compagnie du Blues d’Istanbul, c’était très sympa à écouter en terrasse, avec une Effes bien fraîche. Mais le blues, une fois qu’il a été chanté, douloureusement, par les originaux, transmis sur des bandes pleines de souffle, est un genre, à vrai dire, assez ennuyeux dans son orthodoxie formelle. Et puis entendre pour la millième fois les mêmes histoires, racontées de la même façon, avec les mêmes accords « bien bluesy », à moins d’être accro, y a vite saturation d’autant qu’il n’y a ici aucune indication d’où vient cette musique. On prend l’accent, la tessiture des chanteurs noirs américains, mais il n’y a rien derrière ces récits d’esclaves qui ramassent des balles de cotons sinon la pure jubilation de l'interprétation. Quand on aime ça. Je goûte plus les acoustiques « Black Mule Rag » pleins de pizzicati délicieux ou « Grassfunk N°8 » à la rythmique comme son nom l’indique, sans parole aucune. Ou bien les formes les plus éloignées du blues électriques comme le chant de travail « Working Power » presque uniquement percussif, avec choeur masculin d’une soul grave, ou le classique « Sea Line Woman » où se dessine quelque part, encore dans les battements peut-être, une influence orientale qui se fait désirer, avec le chant féminin profond de Suna Suner en soul sister d’Ankara. C’est en se décallant vers le Sud, celui des vieux continents, que la musique de la compagnie se fait plus intrigante, comme ce retour en Afrique, « Freedom Bird of Africa » plus folk qu’afro-beat, mais dont la répétition lancinante trace déjà une route vers l’Orient, qui aura fait son unique apparition sur « Blues on Fidayda ». Voilà ce que je voulais entendre ! La rencontre du folk turc et d’une guitare bluesy, le tout caressé d’échos surréalistes et psychédéliques de la guitare du grand chaman Murat Ertel (de ZeN/BaBa ZuLa). Voilà où situer enfin la Compagnie du Blues d’Istanbul, loin de l’interprétation d’un folklore, mais dans une recherche à la croisée des chemins. Avant de se séparer à l’aube des années deux-milles, la formation protéiforme sortira un second album dans cette direction, peut-être bien sous l’influence d’un nouveau membre issu de l’underground stambouliote. En attendant, ça joue du blues, du blues, du blues.

note       Publiée le mardi 14 juin 2016

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