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Neil Young › Dead man

13 titres - 62:24 min

  • Les plages n'ont pas de titre. Il s'agit de la succession de plusieurs séquences qui suivent l'ordre logique du film. Certains passages avec des dialogues ont été laissés tels quels.

enregistrement

Studio Mason St., San Francisco, Etats-Unis, 1995

line up

Neil Young (guitare électrique, orgue)

chronique

Quoi de plus surprenant et de plus inhabituel pour un cinéaste que de confier la réalisation de la bande sonore de son film à un seul et unique musicien ! De surcroît, lorsque l’on apprend que ce dernier n’est autre que le génialissime et légendaire chanteur et guitariste de folk / country rock Neil Young, notre curiosité rentre dans son émoi le plus total. Notons tout de suite qu’excepté un passage avec accompagnement à l’orgue, cette partition ne comprend du début à la fin qu’un seul et unique instrument : la guitare ! Une seule guitare donc, qui plus est électrique (comme à la bonne vieille époque du Crazy Horse) et saturée à 95% du temps (d’ailleurs, il y a beaucoup d’autres effets, comme la dealay, la reverb, la phaser, la compression…). Concept intéressant quant même, non ? Le réalisateur, Jim Jarmusch avouera d’ailleurs que lors du tournage, il n’écoutait pratiquement que du Neil Young. Le résultat final est convainquant : riffs saturés, torturés, psychédéliques, contribuant à créer une atmosphère collant tout à fait aux images, et surtout à l’esprit du film. Très bon(s) son(s) de guitare (à quoi vous attendiez-vous ?!), très travaillé(s). Ce film nous conte l’histoire de William BLAKE, un jeune homme naïf élevé à Cleveland et qui part dans l'ouest américain pour prendre un poste de comptable. Arrivé à destination, rien ne fonctionne comme prévu et l'innocent devient un meurtrier involontaire bientôt pourchassé par un trio de tueurs à gages. Grièvement blessé, il fuit et rencontre Nobody, un indien bienveillant et érudit qui lui sauve la vie et l'accompagne dans un étonnant voyage... A partir de là, le film devient très psychédélique et la musique de Neil Young prend encore plus d’importance. Un des tout premier charme de ce film réside dans la beauté des images et des paysages (c’est en noir et blanc !) et véritablement dans l’accompagnement musical proposé par Neil Young. Pourtant, le reproche évident que l’on puisse accréditer à cette partition est justement qu’elle est là pour accompagner le film. Prise en elle même, elle ne présente plus guère d’intérêt : c’est trop long, trop continu et répétitif ! Je vous déconseille donc de l’écouter sur une chaîne. Par contre, je vous invite vivement à regarder ce magnifique film de Jim Jarmusch. Bravo à Neil Young !

note       Publiée le jeudi 11 juillet 2002

chronique

Alors que nous étions trop jeunes pour avoir connu Neil Young au moment de la sortie de "Arc", la BO de Dead Man fit comprendre à certains d'entre nous (qui de plus considérions déjà Jim Jarmusch comme un réalisateur "culte", pour parler djeunz) que cet homme solitaire, ce troubadour infatigable des grands espaces et de la liberté, avait décidément plus d'un moyen pour les peindre, ces paysages immenses qui lui trottaient dans la tête, ces mythes d'une Amérique idéale, qui n'auraient pas été entachés par le péché originel du massacre systématique des Indigènes. Les visions de Neil Young inspirèrent Jarmusch, et le western psychédélique de Jarmusch inspira Young. Malaise dans la culture américaine : les valeurs traditionnelles partent en lambeaux, et avec elles des reliquats de la musique issue de la terre ancienne et sacrée... Ne subsiste que le brouillard mortifère, dans lequel s'étouffent les derniers cris de rébellion. La guitare acoustique est une arme, la furia du rock bruitiste en est une autre. Les atmosphères embrumées et totalement hallucinantes de ces soundscapes improvisés à la guitare électrique et à l'orgue en sont une troisième. Je n'ai pas grand chose à ajouter à l'excellente chronique de l'ami Queue Tachetée, sinon que j'eus la chance de voir Dead Man à Cannes en 1995, au moment de sa présentation au festival, et que l'accueil réservé au film par le public à l'issue de la projection ne fut pas des plus chaleureux, ce qui n'a rien d'étonnant. Pas plus que l'accueil dubitatif réservé à ce disque, vu son caractère expérimental prononcé, par les "vieux" fans de Neil Young. Ils étaient restés dans leur époque. Le Loner, lui, revenu de tout, avait fait son chemin, et la pente devenait de plus en plus descendante. Testament de noirceur, véritable adieu au monde, un disque aride mais primordial.

note       Publiée le mercredi 15 février 2006

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lachiassure › vendredi 22 janvier 2010 - 08:28  message privé !

La source de bien des vocations et expériences. CULTE et inégalé

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NevrOp4th › jeudi 21 janvier 2010 - 12:30  message privé !

Cette B.O est à l'image du film : Beau, mystérieux et envoutant. J'adore le son crade de la guitare de Neil Young, de super beau effets.

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varg › samedi 11 avril 2009 - 13:10  message privé !

certains trouvent cette BO trop répétitive, moi je suis hanté par cette guitare décharnée, elle s'inscrit en moi en se gravant dans mes tripes.

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Demonaz Vikernes › vendredi 2 janvier 2009 - 18:54  message privé !

6/6 pour le film et pour la musique dans le film. 5/6 pour la BO prise a part (nenamoins, je sais pas si j'aurais tenu le meme discours si je l'avais ecouté avant de voir le film !).

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Dioneo › dimanche 31 août 2008 - 01:44  message privé !
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"Did you kill the white man that killed you ? / I... I'm not dead... Am I ?". Difficile en effet de trouver quelque chose d'approchant dans le reste de sa discographie -du moins la partie que j'en connais- hormis peut-être quelques-unes des innombrables versions live de "Like a Hurricane" (avec leur soli indomptés)... Question à ceux qui connaissent "Arc" : est il comparable à celui-là ?
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