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Transceive › Exit To Nowhere

cd | 7 titres | 63:10 min

  • 1 The Long Path to Nowhere [ 14:53]
  • 2 The Circe Complex [ 7:17]
  • 3 Through the Dark Lane [ 6:10]
  • 4 Route X [ 7:35]
  • 5 Exit to Nowhere [ 10:33]
  • 6 Break Down the Doors [ 7:28]
  • 7 The Path Splits... [ 9:51]

enregistrement

Composé et enregistré entre 2006 et 2016

line up

Steve Nelson (Access Virus C, Analogue Solutions Leipzig S, Arturia Minibrute, COTK/MOTM/Eurorack Modular Systems, DSI Prophet 8, Korg DSS1, Korg Volca Bass, Moog Minimoog, Moog Prodigy, Novation Supernova 2, Octave Cat, Roland Juno 106, Roland Jupiter 6, Roland MKS80/MPG80, Sequential Pro One, Yamaha CS5, Yamaha TG77)

Musiciens additionnels : Joe Beasley (Batteries sur 1 et 7)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://transceive.bandcamp.com/album/exit-to-nowhere

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
rock électronique et england school

En 15 ans la MÉ a plus qu'évoluée. Elle est sortie de son lit pour tracer des affluents de psybient, d'EDM, de Poland et de Roumanian School. Ces 15 séparent aussi le premier album de Transceive et ce “Exit To Nowhere”. Il y a bien eu une compilation en 2006, Transformation 88:98, et un single en 2011 intitulé The Circe Complex. Entretemps, Steve Nelson s'affaire à construire son propre système Modular et acquiert un Moog Minimoog. Et si 15 ans séparent le bouillant Intrigue et “Exit To Nowhere”, la fougue de Transceive n'en n'est pas moins diminuée. Loin de là! Toujours inspiré par Mark Shreeve et Tangerine Dream ainsi que la forme d'électro synth-pop de Jean Michel Jarre, Steve Nelson nous livre un album d'une rare violence pour de la MÉ qui flirte principalement avec la modèle de la England School et de cette techno intelligente de la maison Jive dans les années 80. Et le système de synthé Modular nous rentre dans les oreilles avec aplomb! Et ça débute avec des riffs et des nappes de synthé qui étendent leurs harmonies ambiantes dans une intro somme toute assez contemplative. La teinte devient plus nébuleuse avec une seconde volée de nappes qui déroule maintenant une aura de mysticisme. Les effets sonores peinturent les cieux, alors que des harmonies sibyllines s'extirpent de ce magma sonore que l'on sent sur le point d'exploser. Des solos apocalyptiques torsadés s'élèvent et une ligne de séquences qui saute sur le même pas allume le rythme infernal de "The Long Path to Nowhere" et ses chœurs chtoniens. Des cymbales pétillent dans cette ouverture au rythme alors que de vrais percussions, martelées par Joe Beasley, structurent un rythme d'enfer. Un gros rock électronique avec les ingrédients de la England School, solos de synthé et chœurs ténébreux, "The Long Path to Nowhere" roule à vive allure dans une structure de rythme indansable avant de prendre une autre ouverture où les séquences oscillent vivement dans l'ombre de nappes plus résonnantes. Ce 3ième mouvement de "The Long Path to Nowhere" exploite un rythme vif en arrière-plan ainsi qu'une délicate mélodie pianotée sur un clavier qui fait ombrage aux séquences fiévreuses. Le style fait très Mark Shreeve, mais pas tant que dans la prochaine étape de rythme qui se veut un croisement entre Shreeve et un Tangerine Dream de la tournée 81 (Silver Scale). Le rythme reste vif et sautille avec empressement avant de prendre une tangente plus rock/trash. Les nappes de chœurs et les solos tentent de ralentir ce duel sauvage entre séquences et percussions qui fractionne sa fougue pour de brefs ralentissements dans la vélocité mais pas dans sa ténacité avant de s'écraser sur un récif cosmique. Pas de doutes! Nous sommes dans les territoires du rythme à haut débit et des ambiances pour film d'horreur avec le plein d'effets et de vois empruntés à l'enfer et ses corridors. Nous sommes dans les terres de Mark Shreeve. L'introduction de "The Circe Complex" est de brume et de mystère. Les nappes de clavier sont gargantuesques et rappellent un peu Jarre dans Rendez-Vous. D'ailleurs le rythme s'éveille comme une rumba cosmique avant d'exploser de la même nature sauvage que dans "The Long Path to Nowhere", arrangements de violons des contes des mille-et une nuits en plus. "Through the Dark Lane" débute avec des bruits blancs et un effet de violon qui joue sur un vinyle dans un vieux gramophone. Il y a panne de courant et le tout s'éteint. Des nappes venant des abysses étendent une approche noire alors que les percussions qui claquent tentent de structurer un mid-tempo qui fait l'effet d'une valse technoïde. Une belle mélodie pianotée brille dans cette structure de stop-and-go. Sa fraicheur est comme un visage d'ange dans les interstices des ténèbres et de son décor nourri de grognements organiques et d'orchestrations aussi romanesques que ces films noir et blanc français. Et comme dans chaque titre de “Exit To Nowhere”, la structure se métamorphose pour prendre une autre couleur, et même une autre forme, qui n'est jamais très loin de sa conception originale. La mélodie ici est tout simplement envoutante. "Route X" fait très Legion de par ses harmonies soufflées par de bons solos de synthé. Le rythme est assis sur un maillage de percussions électroniques sobres et des séquences qui claquent dans un même débit. Ici ce sont les harmonies qui changent de formes et les nappes de synthés qui font un décor changeant sur un bon rythme soutenu. La pièce-titre débute avec une effet de meuglement dans une longue corne diabolisée ou se greffent d'imposantes nappes d'orgue des ténèbres. L'intro est plus d'ambiances chtoniennes et les riffs de claviers vous feront penser à du Rush. Encore ici les solos de synthé sont très pleureurs et étendent de longues plaintes harmoniques. Un rythme vif, aussi moins lourd, à la Redshift s'accroche à ces ambiances. Et de tranquille, ce rythme devient féroce et fou avec des séquences hyperactives qui sautillent dans des effets d'orchestrations à la Mark Shreeve dans Legion. D'ailleurs le concept de "Exit to Nowhere" ressemble drôlement à ces films où la jolie vierge tentait de fuir la maison de maniaques par des corridors qui ne finissaient plus de courir avec ses pieds. Un titre plutôt angoissant avec la signature de Shreeve. "Break Down the Doors" épluche ses transformations jusqu'à atteindre un solide techno, style plancher de danses pour zombies marinés, qui sonne tellement comme du Frankie Goes to Hollywood. Les petits détails dans le travail des percussions et des séquences est tout simplement génial ici. "The Path Splits..." marque le retour de Joe Beasley aux percussions. C'est un titre aussi incendiaire que "The Long Path to Nowhere", mais plus dans le genre danse. Personnellement, j'ai adoré “Exit To Nowhere”! C'est du gros rock électronique avec une fusion de EDM intelligente où Steve Nelson fait toute une besogne au niveau des patterns de séquences et des percussions électroniques. Par moments, on croirait vraiment entendre Mark Shreeve. Les synthé sont aussi actifs que créatifs en divisant très bien les effets des harmonies avec de bons solos juteux et des arrangements qui nous mènent aux portes des enfers. J'aime aussi cette ambiance de folie latente que Transceive exploite. Comme dans ces films d'horreur des années 70, Phantasm ou encore A Nightmare On Elm Street. Fougueux, créatif et en continuel mouvement, “Exit To Nowhere” est un album dominant dans son créneau. Un incontournable pour les amateurs du modèle England School!

note       Publiée le vendredi 20 mai 2016

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Kriek › vendredi 9 septembre 2016 - 13:06  message privé !

100% d'accord, on dirait du Mark Shreeve. Cela décoiffe comme "Intrigue" sorti vers le début des années 2000

Note donnée au disque :