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David Bowie › ★ - Blackstar

  • 2016 - Iso, 88875173862 (1 cd digipack)

cd | 7 titres | 42:00 min

  • 1 Blackstar [09:57]
  • 2 'Tis a pity she was a whore [04:52]
  • 3 Lazarus [06:26]
  • 4 Sue [04:40]
  • 5 Girl loves me [04:51]
  • 6 Dollar days [04:44]
  • 7 I can't give everything away [05:47]

enregistrement

Enregistré au Magic Shop et aux Human Worldwide Studios de New York.

line up

David Bowie (chant, guitares, harmonica), Ben Monder (guitares), Tim Lefebvre (basse), Mark Guiliana (batterie), Donny McCaslin (flûte, saxophone, bois), Jason Lindner (claviers, piano)

Musiciens additionnels : James Murphy (percussions, [4] et [5])

chronique

Il y a certaines chroniques qui sont vraiment dures à écrire, qu'on aimerait peut-être même ne pas écrire. Ou plutôt qu'on aurait aimé écrire différemment, mais le destin en a voulu autrement. Clairement, cette chronique du dernier album de David Bowie fait définitivement partie de celles-là. Il est inutile de vous dire à nouveau à quel point cet artiste m'a marqué, je n'arrête pas de vous le rabâcher. Et forcément, ce 10 janvier 2016 (2 jours après la sortie de ce "Blackstar") restera comme une sale journée, à marquer d'une sinistre étoile noire. David Bowie restera pour moi l'Artiste total. A une époque où les artistes sont cloisonnés dans des cases d'où ils ne peuvent pas sortir, Bowie était un véritable OVNI avec une discographie tellement diversifiée, touche à tout génial, ayant joué de tous les styles possibles (folk, rock, pop, soul, new wave, disco, jungle, indus, narration, jazz, hard rock, reggae et j'en oublie) simplement parce qu'il en avait envie et avec une certaine cohérence, toujours avec sa touche personnelle qu'il savait injecter. Il n'a toujours voulu que brouiller les pistes tout au long de sa carrière en ne restant jamais prisonnier d'une image, d'un projet, d'un style. Il a mené sa carrière comme il l'a désiré, avec ses (rares) échecs et ses (nombreuses) réussites. On savait bien évidemment qu'il n'était pas immortel, il avait bien eu quelques soucis de santé au milieu des années 2000 qui l'ont tenu éloigné des scènes mais il était revenu 10 ans plus tard avec un très bon "The next day". Et comme à son habitude depuis quelques années, c'est dans le plus grand secret qu'il a mis en boîte ce nouvel album. Il se savait condamné sans jamais rien annoncer de sa maladie, tout est resté secret. L'album est sorti et deux jours après il s'en est allé, un peu comme s'il avait délibérément mis en scène sa mort et que "Blackstar" était en quelque sorte la bande son. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un album posthume, on ne peut pas dissocier son écoute de son décès. Le public n'a pu véritablement l'écouter de son vivant que pendant le temps d'un week-end. En ce qui me concerne, n'ayant pas été libre ce week-end-là, j'avais prévu de prendre le disque le lundi... jour de l'annonce du décès de David. Bref, la découverte de ce disque n'a pu se faire qu'en même temps qu'on se faisait des soirées hommage à l'oeuvre de l'artiste. On ne peut donc pas enlever cet état d'esprit dans la découverte de cet album. C'est déjà en cela que ce dernier album studio est singulier, il ne ressemble en rien aux autres sorties. Je voudrais bien insister sur ce point pour que vous intégriez l'aspect hautement émotionnel que les fans, y compris moi, ont eu à l'écoute de ce disque. Et avant même l'écoute, la découverte de l'objet... Déjà, il s'agit de la première pochette d'album de Bowie où il n'est pas explicitement représenté sur la pochette. Oui, oui, c'est bien la toute première fois depuis son album éponyme de 1967. Ensuite, à part cette pochette blanche où seules les étoiles sont noires, tout le livret est complètement noir avec des surimpressions noires sur fond noir ! Le ton est véritablement donné ! Et donc musicalement, il donne quoi ce "Blackstar" ? Tout comme son livret, le disque est sombre, très noir. Sur le premier morceau éponyme, de pas loin de 10 minutes, on sent déjà la voix de Bowie peu puissante, fatiguée, sur une musique syncopée, très electro-jazz pas facile d'accès. Ces 4 premières minutes sont déroutantes et puis, et puis, on retrouve ce Bowie doux, au milieu d'une accalmie avec des mélodies se rapprochant de "Heathen" et "Reality" me rappelant "Loneliest guy". Assez vite, on comprend. Bowie maîtrise totalement son sujet. Le morceau prend une tout autre ampleur. C'est comme si Bowie mettait en scène sa mort, tout d'abord sur son lit de mort puis s'élevant vers les étoiles. Ce début d'album est fort, peu évident au premier abord, mais extrêmement puissant. Il s'agit pour moi du titre le plus emblématique de ce disque avec cette atmosphère feutrée, très moderne, froide et solennelle. Pour une entrée en matière, on a connu plus léger et direct... On est notamment à des années lumière de son précédent album "The next day". La suite est un peu plus conventionnelle (quoi que...) mais toujours avec cette ambiance jazzy et ce saxo omni-présent, comme sur le sublime "Lazarus", rappelant directement "Black tie white noise", mais l'album va bien plus loin. On retrouve des rythmes jungle, en version jazz, sur "Sue", faisant écho à ses autres disques des années 90, "Earthling" et "Outside". En fait, bien que difficile d'accès, Bowie réussit à faire une sorte de pont entre les années 2010 et ses 50 ans de carrière tellement on retrouve des éléments de ses précédentes œuvres. De-ci de-là, on arrive à trouver des traces du passé, un peu de folk des débuts sur "Dollar days", une touche de "Low" sur "I Can't Give Everything Away", une ligne de chant d'"Hunky dory"... Même diminué, la performance de Bowie est belle, son chant est posé, jamais forcé, et toujours juste. L'interprétation est superbe avec des musiciens au top niveau et une production optimale, ultra-léchée et profonde, rehaussant la noirceur du disque, aidée par une basse au son très rond et bien mis en avant. Au final, l'album est émotionnellement difficile et lourd, mais d'une qualité indéniable et incroyablement bien travaillé, avec le souci du détail. Il n'est absolument pas représentatif de la carrière de Bowie, mais en même temps, il contient indéniablement la pate de l'artiste, son style, sa sensibilité, son touché. Peu d'artistes peuvent se targuer d'avoir pu avoir une carrière aussi diversifiée, pouvant changer de style d'album en album sans avoir à supporter les foudres des critiques et des fans. "Blackstar" est une réussite totale, malgré la gravité du sujet et de sa signification. David Bowie aura eu une carrière impressionnante jusqu'à sa sortie, par la très grande porte. Chapeau bas et merci pour tout !

note       Publiée le samedi 30 avril 2016

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Twilight › mercredi 19 juillet 2017 - 14:33  message privé !
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Tout à fait, il y a des moments où ça me saisit à la gorge et j'en étouffe presque...Un monde sans Bowie ? Aaargh...

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SEN › mardi 18 juillet 2017 - 15:55  message privé !

Il me fout la larme à l’œil à chaque fois que je l'écoute celui là ! Il y a des morts dont on se remet jamais tout à fait !

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Klarinetthor › lundi 9 janvier 2017 - 22:23  message privé !

je crois surtout qu'il avait un gros complexe vis-a-vis des groupes de métal grugru et que c'est un tribute a Lazarus Blackstar mouhaha https://www.youtube.com/watch?v=SYc...

(N°6) › lundi 9 janvier 2017 - 19:04  message privé !
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On s'en souviendra. Ca s'appelle partir en beauté. Venant juste de visionner "Interstellar", je me demande si le père Bowie y a pas pensé un peu inconsciemment (ou consciemment), "Lazarus", "Blackstar".

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Klarinetthor › lundi 9 janvier 2017 - 16:52  message privé !

L'EP est bien globalement; meme si ce clip et ce morceau eponyme sont tristes,...ca fera un an demain.