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Zanov › Open Worlds

cd | 9 titres | 46:05 min

  • 1 Electric Dust Field [ 4:10]
  • 2 Next Trip [ 5:31]
  • 3 Magical Area [ 5:53]
  • 4 Strange World [ 6:49]
  • 5 Robot Valley [ 4:18]
  • 6 Signal from Diamond Desert [ 4:18]
  • 7 Vital Obscurity [ 4:27]
  • 8 Last Secret Time [ 4:37]
  • 9 Remote Impact [ 6:04]

enregistrement

Composé et enregistré entre Avril et Décembre 2015

line up

Pierre Salkazanov (Access Virus TI et Arturia Origin)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: http://www.zanov.net/discography/open_worlds/

chronique

Autant vous le dire d'emblée, “Open Worlds” est ce genre d'album qui demande plus qu'une écoute. C'est ce genre d'album qui ne se fait plus. Ou quasiment plus! Zanov fait parti de cette race de musicien qui ont décidé de bousculer les limites de la MÉ en créant leur propre son. En créant des notes uniques à l'intérieur des paramètres de leurs machines . Des notes que l'on entend pas ailleurs et qui font sursauter l'oreille. Un peu comme dans les années 60 et 70 où les magiciens de studios faisaient des miracles en donnant une nouvelle dimension à toutes les formes de musique. Le résultat donne des structures fantasmagoriques où le futuriste et le cosmique fusionnent avec des rythmes qui se forgent et se défont, étendant un lit tumultueux pour des ballades, certaines ressemblent étrangement à des comptines intemporelles (genre le P'tit Prince), que l'on entend et perçoit différemment à chaque nouvelle écoute. Autant Zanov repousse les limites, autant il éveille nos sens avec une complexité que l'on fini par dompter après 3 ou 4 écoutes. Chronique d'un étonnant album qui donne une toute nouvelle dimension à la MÉ, même en 2016! "Electric Dust Field" nous introduit à l'univers très stylisé de Pierre Zalkazanov avec des accords qui s'agglutinent tel des feuilles dans des vents. Un synthé sifflote une mélodie légère, tandis que des percussions cognant comme des barres de métal. Les influences de Jarre, au niveau des percussions, se font nettement sentir dans l'univers de Zanov. Une structure de rythme fini par prendre forme autour de ces accords et de ces cognements imbibés de résonnances. Une structure vacillante, quasiment incertaine, avec deux lignes parallèles qui tournoient dans des spirales contingentes alors que le synthé, toujours aussi stoïque, siffle sa mélodie brodée dans le tumulte des éléments de rythmes et d'arrangements légèrement en état de valse lunaire. Un truc qui m'a aussi frappé ici est ce parallèle que l'on peut faire ici avec Synergy pour les arrangements. On reste toujours dans des éléments électroniques très sophistiqués avec "Next Trip" et son introduction d'ambiances voilées qui est ornée de chants sibyllins délicatement flutés et de lignes stroboscopiques qui vont et viennent mordiller notre ouïe. Les séquences se dandinent comme si elles voulaient ressusciter Halloween, alors que la mélodie qui erre relève tout simplement d'une aubade de spectres à la recherche d'une âme pour jaser. Exploitant à merveille son canevas de 5 minutes, Zanov pousse le rythme à émerger tout doucement, comme un rodéo intergalactique, avec des séquences syncopées qui défilent entre nos oreilles comme une ligne de rythme finement hachée. Il y a beaucoup de sons dans l'univers de “Open Worlds” et ça demande beaucoup de concentration afin d'en décortiquer tous les charmes. Avec son approche de fête foraine cosmique, où nous avons carrément l'impression de valser avec les étoiles, "Magical Area" est le premier titre qui séduit tout de go dans ce dernier opus de Zanov. Le rythme ambiant tournoie comme une lente agonie sonique, qui est secouée par quelques spasmes, alors que la mélodie, surtout dans la 2ième phase de "Magical Area", va vous faire danser mollement sur place. Un très beau titre qui ouvre les portes à nos oreilles, frigides au départ, aux charmes allégoriques de “Open Worlds”. La masse de sons qui irradie de cet album nous cloue sur place et fausse ce premier rendez-vous avec ce dernier album de Zanov. L'exemple le plus frappant est "Strange World". Dénudé de tous ses artifices soniques, ce titre a tous les attributs pour accrocher à la première écoute. Mais ici le rythme furtif, qui est pourtant très simpliste donc accrocheur, est enrobé de bruits parasitaires qui sonnent comme des murmures. Les accords, qui sonnent soit comme un clavecin ou un synthé bourré de poudres industrielles, pétillent de partout, fragmentant ce rythme ambiant et ses mélodies qui tentent tant bien que mal de s'y accrocher. Ça me fait penser énormément à du Mythos. Idem pour "Robot Valley" que Zanov recouvre de lentes nappes flottantes. Le rythme y est plus lent, mais la richesse et la couleur des tons étonnent alors que les nappes en forme de solos évanescents nous amène aux frontières de la tranquillité. Comment décrire "Signal from Diamond Desert"? Disons que c'est une superbe ballade avec une mélodie accrochante qui est noyée dans un délicieux tintamarre électronique où on ne sait plus où donner de l'oreille. Les tons, les sons, le rythme et les harmonies éclatent de partout, fusionnant et défusionnant dans un canevas complexe où la richesse des éléments en place trouve sa noblesse après une couple d'écoutes. Phénomène qui est à la grandeur de “Open Worlds”. Sauf qu'ici la mélodie s'empare de nos neurones avant que l'on apprivoise son univers. "Vital Obscurity" est la perle la plus ambiante et plus expérimentale de “Open Worlds”. Son approche futuriste porte les armoiries de Zanov tout au long de ses 4 minutes et les arrangements sont splendides. J'ai comme cette impression d'entendre une version très éloignée dans le temps de Synergy. Ce constat, et la maquillage très cybernétique, n'empêche pas "Last Secret Time" de sonner très rétro avec son synthé à la Keith Emerson qui charme sur un genre de Boléro organique où on a l'impression que Zanov à volé tous les croassements de l'univers afin d'en faire un collage pour rythme reptilien. Pour moi, "Remote Impact" est le plus beau titre de “Open Worlds”. L'approche est très électronique avec un rythme qui ondule comme un gros boa allégorique. Il y a un paquet de petites mélodies dispersées en mille miettes que l'on recolle avec notre imagination et qui se colle sur un rythme dont la fragile ossature déploie une étonnante fermeté entre ses phases atones. Cosmique, futuriste et mélodique, "Remote Impact" résume à merveille cette fascinante complexité qui fini par charmer dans cet univers haut en sons et en couleurs des tons, des rythmes et des mélodies aux milles visages grégaires de “Open Worlds”. Un album qui se déguste comme si on prenait ce dernier repas...

note       Publiée le vendredi 18 mars 2016

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synluk › jeudi 21 avril 2016 - 15:37  message privé !

Bravo tu as eu la primeur d 'écouter ce nouvel album ! pour info la sortie est prévue mi Mai 2016 et aucun extrait disponible ...

Phaedream › vendredi 18 mars 2016 - 20:02  message privé !
avatar

Oups....! Un gros Merci Wo...

C'est corrigé et ça reste un très bel album :-)

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › vendredi 18 mars 2016 - 16:08  message privé !

Ca m'intrigue cette affaire, par contre Phaedream, légère coquille, tu as remis la chronique de Virtual Future !