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Alba Ecstasy › Night Sky

cd | 5 titres | 47:58 min

  • 1 A Blue Gradient [ 9:14]
  • 2 Perseids [ 4:02]
  • 3 Cosmic Waves [ 5:20]
  • 4 Weightless [ 23:25]
  • 5 Gravity [ 5:56]

line up

Mihail Adrian Simion (Synthés analogues et numériques, hardwares, séquenceur et effets électronique)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://albaecstasy.bandcamp.com/album/night-sky

chronique

Voilà un album très intéressant d'Alba Ecstasy. Un album qui démontre tous les paradoxes de la MÉ. “Night Sky” était en nomination pour le meilleur album de 2015 pour le prestigieux Schallwelle Electronic Music Award. Une telle sélection laisse entrevoir la possibilité d'un album de MÉ harmonieuse ou animée de rythmes contagieux. Et pourtant, il n'est est rien. Sans avoir l'absolu certitude, “Night Sky” me semble plus être un exercice qui vise à faire un genre de lien entre les équipements et la technologie d'aujourd'hui avec les fragrances d'hier. C'est un album difficile à apprivoiser qui plaira certainement aux fans de Klaus Schulze et de ces étranges atmosphères aux tonalités alambiquées des années 70. Et ça débute avec "A Blue Gradient". Une onde sombre s'élève dans des ambiances poussiéreuses, comme ces cornets qui annonçaient un danger imminent dans l'ère des mythes et légendes des pays de Tolkien. Un synthé s'en détache pour souffler des mélodies dont les teintes de jazz roulent en boucles entre les volutes de ces lentes oscillations agonisantes de l'ouverture. De nerveuses percussions secouent l'intro aux abords des 2 minutes, plongeant les 7 autres minutes de "A Blue Gradient" dans un genre de transe spasmodique circulaire où nous avons l'impression qu'un long squelette d'Anaconda est aspiré vers le fond. Ça donne un rythme ambiant giratoire où l'on se secoue les os sous ces drones menaçants qui étouffent la limpidité des séquences effilochées et dont les mouvements saccadés oscillent vivement dans une membrane minimaliste qui pourrait continuer sa mainmise hypnotique pour encore de longues minutes. "Perseids" propose un rythme purement électronique avec une furieuse danse d'oscillations qui ondulent frénétiquement leurs ondes ondulatoires sous les multiples crépitements de percussions tambourinées. On peut danser si on veut, quoique j'imagine ici une chorégraphie plus dans le genre très moderne et avant-gardiste, à se disloquer joints et rotules sur cette figure de rythme vive et spasmodique où des chœurs absents sont aussi discrets que les pétillements des Perséides. Les ondes sont plus planantes dans le très sombre et vampirique "Cosmic Waves" qui tente de ressusciter un rythme lourd et ambiant entre les bourdonnements giratoires industriels et ces lignes de synthés très vaporeuses qui sont parfumés de l'éther Klaus Schulze. Et vint "Weightless" et sa longue intro forgée dans une muraille de woosh et de drones réverbérant. Nous sommes dans les terres arides de Totem avec ces ondes qui expirent comme de vieux accordéons, avant d'être propulsé à l'arrière des feux d'une navette spatiale qui peine à faire son chemin dans une pluie de météorite. C'est une longue intro de 7 minutes avant qu'une ligne de synthé nasillarde étende des parfums d'éther qui enracinent encore plus la perception d'entendre des segments perdus de Totem ou de Blackdance. Une figure de rythme éclot entre ces drones ambiants un peu après la 9ième minute. Son approche chétive se moule à merveille avec la fureur des vents poussiéreux de "Weightless". C'est une approche délicatement stroboscopique, comme une immense ligne de mille mètres que l'on secoue et dont les lentes vagues s'évanouissent à la fin. Comme ici après la barre des 9 minutes où "Weightless" cimente son immobilisme dans une tempête de woosh et de wiish d'où s'extirpe une nuée de papillons. Leurs ailes volètent et scintillent dans la tourmente des vents pour danser avec de délicats de battements sur xylophone, structurant une harmonie rythmique ambiante auquel se joint les larmes d'un synthé solitaire qui semble perdu dans ce lourd brouillard d'éther qu'est cette immense masse de "Weightless". Pour fans de Schulze, era Balckdance et Picture Music! "Gravity" détonne avec son rythme vif qui ondule dans les nappes les plus translucides de “Night Sky”. C'est un bref bijou des rythmes et ambiances analogues des années vintage. Des ambiances qui ceinturent cette surprenante virée dans le temps d'Alba Ecstasy d'où sans doute cette étonnante nomination, méritée pour la recherche et l'audace, au Schallwelle Electronic Music Award de 2015.

note       Publiée le vendredi 18 mars 2016

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