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Beastie Boys › Polly Wog Stew EP

vinyl 45t | 8 titres | 10:42 min

  • 1 Beastie Boys [00:56]
  • 2 Transit Cop [01:18]
  • 3 Jimi [02:06]
  • 4 Holy Snappers [01:22]
  • 5 Riot Fight [00:30]
  • 6 Ode to... [01:33]
  • 7 Michelle's Farm [01:38]
  • 8 Egg Raid on Mojo [01:20]

enregistrement

Enregistré par Scott Jarvis au 171-A Studio, New-York.

line up

Mike Diamond (Michael) (voix, cowbell), Adam Yauch (basse, guitare, choeurs), Kate (batterie, chœurs, washboard), John (guitare)

Musiciens additionnels : Id (chœurs), Dave P. (chœurs), Dave (chœurs), Nick (chœurs).

chronique

Styles
hardcore
old school
Styles personnels
i like batman i like crass

Il y a la tradition, l’art officiel et l’avant-garde si je me souviens bien ? Et dans ces domaines poreux comme des éponges abandonnées au fond du lavabo il y a des maitres, des disciples, et parmi ces disciples il y aura les mystiques scatophiles d’un côté, ceux qui vont n’en faire qu’à leur tête et vous balancer leurs déjections à la figure, et les bénédictins de l’autre, ceux qui vont construire des mosquées cosmiques à la gloire du Vieux qui a tout compris. Le Vieux de l’avant-garde dans le hardcore punk c’est HR des Bad Brains. Le gars impressionne, le gars parle bien, il souhaite communiquer sa vision de la vie, sa musique est intense, pas vraiment encore entendue de cette manière, voilà : Le Gars quoi. Et d’un côté émergeront par ricochets successifs des radicaux vraiment pas libres qui vont se transformer en traditionalistes pur jus et des Milarepa funky branleurs comme les Beastie Boys, « B.B. » comme les initiales du groupe de Grand Gourou, « Boys Entering Anarchistic States Towards Internal Excellence » disent les sources (ils l’ont cherché loin celle-là quand même…). Les gars et la fille ont à la louche 15-20 ans quand on regarde les photos de l’époque, et à l’écoute ils jouent effectivement comme des débilos de 3e B, sauf que, bien sûr, ils seront parmi les premiers à le faire de cette manière à New York. Les morceaux sont des copiés collés du hardcore punk style Black Flag et compagnie mais avec un esprit neuneu, un humour vacillant entre l’absurde et la tête à Toto. « J’aime pas l’école, j’aime pas les ploucs, je suis un gros débile, baston dans les rues, j’attends le retour de bâton avec un sourire narquois. BATAILLE D’ŒUFS ! héhé, hin hinnnnnnnnnn ». Cet esprit mi Bureau des Étudiants / mi bouffons géniaux se retrouvera tout au long de leur discographie, qui n’oubliera jamais d’où elle vient : New-York, le punk, le DIY, on fait ce qu’on veut comme on veut et surtout pas tout seul, on sait bien s’entourer puis on se fâche, on fait du hip hop, du downtempo, de la musique dub bouddha, du jazz cool, du thrash rap avec Kerry King. On s’en branle, mais ici c’est version hardcore punk, une envie de péter les guitares en jouant vite et simplement des morceaux très courts et percutants, une simplicité qui reviendra aussi régulièrement dans leur discographie (« Tough Guy » sur Ill Communications ou l’EP « Aglio e Oglio » parmi d'autres...). Ce court EP est donc hardcore, hardcore et hardcore, pas de hip hop ou autre chose que du hardcore, de la crasse de trottoir, ça joue, enfin ça essaie de jouer vite, Michael le futur « Mike D » chantant comme un bout de gras qui grésille sur la poêle. Les paroles sont connes comme des ballonnes, ces morceaux sont produits avec le son soyeux du premier Bad Brains, et je trouve tout cela beau et entrainant. Malgré l'amateurisme, et cet esprit gros branleur singulièrement mis en avant on comprend, après avoir écouté la suite de leur discographie que les gamins en avaient sous le coude niveau moyens et besoins d’expression. Donc, pour ceux qui ne jurent que par leur hip hop produit avec l’aide de Rick Rubin, les Dust Brothers, DJ Hurricane ou Mix Master Mike, leurs clips cinématographiques, leur succès intergalactique de premier groupe de rap blanc de l’histoire (si je n’m’abuse), je ne pourrais, quand même, que conseiller d’écouter ce premier jet toujours aussi frais, tout aussi marrant qu’une blague de collégien, on lui fout un taquet derrière la casquette, on se prend un coup de skate board dans la tronche - car c’est déjà du Beastie Boys, à deux riffs trois coups de boom-tchac. Et s’il fallait commencer par un bout de leur discographie close depuis le décès d’Adam Yauch, cet EP en serait la toute naturelle borne de départ, EP repris dans leur compilation « Some Old Bullshit » de 1994, regroupant également leur hit single ignoble « Cooky Puss » alias leurs premiers pas vers le sampling et la musique copié collée recollée recocollée, oh hé, je suis bourré, exit la fille et le batteur, bonjour le troisième larron Horovitz qui va coller aux basques du groupe jusqu’à la fin. Cet EP est donc ricanant, enflammé comme un pet spectaculaire lors d'un soir de Saint Sylvestre, couillon et bondissant comme un punk de 15 ans et restera je pense une curiosité rafraichissante pour les fans du groupe, et un vinyle de plus pour le collectionneur de vieilleries qui navigue dans les eaux troubles des premiers groupes de hardcore, de leur production éparse pas forcément rééditée, certains originaux comme celui-ci atteignant ironiquement à l’instar des disques d’anarcho punk des sommets délirants quant à leur prix de revente…

note       Publiée le mercredi 24 février 2016

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dimegoat › jeudi 25 février 2016 - 10:09  message privé !

Dans le genre copieur branleur, le groupe d'A. Horowitz d'avant les Beastie, The Young and Useless, fait encore bien pire.