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Orient Expressions › Records of Broken Hearts

cd • 16 titres • 69:45 min

  • 1Intro0:56
  • 2Su Gibi3:50
  • 3Poyraz4:14
  • 4Faniler4:14
  • 5Tutsak6:27
  • 6Angels5:03
  • 7Ne Olur Geri Dönme5:23
  • 8Başa Sar Beni5:26
  • 9Şehristan6:05
  • 10Derde Düştüm3:52 [Reprise de Neşet Ertaş]
  • 11Başka Bir Aşk5:03
  • 12Boş Pavyon5:40
  • 13Aşık Olma3:27
  • 14Outro1:07
  • 15Rewind Me5:26
  • 16Su Gibi (Instrumental)3:32

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Orient Expressions, enregistré à RH Studios et MU Studios, Istanbul.

line up

Cem Yıldız (production, bağlama, oud, cümbüş, chant), Can Utkan (production), Richard Hamer (production, clarinette basse, saxophone tenor, flute, duduk), Murat Uncuoğlu (production)

Musiciens additionnels : Berin Koç (chant), Jhelisa (chant), Levent Güzel (percussions), Donovan Mixon (guitares), Arslan Hazreti (violon azeri), Sedef Arçetin (violoncelle), Elvan Aracı (trombone), Adnan Karaduman (violon), Emre Dünbar (claviers)

remarques

La version turque "Kırık Kalpler Albümü" est exactement la même, pochette plus jolie à part.

chronique

Styles
trip hop
world music
electro
Styles personnels
trip-folk stambouliote

La nostalgie est un sentiment qui transpire des rues d’Istanbul. Un âge d’or après lequel on soupire encore. L’hüzün, la mystérieuse mélancolie stambouliote évoquée par Ohran Pamuk. Orient Expressions lui donne des ailes sur son deuxième album, intitulé très justement « Records of Broken Hearts », mélangeant toujours leur électro trip-hopesque a une sensibilité cette fois beaucoup moins nu-jazz qu’inspiré plus clairement du folk et de la musique traditionnelle, Cem Yıldız mis plus en avant non seulement comme multi-instrumentiste mais aussi comme vocaliste sentimental élégant dès le deuxième titre, « Su Gibi » où les beats downtempo se mêlent organiquement à cette façon de douce balade triste. Le ton est donné pour un voyage très cinématographique alternant morceaux chantés et instrumentaux électro-world raffinés comme le très évocateur et planant « Poyraz » où survole au-dessus des textures synthétiques la clarinette basse de Richard Hamer, juste cocktail de trip-folk classieux, dosé au millimètre pour ne pas tomber dans la tentation lounge. Rebelote avec le beat sur mesure de « Faniler » au chant folk sobre de Yıldız, le traditionaliste de la bande, celui qui assure la jonction avec les grands maîtres comme Neşet Ertaş dont ils reprennent le « Derde Düstüm » en version drum&folk qui fonctionne tout aussi bien que les classiques tambouilles psychées des années-soixante dix. De la fusion comme on la fait au vingt-et-unième siècle, peut-être un peu plus sage, influence post trip-hop oblige, alors que des détours goûtus par les Balkans «  Tutsak » ou même une touche jazzafricaine « Başka Bir Aşk » assurent le tampon « world music », marque de fabrique et assurance qualité du label Doublemoon. Plus que jamais, l’impression d’être pris au coeur d’un film de Fatih Akın, d’être un de ces personnages buvant un peu trop, un peu paumé dans cette mégalopole aux immenses bras de mer tentaculaires, fréquentant aussi bien gitans que filles bien nées dans de chics bars de Galata. C’est bien là l’ambition de la formation, renouer avec les ambiances sentimentales et pathétiques du cinéma des années soixante et soixante-dix, aucune dignité mal placée pour pleurer un coup devant son verre de rakı. On est des vrais hommes ou bien quoi ? Allez, je t’emmène là où la belle Berin Koç enchante son spleen sur des airs de trip-hop aériens, « Başa Sar Beni », avec une guitare qui d’un coup fait comme une impression d'ouvrir le grand-espace à la Ry Cooder chaque fois que « Boş Pavyon » reprend un couplet de complainte. Faut passer outre un truc vaguement r’n’b, faux-pas typiquement occidentalisant, et profiter du sax soyeux de « Ne Olur Geri Dönme », électro-orientale rêveuse, se perdre le long de la dérive nu-jazz au chant lacrimal de « Şehristan » parfaite pour les fins de verre de fins de soirées. Et des fins de soirées à Istanbul, il y en aura d’autres, Inch’Allah. De quoi encore se plonger dans de capiteux mélanges, dans de moelleux canapés à laisser la musique d’Orient Expressions nous porter jusqu’à la nuit, jusqu’à des brumes plus joyeuses. Comme de l’exotica un peu triste, songer à ce qu’on regrette de ce qu’on a pas connu, reprendre une gorgée en écoutant les paroles, en anglais cette fois, de la divine Berin. Comme un souffle chaud qui serre le coeur.

note       Publiée le jeudi 19 mai 2016

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