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Cem Karaca › Cem Karaca'nın Apaşlar, Kardaşlar, Moğollar, Ferdy Klein'a Teşekkürleriyle

cd | 12 titres | 45:46 min

  • 1 Cem Karaca & Moğollar - Deniz Üstü Köpürür [4:10]
  • 2 Cem Karaca & Apaşlar - Bir Of Çeksem [3:33]
  • 3 Cem Karaca & Kardaşlar - Askoros Deresi [3:09]
  • 4 Cem Karaca & Ferdy Klein Orkestrası - Unut Beni [4:12]
  • 5 Cem Karaca & Kardaşlar - Hasan Kalesi [reprise de Dadaloğlu] [3:17]
  • 6 Cem Karaca & Moğollar - Gel Gel [4:21]
  • 7 Cem Karaca & Ferdy Klein Orkestrası - Beyaz Atlı [2:52]
  • 8 Cem Karaca & Moğollar - Edalı Gelin [4:17]
  • 9 Cem Karaca & Ferdy Klein Orkestrası - Ay Karanlık [poème de Ahmed Arif] [3:07]
  • 10 Cem Karaca & Moğollar - El Çek Tabip [poème de Erzurumlu Emrah] [5:34]
  • 11 Cem Karaca & Moğollar - İhtiyar Oldum [reprise de Aşık Mahzuni Şerif] [4:22]
  • 12 Cem Karaca & Moğollar - Obur Dünya [reprise de Muhlis Akarsu] [2:52]

extraits vidéo

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line up

Cem Karaca (chant, compositions)Cahit Berkay (guitare 1, 6, 8, 10-12), Ünol Büyükgönenç (guitare 3, 5), Ayzer Danga (batterie 1, 6, 8, 10-12), Seyhan Karabay (basse 2, 3, 5, 9), Hüseyin Sultanoğlu (batterie 3, 5), Fehiman Uğurdemir (guitare 3, 5), Taner Öngür (basse 1, 6, 8, 10-12), Mehmet Soyarslan (guitare 2, 9), Leon Habib (batterie 2, 9), Ferdy Klein Orkestrası (cordes, cuivres 4, 7, 9), Osman Bayşu (saz 8, 11), Binali Selman (6)

Musiciens additionnels : Kardaşlar, Moğollar, Apaşlar

chronique

Styles
folk
rock
psychédélique
world music
Styles personnels
anatolian pop d'homme

Avoir la voix de son allure. Pour certains, c’est inné. Non mais quelle pochette. Faut en avoir pour oser vous foutre la talonnette dans la gueule comme ça, chemise ouverte sur les poils, lunettes de soleil teintées, la moustache fière et la virilité en plein centre du cadre. Cem Karaca vous remercie bien, il a la voix qu’il faut pour assumer la pause. Tu vas bien la sentir. Grave, puissante, qui souffle comme un vent de foehn. Mais attention, Cem (prononcez Djem, et donc Karadja) n’est pas là pour crooner et faire suinter l’intimité des jeunes turques, même si nul doute que cet effet secondaire était inévitable. Cem Karaca est un casse-couille gauchiste, pointé du doigt par les régimes successifs comme une dangereuse unité révolutionnaire à lui tout seul. Ca finira en exil, tout ça. Mais avant de rejoindre l'Allemagne en 1979, Cem Karaca s’impose comme une des voix les plus fortes de l’Anatolian Pop en multipliant les groupes, tous aussi importants les uns que les autres. Remarqué dès les années soixante au concours Altın Microfon avec son groupe de rock beat Apaşlar (les Apaches), il fonde dans les années suivantes Kardaşlar (les Frêres, dans une langue un peu désuète) puis rejoint Moğollar en 1972. Essayez de le suivre. De ces années sortiront une série de singles réunis dans deux premiers « albums », celui-ci étant la première sortie officielle autorisée par Karaca. D’où le nom à rallonge « Avec les remerciements de Cem Karaca pour etc…. ». Organisée selon un ordre non chronologique mais plutôt bien foutue en terme de succession de morceaux, composée de singles pour la grande majoritée arrangés à partir de traditionnels, parfois de reprises de grand maîtres du folk ou de poèmes mis en musique par Karaca lui-même. Le style lyrique du très charismatique chanteur saute aux oreille dès sa version de « Deniz Üstü Köpürür », portée par l’instru folk-rock de Moğollar toute en accélération constante, la basse de Taner Öngur en avant alors que la guitare se fait pointilliste. L’ambiance change du tout au tout sur « Bir of Çeksem » qui semble sortie d’un western spaghetti, avec les cordes et les cuivres cinématographiques du Ferdy Klein Orkestrası, formation recrutée en Allemagne de l’Ouest pour assurer les renforts des concerts d’Apaşlar. Et sur la troisième piste, une version en suspens et polyphonique de « Askoros Deresi » par Kardaşlar, ici très plongé dans le folk turc, puis qu’on retrouve ensuite sur la cavalcade percussive de « Hasan Kalesi » du sein de laquelle émerge un solo électrifiant de Fehiman Uğurdemir, un des guitaristes les plus importants de la scène avec Erkin Koray et Cahit Berkay. Avec Moğollar justement, les atmosphères passent du folk oriental virevoltant comme la composition originale « Gel Gel » à un rock psyché lancinant et répétitif sur laquelle la voix de Karaca traverse les émotions les plus contrastées, toujours avec force expressivité, « Edalı Gelin ». Deux reprises éclatantes et électriques de grands noms du folk turc : le déchirant « İhtiyar Oldum » (« Je vieillis ») de Aşık Mahzuni Şerif (peut-être l’artiste folk le plus repris par la scène pop anatolienne, notamment par Selda, Ersen et Edip Akbayram), avec ses soli de saz impériaux, et le « Obur Dünya » de Muhlis Akarsu, transformé en manifeste heavy-pysch où la guitare de Cahit Berkay se charge de saturation en contrepoint des intruments traditionnels, alors que la voix de Karaca se prend d’une autorité et d’une puissance qui fout littéralement des frissons dans l’échine. Tu m’étonnes qu’il était considéré comme dangereux pour le pouvoir, à mettre en musique des poèmes comme ceux de Ahmed Arif, emprisonné et torturé dans les années cinquante. Celui repris à son compte ici, « Ay Karanlık » (« Lune Noire ») est sublime, histoire d’un amant malheureux qui rencontre une mort sournoise et nocturne. C’est avec Apaşlar de fait supporté par le Ferdy Klein Orkestrası que Karaca le fait sien, avec guitare tonitruante en intro et lyrisme aux pleins vents. Pour donner de la comparaison très hasardeuse, si Jean Ferrat avait chanté Aragon avec beaucoup plus de cordes et de cuivres à la Motown et beaucoup plus de fuzz déguelasse (le solo central d'anthologie a du faire péter tous les instruments de mesure), peut-être que ça serait aussi extraordinaire que ça. La quintescence de Cem Karaca était déjà là, dans toute son intensité. Un homme, un vrai.

note       Publiée le jeudi 10 mars 2016

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saïmone › jeudi 10 mars 2016 - 16:51  message privé !
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la turquie te va bien négro