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Hardal › Nasıl? Ne Zaman?

cd • 9 titres • 36:39 min

  • 1Bir Yağmur Masalı6:14
  • 2Unuttum3:36
  • 3Sen Gittin Diye3:04
  • 4Nasıl? Ne Zaman?5:58
  • 5Zor3:33
  • 6Ne Kadar Zaman Geçti3:30
  • 7Lânet Olsun4:09
  • 8Başka2:46
  • 9Gece Vakti3:48

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Özkan Turgay

line up

Sedat Avdikoğlu (batterie), Aydin Buyar Şencan (basse, choeurs), Cahit Kukul (guitares électriques et acoustiques, chant), Şükrü Yüksel (chant, guitare, synthétiseur), Özkan Turgay (Hammond, Fender Rhodes, piano électrique, synthétiseur)

Musiciens additionnels : Cengiz Teoman (Cengiz (batterie 5, 7)), Mustafa Özsan (Fender Rhodes 6)

remarques

chronique

Styles
rock
progressif
Styles personnels
soft-prog mélancolique

A force de parler de décennies, on finit par y croire. Comme si tout c’était inversé en 1980. Pourtant le fait est là, si ce n’était pas vraiment la fête jusque ici, c’est bel et bien fini avec le coup d’Etat du 12 Septembre. Coup de force militaire, mesures sécuritaires et lois d’exception. L’anatolian pop depuis toujours infusée par la contestation gauchiste ? Cem Karaca exilé en Allemagne depuis quelques temps déjà, Selda bientôt poursuivie. Tirez le rideau. Stylistiquement parlant, elle avait déjà glissé vers d’autres formes, le progressif était devenu la nouvelle esthétique en vogue. Et puis de plus en plus de synthétique. Les transpositions folk en rock psyché, c’était terminé. Plus question de ramener sur l’avant de la scène des contenus trop polémiques. La fourmilière s’est vidée, la source s’est tarie. Du coup, Hardal arrive trop tard pour percer, juste quand la pince se resserre. Pas débarqués de nul part, plusieurs de ses membres avaient accompagné Erkin Koray de la fin des années soixante au début des années soixante-dix (au sein du Erkin Koray Dörtlüsü, Yeratlı Dörtlüsü et du Süpergrup), avant, pour le batteur Sedat Avci, celui de « Elektronik Türküler », d’accompagner l’actrice chanteuse Seyyal Taner au sein de 25. Saat, groupe de reprise de pop/rock occidental (aussi bien Jacques Brel que Creedance Clearwater Revival). Gros pédigré revenu sous forme de quator pour enchanter de leurs mélodies progressives des années particulièrement sombres. A peine reste-t-il dans le fabuleux premier morceau les dernières trace d’acide dans les riffs de guitares de Şükrü Yüksel, plus de racine folk ni de riff oriental mais un classieux mélange de soft-rock progressif et de jazz-rock aux multiples circonvolutions, dans un cadre de morceaux pop sentimentals et nostalgiques. Avec une arme secrète en la personne de leur producteur et membre officieux du groupe, Özkan Turgay et ses claviers enchantés, donnant la touche magique au son du groupe dont le nom, « Moutarde », évoque peu la douceur et la subtilité des arrangements, d’un baroque un peu spatial, avec des références à la pop sixties, au r’n’b et à tout ce qui leur passe par la tête. De l’ouvrage finement ciselé, avec des détours mélodiques typiquement prog, des envolées de claviers aigrelets et un Hammond parfois presque funky. Deux guitar-heros multipliant ici les riffs tordus, là les soli angulaires ou développant un jeu parfaitement clair et mélodique. Le morceau éponyme dont le titre signifie « Comment ? Quand ? » est une sorte de petit chef-d’oeuvre de soft-prog à la fois pop et complexe, avec des claviers jazz-rock, des voix en contrepoint et un refrain d’une élégance totale chanté d’une voix suave avec ce grain un peu rauque en fond de gorge, et un pont instrumental protéiforme, aussi sombre qu’aérien, au soli mélancoliques grinçant jusque ce qu’il faut, bref, une perle noire de six minutes dans lequel le meilleur du groupe est synthétisé. Même sans vraiment comprendre les paroles (les titres suffisent, tel « Ne Kadar Zaman Geçti » c’est à dire « Combien de temps a passé ? »), l’atmosphère des ballades de Hardal pose un spleen qui convient bien à un sentiment de fin du monde, de fin d’histoire, même quand le son de la guitare se durci comme sur « Lânet Olsun » où Şükrü Yüksel enchaine un thème sévèrement brise-coeur avant de faire rugir des riffs crasseux et enragés. Ailleurs, un feeling r’n’b et des harmonies vocales évoquant plus les origines folk-rock de la formation, capable de jouer n’importe quoi avec la même classe, preuve en est le déraillement final de « Başka ». Et puis zut, ces gars semblent savoir qu’ils tirent le rideau sur quelque chose, le morceau final, « Gece Vakti » (« Le temps de la nuit », si je ne m’abuse), est encore une ballade incroyablement composée et arrangée, sur un lit de claviers en double-couche, jazz comme un crépuscule d'encre sur la ville, alors que la guitare de Yüksel se la joue presque country et que les voix s’harmonisent sur le tout, un truc beau à pleurer. D’ailleurs il y a de quoi pleurer pour la Turquie, plongée à nouveau dans un régime dictatorial. "Comment ? Quand ? » se demandent les quatre fabuleux mousquetaires de Hardal. Bonne question.

note       Publiée le jeudi 14 juillet 2016

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