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ZeN › Derya

cd • 12 titres • 45:05 min

  • 1Eveleme Develeme3:31
  • 2Bugün Senden Mektup Aldım2:06
  • 3Bu Da Geçer3:41
  • 4DuB1:19
  • 5Çalmakla Çalışmanın Ne Farkı Var?3:18
  • 6Jever1:33
  • 7Uzun Yolun Hikâyesi Bol Olur3:57
  • 8İspanyol Kerranesi2:41
  • 9Köyün Kızı Derya2:26
  • 10Badi Badi7:41
  • 11Hidayet Abi7:53
  • 12Gaz4:59

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par ZeN. Enregistré à Plaj Studios, Istanbul.

line up

Levent Akman (congas, percussions), Murat Ertel (chant, saz, bondir, guitares), Merih Öztaylan (voix, guitares, percussions acoustiques et électroniques), Okan Özpoyraz (batterie, percussions), Remzi (darbuka), Arat Kaytaz (basse), Musti (basse, 4, 11, voix 11), Nazım Dikbaş (voix 4), Burak Aktay (guitare 2, 9)

remarques

chronique

Styles
rock
psychédélique
folk
krautrock
world music
dub
Styles personnels
anatolian psycho-krautfolkdubnawak

Ah les cons, ils ont augmenté les doses. Et ça fait de l’effet. Là où « Suda Balık » flottait entre deux eaux, « Derya » prend le large pour de lointaines contrées dont on ne revient qu’à la descente. Entièrement improvisés par la formation que vient de rejoindre Levent Akman aux percussions, les morceaux sont toujours aussi déroutants et déroutés, les chants toujours plus psalmodiés, les sons filtrés à travers des couches d’effets brumeux produits en direct. Le folk turc électrifié, mélangé à des herbacés, roulé, allumé et crapoté en soubressauts, les iris dilatés, sourire idiot au coin de lèvres frémissantes. Nappes aériennes se mélangent à des guitares surf qui évoquent un instant le thème de James Bond, avant le son d’une soucoupe-grenouille-volante, des échos de country et puis des échos d’échos. La fascination pour le dub du duo Ertel/Akman se fait entendre, résonnant de partout, pour la première fois de façon claire. Enfin pas claire, toute tordue, mais inéluctable, on est cerné par un cercle de musiciens pas si ZeN que ça, tous le cône au bec. Les guitares électriques dérapent, se distordent, les percussions traditionnelles se transmutent en automates, la basse clapote en sourdine amplifiée. Les extra-terrestres ont débarqué, leur engin est un vapur spatio-temporel, ils arrivent de Beşiktaş comme de Mars. ZeN a pris contact. Pas avec les aliens. Avec les terriens. Ils sont descendus pour nous faire monter à l’étage supérieur de l’inconscience. ZeN, c’est un peu le Turkish Magic Band quand ça part en free garage-rock tout déglingué le temps d’un « Jever », aussi bref qu’intensément mal foutu. ZeN ne délaye plus systématiquement, la substance est plus concentrée donc plus lourde en teneur psychotrope, entendez-moi la guitare acidifiée de Murat Ertel sur « Uzun Yolun Hikâyesi Bol Olur », mieux chimiquement structuré dans la défonce. Sont partis loin les gars, jusqu’à une Andalousie aux vents secs et aux percussions martiales, « İspanyol Kerranesi ». Avec « Köyün Kızı Derya », c’est du folk à contre-sens, se trompant de notes, des chants bien mâle qui râlent, une gorgée supplémentaire de Bomonti pour faire passer la pilule mauve. Plus le temps passe, plus les morceaux s’allongent, les rythmiques tapotent la caboche sans sembler s’arrêter, des cris d’animaux grotesques éructés par des instruments-jouets crispant, ça tournerait presque en reggae, et puis non, et puis si, et puis non, et puis ça slap de la basse et ça baffe du funk invertébré issue d’une ligne de krautrock qui semblait partie pour s’étirer à l’infini. Un verre d’eau, j’ai la gorge pâteuse et puis mon cul bouge tout seul, mes bras s’agitent de façon incontrôlable. Envoutement ! Envoutement ! Afro-beat maintenant ? C’est toujours « Badi Badi » ? Ce n’est pas raisonnable, ce n’est pas sage. D’ailleurs dans le livret, il y a la représentation des Trois Singes. Ceux qui, selon la sagesse orientale, « n’entend pas, ne voit pas, ne parle pas ». Mais là, bien sûr, elle est à l’envers. Le premier tiens un cornet, pour mieux écouter. Le deuxième un téléscope, pour voir plus loin. Le troisième, un mégaphone, pour parler plus fort. Comme les gars de ZeN, qui font tout plus que tout le monde, tout à l’envers, tout pas comme il faut. Et encore une petite bouffée de « Gaz » hallucinogène garage-krautrock pour se finir la cervelle en bouillie cartoonesque. Pas zen du tout ZeN.

note       Publiée le samedi 14 mai 2016

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(N°6) › jeudi 2 juin 2016 - 18:08  message privé !
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Oui, ils vont pas s'arranger (enfin si, mais en pire). D'ailleurs comme son nom l'indique, ce dernier a été enregistré dans un hopital psychiatrique. C'est dans le ton.

Note donnée au disque :       
saïmone › jeudi 2 juin 2016 - 17:46  message privé !
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j'ai écouté ça à cause de toi ; Bakirkoy Akil Hastanesi a l'air encore pire (mieux)

Klarinetthor › dimanche 22 mai 2016 - 02:41  message privé !

excellent

Note donnée au disque :