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İstanbul Blues Kumpanyası › Sair Zamanlar

cd • 12 titres • 69:16 min

  • 1Biskotin3:49
  • 2Derbeder3:38
  • 3Kırık Hayatlar6:18
  • 4Kurbağalı Bodrum6:42
  • 5Çiğdem Pilavı4:48
  • 6Hüseyni Twist9:01
  • 7Sair Zamanlar9:07
  • 8İzmir'e Dönüş7:01
  • 9On The Road Again6:05 [reprise de Memphis Jug Band]
  • 10Dürüs Duman5:26
  • 11Fourty Four3:46 [reprise de Little Brother Montgomery]
  • 12Whiskey Headed Woman No.33:35 [reprise de Canned Heat]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à İmaj Stüdyolan, İstanbul (1-8 Octobre 1998).

line up

Orçun Baştürk (batterie, çan, piano, congas, timbales), Sarp Keskiner (chant, guitares, slide guitar, tef, effets, kaval, harmonica), Salih Nazım Peker (saz acoustique et électrique, banjo, bouzouki), Vefa Karatay (basse), Tuğrul Aray (harmonica, saxophone tenor, tuyaux, flute), Ertan Tekin (zuma, mey, cura mey)

Musiciens additionnels : Ulaş Özdemir (chant 5)

remarques

chronique

Styles
folk
rock
blues
post rock
psychédélique
world music
Styles personnels
istanbul's post-blues-folk-kraut-rock

Les bluesmen d’Istanbul sont sortis des rails, juste avant de plier l’affaire. Du blues pour la base. Mais par dessus, une grosse dose de folk-rock bien Turc, suffit de voir les instruments utilisés cette fois : saz acoustiques et électriques, bouzouki, percus traditionelles, mey (une sorte de flute à ne pas confondre avec la ney), et puis chant dans la langue autochtone. Une hybridation évidente dès le premier morceau, très blues, très Turc. Une influence balkanique aussi sur « Derbeder », histoire de dévier les lignes vers les amis Roms. Mais subrepticement, ça glisse, d’abord l’air de rien, puis de plus en plus fort, vers une musique mutante, tirant un peu sur le psychédélisme, les guitares sans plus de rapport avec le blues uniquement saupoudré par le banjo ou l’harmonica, vers des instrumentaux de plus en plus étirés, propices aux développements de thèmes triturés, cordes qui se répondent et s’entrecroisent comme sur un vieux Television, ou sur un album de post-rock des années quatre-vingt dix. Et quand on dit post-rock, on parle pas de crescendos émo prévisiblement emmerdants, on parle de celui-là même qui trifouillait le folk acoustique primitif, revisitait le krautrock et exhumait le jazz fusion. Ouais, ils ont savamment déraillé nos bluesmens, au point qu’au milieu de l’album, deux morceaux dépassent les neuf minutes de transe étrange, d’abord secouées comme un twist oriental qui virerait de bord vers un free-rock bien tricoté puis applati sur un mid-tempo kraut-funky atmosphérique où les flûtes évoquent un progressif aux senteurs seventies, suaves comme une traversée du marché de Kadıköy, avec juste une pincée de riff bluesy insistant, comme un parfum dans la sauce. D’où vient cette folie soudaine, ce goût pour l’expérimentation, ce piano martelé sans idée de mélodie qui survient en milieu de course, ces textures de guitares qui s’envolent comme des vapeurs ? Serait-ce l’irruption dans le line-up de Orçun Baştürk, batteur du groupe phare de l’underground stambouliote Replikas, fer de lance du renouveau d’un psychédélisme expérimental dans les années deux-mille ? Même si leur premier album n’est alors pas encore sorti, ces longues dérives que sont « Hüseyni Twist », le morceau éponyme et « İzmir'e Dönüş » font fortement penser à leur touche infiniment reconnaissable, à la différence près qu’on y retrouve toujours, même caché dans les interstices, le blues cher à Sarp Keskiner et Salih Nazım Peker, qu’ils continuent de chanter dans leur langue. Mais c’est pour mieux vite se taire et laisser place à ce post-rock-kraut-folk-turc déplié en entêtantes et lancinantes ritournelles acheminées à bon port, celui de la psychée ouverte sur les portes du Bosphore, par la batterie multitâche de Baştürk. Comme une longue spirale qui vrille le blues du début pour l’amener sur des rivages inconnus, l’album s’enfonce dans l’expérimentation collective puis doucement, par la bande, ramène l’auditeur effaré sur des rivages plus familiers avec une reprise instrumentale de l’immortel « On the Road Again », une route qui tire tout droit entre l’Anatolie et l’Arizona. « Dürüs Duman » en remet une petite couche jazz-funky smooth comme un début de soirée à l’Arkaoda, avant de reprendre le chemin qui les a mené là, celui du bon vieux blues bien bluesy, des origines les plus rugueuses au blues-rock électriques de Canned Heat, qui comme par magie se transforme sur la fin en ce qui semblerait être un morceau de…. Replikas. La boucle est bouclée, elle a pris des détours insoupçonnables et par la-même posé quelques jalons, quelques fils d’Ariane pour les années à venir. Du blues, avec une grosse louchée de tout ce qui a suivi de plus transversal. Ici s’achève la Compagnie.

note       Publiée le samedi 18 juin 2016

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