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René Van Der Wouden › BauRauM

cd • 3 titres • 44:43 min

  • 1Unten Freien Himmel 18:34
  • 2Er Ist Immer So Kosmisch 20:14
  • 3SpaceRunner 5:55

line up

René van der Wouden (Moog Voyager, Moog Subphatty, DSI Mopho Keys, DSI Evolver Keys, Arturia MiniBrute, Arturia MicroBrute, Novation Bass Station II, Korg MS20, M-Tron et Korg Oasys)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://rewo.bandcamp.com/album/bauraum-berlin-school-em

chronique

Vous en avez assez de ces artistes qui remuent les cendres du passé? De ceux qui jettent dans les sphères soniques des œuvres aux immuables parfums des années vintage? Pour vous, ce passé est tari depuis que les années 70 ont cédé le pas aux années 80? “BauRauM” pourrait fort bien vous faire changer d'idée! Et pour ceux qui mangent de ces tons, René van der Wouden vous propose ici un opus qui a toutes les raisons de justifier votre gourmandise. Écrit et enregistré sur la base de l'improvisation et imaginé par les inspirations des années 70, “BauRauM” atterrit entre nos oreilles avec toute la chaleur des années analogues. L'idée de base du synthésiste Hollandais était de recréer les essences de la MÉ vintage en s'installant dans son studio et en modulant les tonalités d'antan en ignorant les bases du MIDI et les échantillonnages, créant la parfaite illusion des années où le rock cosmique était en pleine ébullition.
Comme un architecte, René van der Wouden place tout ses sons et ses tons afin de structurer une introduction construite sur mesure sur le modèle d'improvisation des années 70. Ainsi des sons électroniques qui tintent dans le néant, des grésillements statiques qui irradient de larges bancs de brume métallique et de long woosh qui flottent comme des nuages d'éther; l'introduction de "Unten Freien Himmel" est bariolé de tous ces éléments qui s'allient afin de structurer de brefs figures de rythmes aussi ondulés que les vives dégringolades de centipedes sur acide tentant de descendre un mur en stuc acrylique. En fait, les 8 premières minutes de "Unten Freien Himmel" sont forgées dans ces mystérieuses ambiances cosmiques où nos oreilles carburaient de folie face à l'imagination des créateurs de cette époque. Sauf que nous sommes en 2016! Et pourtant le charme opère encore en raison de la modulation d'une structure qui s'enrichit constamment devant nos oreilles perplexes. Lorsque ce ne sont pas les sons, ce sont les courtes phases de rythmes qui interrogent notre suspicion. Le rythme perce les mystères des bruines métallisées un peu après la barre des 8 minutes. René van der Wouden nous amène alors dans la période de Phaedra et Stratosfear avec un superbe mouvement de séquences qui roule comme un train fou à travers moult nuages psychotroniques des années vintage. L'analogie avec les œuvres de Baumann, Franke et Froese ne peut être évitée avec cette structure de rythme qui monte et descend à travers une toile sonique qui imite à merveille le génie des maîtres de l'époque. C'est très bon. L'illusion est parfaite et c'est plus qu'une imitation en raison de cette touche cosmique qui est assez unique au répertoire de René van der Wouden. "Er Ist Immer So Kosmisch" est construit autour du même principe, quoiqu'ici l'introduction égare ses 11 premières minutes dans une approche plus cosmique, plus psychédélique avec une nuée de tonalités bizarroïdes qui ondulent dans l'acidité des vents iodés. Une figure de rythme, attachée par des boucles circulaires, fait escalader un cerceau d'ions dociles dans une approche minimaliste décorée par des larmes de synthé. Un synthé dans ses habits de violon qui caresse la marche inlassable d'un rythme qui parfois surprend par un ton, par une légère différence dans sa rotation. Ce roulement se fracture légèrement un peu après la barre des 15 minutes, offrant un rythme plus pulsatoire et plus ambiant avec des variations dans le mouvement et dont les teintes tentent de s'harmoniser avec une approche nettement plus psychédélique et éthérée d'un synthé et de son armada de tonalités électroniques dignes des années vintage. C'est du rock cosmique à saveur très ambiosonique. Idem pour "SpaceRunner" qui est très près du mouvement cosmique ambiant de Vangelis.
“BauRauM” est une ode aux années 70. À ces années où la musique sortait de sa zone de confort avec des instruments qui bousculeraient à jamais sa façon de créer des rythmes, des harmonies et des ambiances. Un bel album pour ceux qui s'ennuient de cette époque. Un bel album pour nous y replonger.

note       Publiée le samedi 20 février 2016

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