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Mhönos › Humiliati

cd • 3 titres • 59:05 min

  • 1Alveus terra34:01
  • 2Ex nihilo... Ad nihilum...08:14
  • 3Mortificare24:50

enregistrement

"Alveus terra" : enregistré, mixé et masteristé au Echoes Studio par Raphaël Henry (2011). "Ex nihilo ad nihilum" : enregistré dans la Chapel of the Holy Cross par Frater Stéphane, masterisé à Echoes Studio par Raphaël Henry (2011). "Mortificare" : enregistré à la Chapel of the Holy Cross par Julien Bous (2011).

line up

Frater Alexandre, Frater Erwan, Frater Stéphane, Frater Nehluj, Frater Nikaos, Frater Samuel, Frater Guillaume, Necropiss.

remarques

Réédition vinyle par Dead Seed Productions (2013) et cassette par Zanjeer Zani Productions (2015). Peut également être acheté en format numérique téléchargeable sur le bandcamp de Necrocosm. "Alveus Terra" & "Ex nihilo... Ad nihilum..." ont été réenregistrées et arrangées sur la réédition.

chronique

Mhönos est un groupe venu de Rouen, ville qui, depuis mes propres coordonnées GPS est bien loin, mais depuis les métadonnées concernant la musique locale et les récentes chroniques géolocalisées dans cette Rotomagus que j’imagine pleine de briquette et de camembert semble assez sombre voire même expérimentale. Ce CD, double LP, simple cassette, ou trois fichiers mp3 est étiqueté « doom »… bon, je voudrais proposer une autre étiquette, pas pour couper les cheveux en quatre, mais juste pour vous donner une idée plus précise, vu la largeur du spectre de ce genre multiforme… je dirais plutôt que la musique de Mhönos sur Humiliati est une sorte de « rituel chanté style tantrique ou transe vaudou… mais à Rouen ». Quoi c’est pas suffisant ? Alors je vais passer par la description purement formelle, ça sera peut-être plus parlant. La musique, répétitive à souhait, est formée par des percussions, une voix psalmodiant assez gravement des choses, de la basse très large, résonnant bien longtemps, des boucles comme des guitare modestes, plusieurs petits points ajoutés comme des synthés et bidouilles électroniques, le tout enregistré d’une manière où l’on se sent bel et bien en compagnie de ces personnes qu’on imagine encapuchonnées et recluses dans des hangars re-sanctuarisés comme l’antre de Satan, Mahakala, Pan, Saint Bidule de la Décrépitude, que sais-je - pas grand chose n’est précisé sur le message du groupe, à part ce titre, sans doute un clin d’œil à un ordre monastique défunt étant passé de la mortification à l’enrichissement puis à la dissolution et des textes en latin qui, malgré ma mémoire chancelante et la non réactivation chronique de mon Gaffiot interne semblent me dire que cet ordre auto-proclamé et j’imagine pas labellisé par le Vatican se concentre sur l’appel du néant, les questionnements anxieux sur le pourquoi du comment, le salut par la douleur, l’utilisation de moyens habiles pour sortir un message utile à comprendre et pourfendre une réalité phénoménale semblant bien trop bête pour être honnête. Donc si vous êtes familiers de ces moments un peu hypnotiques qu’on écoute dans certains rituels himalayens, ou d’autres morceaux folk plaçant la répétitivité au centre de la transe, si vous aimez Earth comme d’autres artistes typés drone ou du black metal vargounetien, vous serez réjoui. Certes, on n’a pas de voix de gorge, on n’a pas un attirail complet de petites clochettes, il n’y a pas ces énormes trompettes à la Gaffophone, le son est beaucoup moins coloré, plus noir et blanc comme la pochette le suggère, les descripteurs et imagerie restant par contre raccord : crânes, décrépitude, transcendance de l’impermanente chair par un gros coup de canif consacré dans la réalité, occultisme travaillé malgré de nombreux concerts médiatisés sur leur joli site web. Comme dans de nombreuses œuvres de ce type de musique très large, longue, enveloppante, les réactions peuvent être diverses : ennui pour le speedé, endormissement pour le feignant ou début d’hallucinations pour la curieuse chenille qui est en vous, se prélassant tranquille sur son champignon, occupée entièrement à vapoter des e-liquides saveur « sativa »… en tout cas le disque correspondra plus aux goûts des amateurs du musique dite « ambient » tendance sombre et crasseuse, pas aussi saturée que chez Sunn o))), plus rêche, sèche, plus amaigrie, le propos nous semblant être le fruit d’une synthèse, d’une simplification des moyens pour arriver à l’arme ultime d’expression, telle une ascèse doomy, même si le dernier morceau, après une grosse demi-heure de roulements océaniques s’emballera parfois dans une logorrhée sympathique, mimant le mec pas content de n’être qu’humain. « Humiliati », enfin, est un album qu’il sera difficile d’écouter entre deux changes de bébé, quatre emails envoyés au bureau ou trois vidéos de chatons sur yourtube : prenez plutôt le temps de ne rien branler en écoutant leur musique. Vous verrez, c’est pas mal.

note       Publiée le lundi 15 février 2016

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Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

Pareil que taliesin, c'est pas mal nekurat en concert

Lau Envoyez un message privé àLau

J'ai trouvé les pistes un peu longues quand j'ai écouté hier, ça m'a presque ennuyée par moment, mais c'est le genre de musique qui doit certainement prendre une autre dimension en live.

taliesin Envoyez un message privé àtaliesin

NKRT vu en live l'année passée, ça m'a franchement bien plu :-)

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Vichy c'est très bien.

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Demonaz Vikernes Envoyez un message privé àDemonaz Vikernes

Ex-membre. Et fondateur d'ailleurs. Il a toujours une myriade de projets, et c'est rarement consistant. NKRT en live avant de sortir plein de trucs c'était pas mal, mais depuis bof.

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