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Gérard Manset › Gérard Manset 1968

  • 2010 • Xenon 066.11788 • 1 CD

cd • 12 titres

  • 1Animal on est mal
  • 2Mon amour
  • 3La toile du maître
  • 4Il rentre à 8 heures du soir
  • 5On ne tue pas son prochain
  • 6La femme fusée
  • 7Golgotha
  • 8L'une et l'autre
  • 9Je suis Dieu
  • 10L'arc-en-ciel
  • 11Tu t'en vas
  • 12La dernière symphonie

extraits vidéo

informations

France, 1968

Il s'agit de la réédition du premier album de Manset sorti en 1968 avec une track-list légèrement différente.

chronique

1968…L’année de mai, l’année du changement, l’année du premier album de Gérard Manset aussi. Drôle de zigue celui-là, véritable cancre à l’école, surtout en musique et en français, un comble ! C’est en autodidacte qu’il deviendra musicien et parolier, pour d’autres d’abord (Herbert Léonard, Dalida…) avant de comprendre rapidement qu’on le considère comme une bête trop curieuse dans le milieu. 1967, un premier essai studio, ‘Animal, on est mal’, tellement épouvantable que Manset le Perfectionniste songe à le laisser tomber avant de rencontrer un certain Bernard Estrady qui vient de monter sa propre structure. Le jeune homme retravaille le tout, bidouille ses bandes, les passe à l’envers pour habiller un texte incroyable qui flirte avec le génie et le grotesque à la fois. A mon sens, un de ses plus grands tubes. Montée de violons et de grognements, petite mélodie mélancolique à la flûte (récurrente) et le morceau débute… Groove incroyable de la rythmique, orchestrations classiques en renfort, bruits d’animaux, orgues psychés, bandes passées à l’envers…Il faut dire que l’heure est aux expérimentations, les Beatles ou Pink Floyd en Grande-Bretagne, talonnés par les Beach Boys aux USA, mais… pas en France ! Malgré cette fabuleuse chanson dotée d’une face B royale avec le funèbre ‘L’Arc-en-ciel’, son intro au clavecin, son refrain plein d’espoir aussi prenant que savaient l’être les Fab Four, qui conte rien de moins que la mort d’une fillette et pour finir, ‘La Dernière symphonie’, petit adagio psychédélique sur fond d’apocalypse aux arrangements et à la mélodie splendides. Devinez quoi ? Il se vendra mal mais vaudra à son géniteur au moins un succès d’estime auprès de certains professionnels. Pour ma part, ce sont les trois meilleures compositions de ce premier LP qui en compte d’autres. ‘Golgotha’, par exemple, rajouté sur la réédition, un autre de ces morceaux, mystiques, bien tristounets et un brin surréalistes que Manset est capable d’extraire de son chapeau magique (finalement Manset le Triste est toujours le plus efficace). Si vocalement, le Français se révèle un brin maladroit, pas toujours juste dans sa pose de voix (c’est aussi une partie du charme), il n’en est rien au niveau de la musique qu’il maîtrise pleinement. Usant des services d’un véritable orchestre, il s’inscrit pleinement dans la lignées de ses pairs britanniques et américains mais en porte-à-faux dans son pays avec ses mélanges de cordes, de groove pop, d’expérimentations sonores, de miettes psychédéliques. Alors qu’il signe des merveilles décalées (‘Je suis Dieu’), qu’il joue avec l’humour noir (‘On ne tue pas son prochain’), l’Hexagone ne jure que par Cloclo ou Polnareff et boude son disque qu’il ressortira en 1971 sous le nom de ‘Manset 1968’ avec une track-list légèrement modifiée (si vous être riche, vous pourrez toujours vous payez le LP original pour 400 euros). Attention, tout n’est pas que réussite, c’est parfois naïf, ainsi ‘Il rentre à huit heures du soir’ où Manset le Chantre des Tranches de Vie Glauques du Quotidien ne nous émeut pas une seule seconde ou alors ‘La femme fusée’ avec ses lointaines inspirations bluesy convenues et ses textes ridicules. Pourtant même sur le faible ‘Mon amour’, l’audace symphonique des cordes permet de sauver le morceau du ratage complet et même de lui donner un minimum de panache. Et puis, d’accord, c’est un peu décousu, brouillon, mais ça regorge de créativité, surtout pour l’époque, préfigurant les tentations progressives de l’opus d’après. Un échec malgré tout et son compositeur ne fera pas grand chose pour le défendre, peu satisfait de sa prestation. Il n’empêche, si Manset l'Incompris avait vécu en d’autres terres, un tel album, surtout un galop d’essai, aurait sans doute remporté un vrai statut culte. Heureusement, l’artiste persistera en signant le merveilleux ‘La Mort d’Orion’ trois ans après, en laissant jaillir son côté le plus noir. Pour citer un de nos lecteurs: ‘Manset ou l’anti-médiocre’…4,5/6

note       Publiée le lundi 8 février 2016

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Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
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Nouvel album, 'Opération Aphrodite', à paraître le 25 mars !

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PechMayneau Envoyez un message privé àPechMayneau

Difficile d'ajouter une critique sur le premier album de Manset après lu celle de Twilight, qui je pense est dans le juste ... ceci dit la note de 4,5 sur 6 peux se discuter, mais c'est une note correcte !

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SEN Envoyez un message privé àSEN

"La toile du maître" ! J'ai dû écouter ce morceaux au moins 1000 fois !