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Compilations - Labels › Cavaliers de l'Apocalypse

cd | 4 titres | 56:18 min

  • 1 One Thousand Words (Frederich Shuller) [ 14:06]
  • 2 Licht und Schatten (Andreas Meyer) [ 14:18]
  • 3 Seconds Before Midnight (Nord) [ 11:44]
  • 4 A Peaceful Mind (Alba Ecstasy) [ 15:50]

enregistrement

Composé et interprété par Frederich Shuller, Andreas Meyer, Sztakics Istvan Attila et Mihail Adrian Simion à l'automne 2015. Masterisé par Mihail Adrian Simion.

line up

Frederich Shuller, Andreas Meyer, Sztakics Istvan Attila et Mihail Adrian Simion (Claviers, synthé numérique, logiciels de synthé, séquenceur et FX)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://kontinuumproductions.bandcamp.com/album/cavaliers-de-lapocalypse

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
roumanian school

L'année 2015 a été très prolifique, et je dirais assez positive d'après les albums que j'ai entendu, pour le label Kontinuum Productions. Les amateurs de MÉ minimaliste, où les charmes soniques s'ajoutent à des endroits inattendus, sont bien servis avec les productions de ce label. En ce qui me concerne, j'ai été passablement séduit par les derniers albums de Frederich Shuller, Andreas Meyer et Alba Ecstasy. Trois artistes que l'on retrouve sur cette compilation qui clôt l'année 2015 du label Roumain sur une bonne note. Sauf que “Cavaliers de l'Apocalypse” est une plus qu'une compilation. La musique présentée ici est inédite, en plus de nous faire découvrir un autre talent du label, Nord. C'est donc un excellent moyen de nous introduire cet univers brodé autour de ces longues structures sérielles aux lents déploiements hypnotiques qui sont teintées d'une enivrante limpidité cristalline. Et c'est ce qui charme nos oreilles dès que les premières arpèges gorgées de tonalités grésillantes voltigent et scintillent en ouverture de "One Thousand Words". La séquence rayonne des reflets des ions sauteurs alors qu'une nappe de voix recouvre ces palpitations stationnaires et qu'une ligne de basse oscille à contre-courant, structurant un rythme ambiant et hypnotique où les mots soniques se font absorber par une structure de plus en plus lourde et de plus en plus enveloppante. La signature de Frederich Shuller étend son encre musical avec des pulsations sourdes et des vagues célestes où dansent maintenant une série de séquences qui claquent comme le mouvement de castagnettes électroniques. Une ligne se détache du mouvement minimaliste, structurant une autre phase de rythme qui bégaie comme un long filament tout timide d'être stroboscopique. Et les percussions tombent. La beauté de la chose est que "One Thousand Words" devient un bon rock électronique qui part de quelques flocons séquencés et qui a libéré une foule d'attractions soniques avant d'arriver à nous foutre entre les oreilles de beaux solos de synthé très juteux, comme il s'en fait que trop rarement dans le modèle de la New Berlin School. Ça part très bien. Surtout qu' Andreas Meyer est l'artiste suivant. L'introduction de "Licht und Schatten" est tissée de mystère et de nébulosité avec de longs woosh et de lentes nappes orchestrales qui se faufilent au travers milles reflets soniques. On dérive dans un cosmos où des oiseaux pépient. Une délicate pulsation émerge vers les 3:30 minutes. Son mouvement accélère graduellement le pouls, sculptant un rythme vertical où se greffent des séquences et leurs mouvements circulaires. Et un peu sur le même principe que "One Thousand Words", mais dans un autre décor, la structure continue son crescendo rythmique avec des éléments qui s'ajoutent constamment, ici les solos sont plus harmonieux, avant de conclure avec un rythme soutenu où nos doigts et nos pieds accompagnent le jumelage des séquences et des percussions qui tambourinent dans une ambiance cosmique. C'est la premières fois que je vais entendre du Nord. La structure de son de "Seconds Before Midnight" est assez différente. Ça me rappelle énormément celle de Klaus Schulze dans sa période Dig It. L'approche est furtive avec des séquences qui ondoient comme des pas de loup approchant une proie. Un énorme voile reste en arrière-plan, tissant une atmosphère lugubre et contrebalançant avec la limpidité des arpèges, dont certains offrent des tonalités organiques, et dont les mouvements aléatoires ornent une structure ambiante qui s'accroche à des pulsations sourdes. Basé sur les mêmes préceptes de structures minimalistes en mode évolutive, le rythme ambiant de "Seconds Before Midnight" se métamorphose en structure nerveuse et spasmodique. Une structure qui devient soutenue pour un bon 4 minutes et où les synthés catapultent plus d'effets soniques et de lentes nappes anesthésiantes que de solos. J'ai trouvé ça intéressant. Différent certes, mais assez pour investiguer un peu plus l'univers Nord. Alba Ecstasy est le vétéran, le leader de ce label avec une soixante d'albums à son actif. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il frappe fort avec "A Peaceful Mind". C'est l'art du minimalisme avec tous ces charmes. Un voile de brume meuble l'introduction. Comme les vagues d'un vieil orgue plein de brouillard, la nappe flotte avec une approche menaçante. Une pulsation émerge de cette dense fumigation prismique. Elle danse comme une marionnette déchainée avec ses ombres. Les séquences martèlent les ambiances comme les effets d'un jeu Bolo. Chaque coup répond vivement à l'autre, structurant un rythme vif et sec alors que le synthé lance des effets torsadés. Les percussions tombent à la 4ième minute et le rythme de "A Peaceful Mind" court avec trois mouvements (séquences, percussions et ligne de basse ondulante) bien accolés où les solos vont et viennent comme de longs serpentins qui viennent chercher l'énergie dans cette structure pour le moins très enlevante pour du rock électronique minimaliste. Alba Ecstasy se sert habilement de ses 16 minutes, tout comme Frederich Shuller, Andreas Meyer et Nord en passant, afin de tisser un bon crescendo, tant dans sa structure de rythme que ses éléments d'ambiances, d'où naissent de bons solos et de bons effets alors que les percussions, la ligne de basse et les séquences s'entredévorent dans une époustouflante symbiose. J'ai bien aimé et c'est ce que j'ai entendu récemment qui se rapproche d'un Klaus Schulze contemporain. Il n'y a pas de doutes, “Cavaliers de l'Apocalypse” est une très belle façon de découvrir l'univers très particulier, ici la limpidité des tons est magique, du label Kontinuum Productions. Même si le label Roumain multiplie les œuvres à un rythme soupçonneux pour une telle pléthore de réalisations, ici tout est en format téléchargement, il y a de la belle musique qui sort de ses artistes. Pour un peu que la musique minimaliste et ses charmes inattendus soit un attrait sans pareil à vos oreilles, ou si voguer dans un état d'hypnose cérébral vous tente, vous êtes à bonne enseigne ici où tout semble pareil sans réellement l'être.

note       Publiée le samedi 6 février 2016

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