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Ringworm › The Promise

cd | 10 titres | 21:36 min

  • 1 Numb / Blind To Faith [03:50]
  • 2 Urine [01:32]
  • 3 Sideshow [02:04]
  • 4 Flatline [01:04]
  • 5 The Promise [02:06]
  • 6 Death Do Us Part? [01:34]
  • 7 In The Likeness Of Vanity [02:04]
  • 8 Consumed / 13 Knots [02:43]
  • 9 Necropolis [01:36]
  • 10 ´Gimme Sopor [Reprise de Angry Samoans] [01:20]

enregistrement

Enregistré en février 1993 par Bill Korecky et Patrick J. Lewis.

line up

Frank "3 Gun" Novinec (guitare), Human Furnace (voix), Chris Ringworm (guitare), Spot (batterie).

remarques

Sorti sous forme CD et vinyle. Réédition CD en 2003 par Deathwish. Réédition vinyle en 2009 par A389. Les rééditions ont été remasterisées au Tampa Bay Mastering. Les tracklists de ces dernières sont différentes de l'édition originale, avec ajout de la première démo de Ringworm et un morceau live, "Deuce" (reprise de Kiss).

chronique

Je regarde la montagne de disques en face de moi. À droite, les trucs inavouables ou pas assez sombreux pour en parler ici. À gauche la noirceur. À gauche de la droite de la gauche, les disques estampillés descendants de Black Sabbath, et parmi eux, nombre de classiques déjà décrits dans nos colonnes. Et au milieu de ce foutoir, on gratte, et on tombe sur la fameuse zone grise entre le « core » et le « metal »… faut savoir, enfin, je radote, mais ma première approche du rock grisant, burnant, bourrin, enfin « metal » a dès les premiers jours de copiage de cassette mis dans le même pot l’agressivité « metal » et celle « core », et je me réveille aujourd’hui, et j’écoute des successions de malentendus pas possibles, genre le metal c’est comme ci, le hard rock, le hardcore c’est pas comme ci comme ça, comme si les genres musicaux étaient des espaces Schengen… et j’ai l’impression que le comble du malentendu c’est quand des métalleux sont pris pour des « coreux » et vice versa… et c’est pour ça que je kiffe des groupes qui aiment bien semer le doute chez le chaland. Un de ces groupes c’est Ringworm. Si on ne connaît rien de ce truc, on regarde la pochette, le nom du groupe, y a pas photo, c’est du black metal ? Du death crado ? Eh bien c’est un peu plus compliqué que ça… on va dire que Ringworm est un des ancêtres du dorénavant souvent conspué « metalcore », étiquette ayant quand même donné comme prétexte la production d’un paquet de mégatonnes de caca, une scène qui, dans sa version radio-cono se rapproche du faux punk des années 90 dépouillant à longueur de millions d’albums l’héritage de Bad Religion, où il suffisait d’avoir les cheveux verts et jouer un peu vite pour se la jouer no future… mais là, maintenant, quand on écoute ce disque, c’est juste une succession de chair de poule. Tout parle de damnation ici, le leader se nomme « Human Furnace » et déblatère des histoires psychotiques à la Necrophagia, et la musique oscille entre grindcore, death metal, hardcore et thrash et il n’y a absolument aucun espoir, aucune révolte politico-sociale là derrière, comme chez Gehennah ou les premiers Darkthrone, juste de la pure misanthropie, de la mise en scène du quotidien sous le soleil du Grand Cornu, une sorte d’existentialisme du possédé, genre « l’antre de la folie » au fond de la crypte des initiés… Ce premier album sera un « one shot » comme on dit car notre gueuleur amateur d’interludes symphoniques flippants style Alice Cooper / Mercyful Fate se consacrera pleinement à sa carrière d’illustrateur et de tatoueur inspiré par le graphisme horrifique des films Z et de l'occultisme genre « bouquin maudit acheté aux puces un froid matin de décembre à Cleveland ». Ah, Cleveland, que tu me parais froide et dure, mais que finalement je t’apprécie quand je découvre au fil du temps les Dwid Hellion, Harvey Pekar ou Human Furnace… la ville verra la résurrection de ce groupe malfaisant plusieurs années plus tard, à un moment où les journalistes compareront le son de Ringworm aux têtes de gondoles de l’époque genre Hatebreed… un peu comme si on disait que les Stooges ressemblaient à Jay Reatard… mouarf. Enfin voilà, si vous avez besoin de votre dose de nihilisme sulfureux et d’écouter quelque chose de véritablement puissant, triste et même occulte, si vous vous demandez pourquoi ce punk a les cheveux longs et balance des incantations avec un pentagramme tatoué sur le nez, ben foncez quoi !

note       Publiée le mardi 26 janvier 2016

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born to gulo › lundi 1 février 2016 - 11:56  message privé !

Difficile en effet de contourner le mot "punk", à l'écouter... et en même temps, c'est du thrash sinistrissime comme on en a rarement entendu à part chez Congress. J'adore ce groupe.

Klarinetthor › mardi 26 janvier 2016 - 23:50  message privé !

Ah je viens de le sortir des cartons; les suivants sont cool mais celui-ci est peut etre le plus enervé, un premier jet assez parfait

Note donnée au disque :       
born to gulo › mardi 26 janvier 2016 - 22:30  message privé !

Putain de chanteur.

Raven › mardi 26 janvier 2016 - 21:44  message privé !
avatar

Putain de groupe.

Note donnée au disque :       
born to gulo › mardi 26 janvier 2016 - 21:43  message privé !

Je crois que je l'ai même jamais écouté, ce premier album, tiens, alors que j'adore les autres à peu près sans exception.