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Hector Berlioz (1803-1869) › Requiem (Requiem cd 1)

cd • 8 titres • 66:39 min

  • Requiem, op 5. Grande messe des morts
  • 1Requiem-Kyrie11:33
  • 2Dies irae-Tuba mirum13:45
  • 3Quid sum miser03:18
  • 4Rex tremendae06:55
  • 5Quaerens me05:12
  • 6Lacrymosa11:05
  • 7Domine Jesu Christe10:56
  • 8Hostias03:43

enregistrement

Enregistré à la Westminster Cathédral de Londres en novembre 1969

line up

London Symphony Orchestra & chorus (Chef des chœurs : Arthur Oldham) ; Wandworth scholl boy’s choir (chef des chœurs : Russell Burgess) ; Sir Colin Davis (direction)

remarques

L’intégrale de la musique pour orchestre de Berlioz entreprise par Sir Colin Davis et le London Symphony Orchestra reste une grande référence dans la discographie sur le compositeur. Par ailleurs ce double CD réunit deux œuvres idéalement complémentaires : ce coffret, à l’arrivée, est ma foi un très, très bel objet.
Il s’agit du premier CD du double regroupant le requiem et la symphonie funèbre et triomphale, dirigés par Sir Colin Davis. Le CD 2 contient les deux dernières pièces de ce requiem, ainsi que l’intégralité de la symphonie.

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-romantique

Avec la mort façon Berlioz, vous allez vous en prendre plein le bide, et vraiment, mais alors VRAIMENT plein la gueule… Vous voulez du sombre et du puissant? Vous voulez changer de coiffure ? Cette «grande messe des morts» pour chœurs et grand orchestre de plus d’une heure et demi est une épreuve émotionnelle et sonore comme il en existe très peu. Emotionnelle car en plein romantisme, l’orageux Berlioz n’hésite plus comme ses ancêtres baroques et même classiques à évoquer l’horreur, purement et simplement, de la mort : l’horreur douloureuse et triste… mais aussi l’horreur épouvantable et déchirante. Dans toute cette messe le sombre est pleinement recherché. Il y a de longs moments de percussions éparses et solennelles, de cors plaintifs, de voix qui se découvrent. En ouverture, le «Requiem-Kyrie» impose sa noirceur d’abord lente et lourde… pesante à l’extrême. Epreuve sonore, car la partition réserve aussi des clusters et des élans orchestraux et vocaux d’une force indescriptible… et ils sont 200, chanteurs et percussionnistes, contrebasses, cors et hordes de trompettes, à hurler en courant et roulant tous ensemble, presque à l’unisson. A de nombreux moments de cette immense partition, on atteint, croyez-moi, la violence pure. C’est halluciné, monumental et transcendant, et après cette force indescriptible où orchestre et chœurs se déchaînent… tout peut, aussi, s’arrêter d’un coup. Les notes lentes et abyssales d’un violoncelle inquiètent alors un long silence… les voix peureuses reviennent peu à peu, intriguées par un hautbois étrange. La recherche de l’effet sonore est partout, dans l’explosion comme dans les ombres ; même dans ses moments les plus calmes et gracieux le chœur reste très compact, jouant de l’isolement d’un pupitre. Maître de l’orchestration, Berlioz ne cherche pas toujours ici à sophistiquer à l’extrême le dialogue des plans, et s’attache notamment à la convergence. Lorsqu’il faut frapper, il n’hésite pas à balancer l’ensemble des voix et instruments, cuivres, roulements fous furieux de timbales, bois, cordes par centaine et un chœur surpuissant pour amplifier et consolider l’impact sonore du tout : à l’arrivée, une pièce comme le «dies irae» est dans ses accès époustouflants à la limite du supportable… et ce n’est pas la seule. Mais il y a aussi la grâce, l’élévation bienheureuse… à l’image du «Sanctus», ténor soliste et théâtral, sur fond de flûtes continues et abstraites, comme un voile de brouillard ou de rosée ; puis viendra l’extase choral. «Agnus dei» est un quart d’heure de gravité totale, du silence à l’élévation, au silence, à nouveau, à l’élévation… au silence. La dimension de chacun des épisodes (souvent plus de dix minutes !) montre bien l’ambition du compositeur ; les structures sont bien sûr magistrales, entièrement vouées à l’efficacité des effets émotionnels produits. Il y déploie toute son imagination, usant de tous les moyens possibles, accalmies, lenteurs, rythmes, lourdeurs, finesses, sobriété, complexité, distances et explosions… tous les sons et toutes les formes, il y a des pirouettes successives de cuivres phénoménales, des abysses de silence d’une noirceur absolue, des voix douces et célestes, des chants tout en puissance… mais le grand Hector fait aussi preuve d’un sens mélodique assez rare chez lui. Le tempétueux français avait en effet l’art de la mélodie un peu brute, presque gauche, et sa science miraculeuse de l’orchestre en fit le grand patron de la musique spectaculaire. On retrouve ici toute la folie de l’auteur de la «Symphonie fantastique», transcendée par son sujet et ses moyens monumentaux. Berlioz n’avait pas peur des voix, il n’avait pas peur de l’orchestre, et il a toujours voulu «impressionner fortement son auditoire». C’est à la fois une messe et une symphonie, à la fois beau, et horrible, et encore une fois, c’est réellement éprouvant. Berlioz n’avait pas peur du son… et sa vision de la mort est proprement terrifiante.

note       Publiée le samedi 6 juillet 2002

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Moonloop Envoyez un message privé àMoonloop

Réécouté ce matin, presque "au bout de l'ennui"... Je rejoins l'avis de "CeluiDuDehors". Je n'aime pas tellement cette partition là non plus... ses instants glorieux, épiques, très cuivrés (le "Tuba mirum" est quasi insupportable à mes oreilles, me donnant l'envie même d'interpeller la mort: Hâtez-vous!) etc, il y a ici tout ce que je n'aime pas généralement dans le classique... Toutefois, Les dernières pages de l'ouvrage - "Domine Jesu Christe", "Hostias" et l'"Agnus dei" - me plaisent davantage...

Solvant Envoyez un message privé àSolvant

Je réécoute "La Damnation de Faust", c'est somptueux. Il y pleut du sang. C'en est luisant.

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Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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Pas encore écouté, il faut déjà que j'encaisse les Requiems de Brahms, Fauré et Dusapin, plus calmes... par contre, d'autres chroniques de Berlioz (la Damnation de Faust, La symphonie Fantastique) seraient plus que bienvenue sur notre beau site
CeluiDuDehors Envoyez un message privé àCeluiDuDehors
j'ai jamais réussi à aller au bout de ce Requiem...trop bourrin en fait, trop dramatisant, trop enflammé, ça me donne mal au crâne! C'est tout ce que je n'aime pas dans la musique romantique, ça en fait beaucoup trop (à mon goût)! Toutefois je ne me vois pas donner une mauvaise note...c'est juste pas mon truc c'est tout!
marine-mia Envoyez un message privé àmarine-mia
Quelle puissance, c'est impressionnant. Tous ces changements de rythme sont terrifiants, angoissants. Les moments forts aussi bien que les moments calmes nous oppresse de terreur. Fabuleuse chronique.
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