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Witchhelm › Jötunn

cd • 4 titres • 31:11 min

  • 1Jötunn
  • 2Swamp Bitch
  • 3I Am ( Wolf )
  • 4Wytchcraft

line up

Sean Deth (chant, guitare, basse), 9 (guitare), 333 (guitare), 777 (batterie)

remarques

chronique

Styles
doom metal
metal extrême
Styles personnels
southern doom

Witchhelm, dont je n'avais jusqu'aux toutes premières lueurs de l'année pas encore entendu la moindre note, m'ont avec Jötunn donné une nouvelle raison de continuer à prendre ce tramway nommé Doom. Pour finir à quai et hagard, dans cette nouvelle station après le terminus, là-bas, dans le brouillard des sorties récentes non-matérielles... ou plutôt immatérielles - ça leur va mieux dit ainsi, à Witchhelm. Déjà si le nom du groupe passe inaperçu (semble-t-il inspiré par Elder Scrolls...bref moyen) et la pochette idem avec son bestiau du Malin en position d'embuscade à découvert que j'aurais pu griffonner aussi bien sur un post-it pendant un appel téléphonique, je dois dire que j'aime beaucoup ce titre... Oui, j'aime cette sonorité, "Jötunn", qui serait donc le blase d'un géant de Midgard (et en l'occurence une créature métamorphe, ce qui colle à la musique de Witchhelm comme nous allons le voir) mais qui me fait surtout penser à "Shögunn"... Et une fois écouté, ça m'envoie par moments l'image d'un bretteur hagard errant dans des contrées noires à la recherche de rien du tout, ronin à la Sword of Doom - si vous ne l'avez pas encore vu c'est très mal - avec l'intouchable Tatsuya Nakadai... Passé un premier instrumental académique, un doom hagard de même essence hagarde... Une voix mutante qui gronde, hulule et nasille depuis les entrailles profondes d'un silo à grain des Limbes, à nos pieds. Qui nous appelle à la rejoindre dans l'ombre froide et moite... Un groupe qui semble garder dans ses placards bien des masques que lui inspirent ses idoles. Jötunn est ce ronin doom qui erre dans les forêts et les montagnes du Sud américain, ce groupe métamorphe qui partant de riffs lardooms archi-bouffés vous étale des secondes aux p'tits oignons sur des minutes en grimoire de pâte feuilletée de peaux mortes de fantôme de cow-boy ; qui vous donne même au mieux de sa parade western à fantasmer dix titres à partir d'un seul, et cela sans aucune manière de progressif. La drogue doom au pluriel. Son périple commence dans le cliché, et, sûrement, s'égare pour mieux nous trouver. Je me sens aussi à l'aise dans cette "Swamp Bitch" que dans les meilleurs épisodes de True Detective première saison. Witchhelm sont de faux cancres et d'effrayants surdoués au charisme dangereux, se mouvant le plus naturellement du monde d'une vision à l'autre, tout en restant dans le plus pur classicisme doom. Aisance innée, calcul démoniaque ? On ne le sait ni ne veut le savoir. Le meilleur commençant avec "I am (wolf)", qui est tel l'edelweiss naissant par magie dans le lourd fumier d'un enfer redneck, ballade sublime, avec sa mélodie de guitare qui vous transbahute dans une dimension paumée quelque part entre la Cordilière des Andes et le Styx... Pourquoi se confire dans la nostalgie des années grunge en 2016, quand, en 2016, accès nous est donné à des groupes capables de livrer pareils morceaux, qui sentent encore plus bon le vieux que ces vrais vieux morceaux qui sont du vrai bon vieux temps ? Je vous le demande... Slow tout nu et d'un occultisme sans âge, évidence d'un classique inconnu au bataillon ; quelque chose de très simple, de presque trop simple... de, comme on dit, "trop beau pour être vrai" - et un chant qui va vous donner l'impression de redécouvrir la beauté de l'écho (quand chez tant d'autres elle inspire le cache-misère, la reverb est semble-t-il une puissante alliée de Witchhelm). Il semblerait, par ailleurs, que le premier blase du chanteur fût Lucien...! Pourquoi donc devrais-je me décarcasser pour vous livrer des raisons d'écouter Witchhelm, quand j'ai déjà tout sous la main ?! Le final "Wytchcraft" est quant à lui aussi monstrueux qu'un final se doit de l'être - nous ne devrions jamais l'oublier : le final d'un album se doit d'au moins surpasser son introduction... et dans le cas présent, il en anéanti tout souvenir. C'est un doom polymorphe soulevé par des bourrasques de sirènes malsaines - effet "comme un lapin dans les phares" sur l'auditeur - jusqu'à son trou noir central où la basse nage comme une grasse murène entre ces corails de sons, pur cauchemar aquatique... Il y a même un passage qui me fait penser à Eyes Wide Shut... mais j'en ai déjà trop dit. Spoiler. Hélas, j'oubliais : ces vieux adolescents sont originaires de l'Ohio - il ne sera donc à l'écoute de Jötunn pas anormal de vous retrouver dans un état proche d'Adjani, les yeux hagards, comme posté sur les épaules d'un géant juvénile. Parce que oui : même si elle en est à son troisième coup, la bête Witchhelm n'en est encore qu'aux premières éruptions de sa puberté... Il y a de quoi saliver d'inquiétude...

note       Publiée le lundi 25 janvier 2016

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inarkham › mardi 26 janvier 2016 - 09:39  message privé !

Effectivement un belle découverte. Ils parviennent à rendre la simplicité des compositions intéressante de part une interprétation subtile et engagée. La nonchalance étrange du chant rappelle Sons of Otis. Beaucoup moins fans des growls par contre.

Note donnée au disque :       
born to gulo › lundi 25 janvier 2016 - 07:56  message privé !

La vérité ça fait plaisir de voir cette pochette le matin en arrivant !

Note donnée au disque :