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David Bowie › Baal

  • 1982 - Rca, Bow 11 (1 vinyle)

ep | 5 titres | 11:14 min

  • 1 Baal’s hymn [04:02]
  • 2 Remembering Marie A [02:07]
  • 3 Ballad of the adventurers [02:01]
  • 4 The drowned girl [02:26]
  • 5 The dirty song [00:38]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré aux Hansa Studio de Berlin en septembre 1981

line up

David Bowie (chant, guitare), Tony Visconti (basse)

Musiciens additionnels : les autres musiciens ne sont pas crédités

remarques

Il s'agit des chansons interprétées dans la pièce de théâtre "Baal" de Bertold Brecht, qui a écrit ou adapté tous les morceaux.

chronique

Styles
chanson
musique de film
spoken word / lecture / poésie
Styles personnels
bowie meets brecht

‘Lorsque Baal grandissait dans le sein de sa mère, Déjà le ciel était très grand, calme et si pâle, et jeune et nu et formidablement étrange, et tel que Baal l’aima lorsque Baal se montra…’. Jamais je crois n’avoir lu de si belles lignes, le coup de foudre fut immédiat…Les premiers mots de ‘Baal’ de Berthold Brecht, mon livre favori toute catégorie. Baal, poète génial, jouisseur, hédoniste, iconoclaste, libre, personnage infect autant que fascinant, briseur de coeurs, noyant dans l’alcool et l’auto-destruction sa soif d’absolu, le regarde tourné vers ce ciel infini, la seule chose peut-être à avoir compté dans sa longue descente aux enfers…Qui mieux que Bowie pouvait comprendre l’intensité d’un tel personnage ? Qui mieux que Bowie, l'homme qui a introduit l'art dans le rock, pouvait l’incarner, chanter ses mots ? Et c’est ce que fit Bowie pour une adaptation télévisée. Théâtre mais disque aussi avec ce délicieux mini qui nous présente le Bowie cabaret, celui qui reprend Brel, Kurt Weil…’Baal’s hymn’, la pièce la plus forte, la plus intense, très théâtrale mais avec un Bowie que l’on sent totalement investi dans son rôle, tour à tour fier, martial, décadent dans une ambiance opérette, très proche de ‘l’Opéra de quat’sous’ (aucun hasard là-dedans). Impression confirmée par la suite avec ‘Remembering Marie A’, moins intense, détaché dans le ton. Difficile (et je rejoins Nicko) de ne pas pas juger les compositions à l’aune de l’hymne infernal mais ‘Ballad of the adventurers’ par son côté plus retenu, moins flamboyant et donc plus sombre témoigne du côté obscur de la pièce. Idem pour ‘The drowned girl’ encore plus glauque avec une touche mélancolique assez marquée. Bowie y est magistral; sa voix survole des orchestrations dépouillées, dans la retenue, se fait murmure, appel, critique, interrogation; Jeanne éconduite par Baal s’est donnée la mort en se noyant, telle une Ophélie moderne. Tout le contraire de l’ultime chanson, légère, ironique avec ses pipeaux moqueurs, ses roulements de tambour…Un titre paillard, à l’image de Baal, génie des mots, odieux avec tous ceux et surtout celles qui croyaient en lui, Baal qui consomma le monde jusqu’à en mourir, seul et abandonné de tous. Mon livre préféré mis en musique par le plus grand génie musical de toute l’histoire du rock, un an avant un ‘Let’s dance’ totalement différent…Rien de fortuit là dedans en ce qui me concerne et j'aurais aimé y mettre la note maximale...J'aurais eu besoin d'un LP pour cela, trop court, sentiment d'inachevé, de final au moment où chacun entrait dans la pièce...Bowie fabuleux mais besoin d'en écouter plus, plus...'J'écoute encore la pluie' disait Baal sur son lit de mort. 4,5/6

note       Publiée le samedi 23 janvier 2016

chronique

Styles
chanson
musique de film
spoken word / lecture / poésie
Styles personnels
bowie fait du théâtre

Et voilà, il fallait bien que ça arrive un jour. Au moins, là, on en est sûr, nous ne sommes pas immortels. Personne ! Ça peut paraître con à dire comme ça, mais y'en a certains qui prenaient un malin plaisir à jouer avec la nature et, l'espace d'un instant, on pouvait se poser cette question futile. Et puis là, en 2 semaines, le monde du rock a perdu Lemmy Kilmister, de Motörhead, et David Bowie, deux icônes anglaises qui semblaient justement défier le temps. Seulement la faucheuse est impitoyable et personne ne passera au travers, même les meilleurs. Et ici, pour le coup, David Bowie, c'est particulièrement difficile à encaisser pour votre serviteur. Inutile d'énumérer tous les liens avec l'artiste anglais, une chronique ne suffirait pas et de toute manière, quand vous voyez la quantité de ses disques dont je vous ai parlé jusqu'à présent, vous pouvez comprendre aisément que Bowie est une influence majeure dans ma vie. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un disque de sa discographie assez particulier, datant de 1982. A cette époque, Bowie est très attiré par le théâtre. Après une performance remarquée à Broadway pour la pièce tirée d'"Elephant Man", il participe à l'adaptation télévisée d'une pièce de Bertold Brecht, "Baal". Pour l'occasion, il enregistre les 5 morceaux musicaux issus de cette pièce. Au programme, on a 5 petites pièces musicales, pour une durée d'à peine plus de 10 minutes, où la voix de Bowie est au cœur de la musique. Les instruments ne sont là que pour accompagner le chant de Bowie. Si on doit faire une petite comparaison, je dirais que ça ressemble aux reprises que Bowie a fait de Jacques Brel, "My death" ou "Amsterdam". Le premier morceau est pour moi le meilleur, "Baal's hymn", une sorte de marche avec un Bowie très directif. La structure du titre est certes un peu répétitive, mais l'ambiance très champêtre est sympa et la montée en puissance, totalement gérée par Bowie, est très réussie, tout à fait dans le style de Brel. Les morceaux suivants reprennent grosso-modo la même trame que ce "Baal's hymn". L'atmosphère est proche. On reconnait bien ce genre de chansons qu'on entend parfois dans les pièces de théâtre, à savoir imagées, douces et posées. Ces titres restent cependant moins forts et intenses que l'hymne d'ouverture. Les morceaux sont aussi moins bien écrits. On peut cependant admirer le talent d'interprète de Bowie qui ne fait pas simplement que chanter, mais on le sent totalement imprégné de son rôle, notamment sur "Ballad of the adventurers" et "The drowned girl". Le dernier titre, très court, à peine plus de 30 secondes, se démarque des autres par une ambiance plus légère et joyeuse où Bowie chante comme s'il interprétait une chanson paillarde (dans la pièce, Baal, interprété par Bowie, se moque à ce moment là de son amoureuse), une belle réussite. Au final, on a une nouvelle curiosité dans la discographie de Bowie, qui montre, une fois de plus, à quel point il était un artiste total et complet, dont le spectre allait bien au-delà de la musique et qui vivait son art comme il respirait. Cet EP n'a jamais été réédité en tant que tel, il a juste été disponible par la suite en téléchargement. Seuls quelques morceaux de cet EP ont été réédité via des compilations plus ou moins intéressantes, donc il s'agit ici d'un véritable objet de collection avec exclusivement des titres rares et dans un style très éloigné de ce que Bowie fait sur album. Une curiosité à nouveau de qualité, à des années lumières d'un disque comme "Let's dance", qui sortira pourtant un an plus tard !

note       Publiée le dimanche 17 janvier 2016

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dariev stands › samedi 23 janvier 2016 - 20:20  message privé !
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J'avais "logiquement" pensé que les compos devaient être de Kurt Weill, pas du tout, ce sont des compos crées pour l'occasion par un certain Dominic Muldowney (rien à avoir avec Mudhoney). Le texte de Remembering Marie A est magnifique.

Twilight › lundi 18 janvier 2016 - 00:19  message privé !
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Mon livre favori de l'Univers...Bowie qui s'y colle, ça n'a rien d'un hasard...

Note donnée au disque :