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Compilations - Labels › Digiseeds compiled by Ambientium

cd | 12 titres | 66:24 min

  • 1 The Circardian Clock (Sonmi451) [ 3:23]
  • 2 Morning Lit Rooms (Jani R) [ 3:39]
  • 3 Vertigo (State Azure) [ 8:25]
  • 4 Heartbeat (Ambientium) [ 6:36]
  • 5 Seven Years of Summer (One Arc Degree) [ 6:11]
  • 6 Melting (Mandrax) [ 6:32]
  • 7 Outside (Ocoeur) [ 4:40]
  • 8 Glia (Martin Nonstatic) [ 7:18]
  • 9 Human Disease (Cloower Wooma) [ 4:48]
  • 10 Lucid Dreams (Lars Leonhard) [ 5:37]
  • 11 Slowly Awake (Synapsia) [ 3:15]
  • 12 The Circadian Clock (Lazy Afternoon Remix) (Sonmi451) [ 5:56]

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://ultimae.bandcamp.com/album/digiseeds

chronique

Styles
ambient
dub
musique électronique
musique électronique atmosphérique
Styles personnels
dub ambiant, idm et psybient

Une pluie qui crépitent et des battements qui perdent leurs appétits dans les voiles des résonnances de carillons, "The Circardian Clock" nous plonge dans l'univers d'ambiances très électrostatiques de “Digiseeds”. Des accords d'un genre d'une six-cordes forgée dans la glace ruminent comme nos pensées derrière le carreau d'une fenêtre bariolée des coulisses de la dernière pluie. Ces carillons et cette guitare fantomatique tissent un panorama mélancolique qui servira de base à cette dernière compilation du label Ultimae Records qui cette fois est imaginée par le musicien expérimental Tchèque, Lubos Cvrk. Ou si vous préférez Ambientium. Très ambiosphérique et sculptée dans les inimaginables corridors de la musique d'ambiances psychédéliques, “Digiseeds” respecte ce pattern de MÉ minimaliste et très linéaire qui se pare d'éléments sonores tous très disparates. L'album suit cette courbe d'ambiances et d'émotions si caractéristique au label Lyonnais. Masterisé par Vincent Villuis, rien n'est laissé au hasard et la musique est aussi intuitive que l'imagination des oreilles qui l'acceptent. Tissé en une longue fresque sonique de 66 minutes, les 12 titres de “Digiseeds” s'enchainent en un long voyage sonique où l'esthétisme sonore est à portée d'oreilles. "Morning Lit Rooms" accueille ces arpèges saisies par la froideur. Leur air absent tinte et se perd peu à peu dans une tranquille horde de billes dont les cliquetis scintillent au travers un dense manteau d'ambiances où les fredonnements se transforment en soupirs de désespoir. Les ambiances atteignent un niveau d'intensité plus élevé avec "Vertigo". Une sinistre enveloppe de basse dépeint un monde sordide et une structure de rythme ambiant serpente un néant illuminé de mille feux soniques avec le squelette d'une couleuvre qui dévoile ses ions zigzaguant. Comme pour fuir une battue. Des voix ricaneuses percent ce brouillard de sons, alors que des particules de tonalités sont émiettés pour se faire avaler par des gigantesques cerceaux. Une autre figure de rythme ruisselle au travers ces spirographes qui tourbillonnent derrière des yeux camés, amassant des clapotis qui ondulent vivement en suspension. Très riche dans son décor de sons, "Vertigo" tranquillise sa passion derrière le lent rythme pulsatoire de "Heartbeat" et dont les battements, parfois insoumis, sculptent un lent tempo qui trouve sa source dans un hallucinant décor phonique. Si le cœur a un crescendo, c'est ici qu'il se situe car “Digiseeds” amasse sa tonne métrique de bruits numériques hétéroclites pour en faire de bons passages d'harmonies rythmées. De luxuriantes nappes de synthé enveloppent cette faune difficilement descriptible où la couleur des sons n'a d'égal que la richesse de notre imagination. C'est aussi lunaire que psychédélique et j'aime ce crescendo d'ambiances qui se déverse dans "Seven Years of Summer" où la Dub Music, nourrie de bruits parasitaires et de crotales, déjoue une structure de rythme moulée avec des ondes d'ombres et des lignes d'ambiances qui roucoulent au-dessus d'un tapage sonique jusque là inégalé dans “Digiseeds”. Et croyez-moi; ces bourdons envahissants, ces particules de sons, de bruits et de rythmes concassés règnent en maître absolu ici. Indécise, la structure de rythme va et vient. Se crashant sur des récifs de bruits, elle repart de plus belle dans une symbiose de bruits soniques où les ambiances peuvent atteindre des dimensions harmoniques insoupçonnées. "Melting" est le coup de pieu dans notre quête d'émotions. Un air sculpté sur les accords d'un clavier maléfique étend pourtant une splendide mélodie qui se compare à une ballade pour ceux qui affectionnent les nuits tourmentées d'Halloween. Malgré ce lien, trop étroit pour l'ignorer, les harmonies qui y dansent sont tellement fragiles sous les griffes de riffs geignards et ces cliquetis de billes diaboliques qui creusent son lit rythmique. Certes il y a des pulsations. Elles sont délicates et agrémentent un rythme d'une Électronica que Jerome Froese aurait bien pu écrire par un soir de mouron où il pense aux glorieuses années avec son père. Un très beau titre mes amis! "Outside" nous replonge dans ce genre de Dub noirci par une nuée d'ondes et de bruits parasitaires, certains sont même assez robotiques. On dirait un gros ours sonique en déshibernation. "Gia" est très conforme à ce que Martin NonStatic offrait dans son Granite. Après un début cahoteux, la structure de rythme bondit de plus en plus pour devenir littéralement entraînante. Les percussions, fragilisées dans une enveloppe de cliquetis métallique, sont très efficaces. De même que cette étrange ambiance des cavernes qui ornaient les perles de sons de Granite. "Human Disease" est un titre lourd d'ambiances métaphysiques qui frappe comme une masse d'air sonique surchargée de résidus de plomb. La ligne de basse est lourde. Elle palpite et martèle comme un cœur à l'agonie. Et cette délicate ligne stroboscopique qui déraille dans ce décor lourd dessine une arabesque mélodieuse qui se gave de ces voix abscondes qui errent dans une lourdeur ambiosphérique étouffante. "Lucid Dreams" offre une structure de rythme un peu plus convaincante avec un maillage de pulsations et de percussions aux tonalités basses qui palpitent dans un décor plus ou moins lunaire mais toujours très électrostatique. Et "Slowly Awake" se chamaille entre le rythme et l'aphasie des sens avec une faune sonore où rampent des billes émiettées, tintent des carillons sans vies, flânent des voix sans teintes et errent des bribes de mélodies égarées par un clavier pas très convaincant. Et le tout se fond dans un mix de "The Circardian Clock" qui se veut ici plus paresseux et qui conclut ce premier chapitre de rêveries électroniques de “Digiseeds”; une autre belle incursion dans l'univers d'une Électronica maquillée des saveurs de psybient unique au label Lyonnais.

note       Publiée le samedi 9 janvier 2016

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