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Abolhasan Saba › Collection of Iranian Music vol 10, 11

2cd | 9 titres

  • 1 Shur
  • 2 Gereyli
  • 3 Abuata
  • 4 Afshari
  • 5 Segah
  • 6 Chahargah
  • 7 Mahour
  • 8 Esfahan
  • 9 Nava

line up

Abolhassan Saba (setar)

remarques

Dans un boitier DVD tout moche

chronique

Styles
world music
Styles personnels
document d'histoire

Ostad Saba n'est pas n'importe qui. L'un des quatre ou cinq plus grands joueurs de sêtar du siècle dernier – avec Hormozi, Ebadi, Lotfi et Alizadeh (qu'on aime ou pas ce dernier il faut reconnaître qu'il est incroyablement brillant) – et dont l'instrument de prédilection était… le violon (parmis d'autres), qu'il considérait, outrage parmi les outrages, scandale absolu chez l'Iranien moyen, meilleur que le kamanche – imaginez un peu qu'on vous dise qu'un vin Chilien est supérieur à, au hasard, un Saint Estèphe ou un Margaux, et prenez votre pouls. Voilà l'effet d'un Saba en Iran. Il affole. Il était donc, comme la plupart des grands musiciens iraniens, également joueur de sêtar – cet instrument supposé simple, joué par tous mais assez peu joué bien – un instrument du « cœur » sauf chez les quatre ou cinq cités plus haut, dont il est zendegi. Parce qu'il était son instrument secondaire, et qu'il en maîtrisait un autre dit « occidental », Saba en a développé un style de jeu particulier (qu'on appelle très judicieusement le « style Saba »), virtuose, basé sur des mezrab (le jeu « main droite ») très complexes. Ses morceaux rythmiques sont assez hallucinant, permettant des variations d'improvisations basées sur la réinterprétation du radif sur un mode « enjoué ». Précisons tout de même que Saba fut l'élève du grand maître Mirza Abdollah (tenancier de la version la plus traditionnelle du radif et joueur exceptionnel de sêtar) et de Darvish Khan (lui plutôt dans le tar mais compositeur hors pair de petits morceaux rythmiques affolants). Plus jeune, il arborait une petite moustache centrale, au dessus de la lèvre supérieure, qu'il fut contraint d'abandonner pour les raisons que l'on sait. Ce double disque additionnait à l'époque de sa sortie la totalité des enregistrements existants de Saba jouant du sêtar – l'équivalent des « Complete Recordings » de Robert Johnson dans un pays ennemi - un témoignage historique, malheureusement desservi ici par une qualité sonore, pour la majorité des titres, tout simplement infecte – distorsion, souffle, une véritable agression. Depuis d'autres enregistrement ont émergés (chez Mahoor Institute, une valeur sûre – tu m'étonnes, c'est l'officielle), de meilleure qualité, mais à peine. Le musicien y trouvera quelque intérêt, l'auditeur moins – se tournant plutôt sur la réinterprétation du « style » Saba chez des Ghassemi ou des Jazayeri.

note       Publiée le samedi 2 janvier 2016

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