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Brückner & Betzler › Two

  • 2015 • SynGate CD-r MBTB01 • 1 CD

cd • 5 titres • 78:28 min

  • 1(Not) Too Late 12:14
  • 2Two Worlds (Inside one Mirror) 9:08
  • 3Gaia (A Suite in two Parts) 25:33
  • 4Monsoon (Too Soon) 11:08
  • 5(One) To the Flame of Hope 20:18

enregistrement

Composé par Michael Brückner entre 2013 et 2015

line up

Michael Brückner (Synthétiseurs et pragrammation) Tommy Betzler (Gongs, percussions & batterie électronique)

Musiciens additionnels : Sammy David (Guitare électrique sur (Not) Too Late et Gaia (A Suite in two Parts)) Fryderyk Jona (Clarinette, solo de Moog et synthétiseurs sur Two Worlds (Inside one Mirror) et (One) To the Flame of Hope)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://syngate.bandcamp.com/album/two

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
prog em et e-rock, tribal em

Michael Brückner est sans contredit une des figures montantes de la scène de MÉ Allemande qui se démarque le plus depuis que One Hundred Million Miles Under the Stars a atterri dans les bacs en 2012. Depuis il collecte des albums solos très intéressants et surtout des projets de collaborations qui éveillent l'appétit vorace de ceux qui espèrent toujours un peu plus de la musique . Composée entre 2013 et 2015, la musique de “Two” est son 3ième album en collaboration à paraitre depuis ce temps. Flanqué essentiellement de Tommy Betzler, qui a déjà joué avec Klaus Schulze et P'Cock, aux percussions électroniques, Michael Brückner s'est aussi adjoint les services de Sammy David à la guitare et de Fryderik Jona à la clarinette et au Moog. Synthés, percussions électroniques, guitare, clarinette et Moog! Ce cocktail sonique offre des perspectives très intéressantes qui se concrétiseront à mesure que l'on avance dans ce merveilleux album, dont la musique fut composée entre 2013 et 2014, où chaque minute est rodée au quart de tour, faisant de “Two” un album aussi fascinant, aussi séduisant que le superbe Sparrows, paru en début 2014.
"(Not) Too Late" attaque nos oreilles furieusement! Un coup de percussion est à l'origine de son explosion qui débute timidement avec une nuée de nappes suspendues qui frétillent sous les morsures des percussions que Tommy Betzler alimente avec des frappes éparses. Un effet de voix vocodeur articule un genre de décompte et lorsque cette voix étranglée annonce qu'il n'est pas trop tard; un effet de synthé interpelle nos oreilles avec un bref mugissement strident. Une ligne de basse s'excite sous des nappes vaporeuses. Elle oscille vivement alors que le synthé tente d'ajuster ses harmonies avec des torsades qui respirent les années psychédéliques. Le ton est donné lorsque Tommy Betzler assène ses premiers coups de percussions. Les riffs de Sammy David ne font aucun doute quand à l'orientation de "(Not) Too Late". C'est du rock électronique pur! Le rythme est entraînant. Galopant à vive allure, il est ensevelie par de très bons effets de synthé, genre pépiements électroniques qui sont la base harmonique de "(Not) Too Late", que Michael Brückner manipule avec doigté tout en multipliant des solos aux torsades créatives et en étendant ce nuage de brume mystique si cher aux mouvements électroniques. Le son est riche. Les percussions sont dans le ton et la guitare n'est pas trop intrusive, éparpillant riffs et surtout un juteux solo en 2ième partie, dans cette avalanche sonique riche en tons et en couleurs des sons. C'est l'équilibre parfait entre le rock électronique et ce bout de musique progressive déjantée qui plait tant aux amateurs d'Ozric Tentacles. C'est un très bon titre en 2015. Mes oreilles vibrent encore! "Two Worlds (Inside one Mirror)" propose un cadre plus relaxe avec une très belle mélodie arquée sur un mouvement pianoté à la Tubular Bells. Les brumes d'éther la chasse aux frontières des 2 minutes, entraînant nos oreilles dans un univers sonore où les whiish, woosh, bruits électroniques et bourdonnements accueillent les douces complaintes de Fryderik Jona à la clarinette. Audacieux, Michael Brückner nous tire dans un décor surréaliste où une voix shamanique, genre gutturale d'un chant Khöömei, remplace les charmes de Fryderik Jona alors que peu à peu "Two Worlds (Inside one Mirror)" propose une structure de rythme appuyée sur un mouvement circulaire minimaliste que Tommy Betzler restructure en bon down-tempo lunaire. Un tempo morphique qui est copieusement arrosé par un Michael Brückner et ses solos de synthé toujours très créatifs.
"Gaia (A Suite in two Parts)" est un titre ambiosphérique qui a trouvé ses origines au début de 2014 avec la pièce Ambient Percussion Sketch que l'on peut entendre sur la page Soundcloud du duo Brückner/ Betzler. La musique évolue dans un long canevas de 25 minutes où le rythme et le non-rythme sont divisés par de riches enveloppes ambiosphériques. Les résonnement d'un gong et des percussions tribales d'un genre Tibétain se veulent une approche clanique ambiante d'où s'échappent de beaux filaments de séquences ambiosoniques. La structure, notamment ces vents gutturaux, me fait penser énormément à du Steve Roach. Et ce rythme! Ambiant et savoureusement groovy, il obsède jusqu'à ce que des éléments d'ambiances l'avalent aux portes des 6 minutes. "Gaia (A Suite in two Parts)" devient alors comme un gros nuages d'atmosphères où des éléments de la nature et ses contrastes électroniques cohabitent dans un univers tissé dans la complexité, dans la créativité. Des larves de six-cordes, des lamentations stridentes d'un synthé qui renifle en boucles, des solos de guitares pleureurs, des tam-tam métalliques oubliés et des lourdes nappes de synthé très ésotériques tapissent ces ambiances où le rythme renaît aux alentours des 12 minutes. À ce point, "Gaia (A Suite in two Parts)" passera de Groove ambiant à un rythme tribal effréné avant de se repaître encore de ces ambiances qui sont toujours aux portes d'un univers en extinction. C'est un long parcours qui trouve ses charmes à mesure qu'on l'explore avec plus d'attention aux détails. L'introduction de "Monsoon (Too Soon)" va nous faire sursauter. Le titre est fort et l'approche est nettement plus tribale africaine avec de belles fragrances arabiques dans les vaporeuses lignes de synthé. Les séquences sont agiles et dansent à contre-courant des percussions qui sont nettement plus fortes et plus féroces ici, amenant même le titre vers un rock électronique aussi fougueux que "(Not) Too Late", nuances et subtilités dans l'approche en moins. "(One) To the Flame of Hope" est le joyau de “Two”! Les 5 premières minutes sont tissées dans une riche enveloppe d'ambiances avec le chant aigu d'un synthé qui vient vous chercher l'âme. Ses harmonies d'errant dominent un champs de drones qui ondulent comme des vagues soniques, faisant éclabousser des sparages de percussions et de cymbales d'où s'échappe un mouvement de séquences qui fait osciller ses ions dans des chants de clarinette. Les ambiances sont riches et truffées d'effets électroniques ainsi que d'effets cosmiques où les solos de synth chantent avec une clarinette qui se veut discrète devant la turbulence des percussions. Ce rythme échevelé perd sa fougue dans un dense panorama ambiant où la clarinette trône sur une nuage de drones. Et peu à peu, "(One) To the Flame of Hope" réoriente son approche ambiante vers une autre turbulence des rythmes qui croît constamment sous la menace des synthés et de leurs ombres soniques aussi riches que difformes, guidant l'auditeur vers une finale musclée. Une finale où les essences de la Berlin School embrassent un genre d'Électronica raffiné par un Groove qui est soudoyé par de bons effets électroniques et par un synthé toujours aussi dominant.
“Two” est pour deux, comme dans duo! Un duo qu'on peut entendre et voir sur You Tube et qui semble avoir beaucoup de ressources dans le réservoir des surprises, notamment cette délicieuse version de House in the Storm de P'Cock. Et il y aura une suite à ce premier album du duo Brückner/ Betzler. Dans un échange de courriels avec Michael Brückner, ce dernier m'a annoncé un probable album pour le printemps prochain et c'est tant mieux. Tant mieux parce que cet artiste respire la créativité et cette joie de faire quelque chose de différent à chaque projet. C'est un artiste rafraichissant qui ose et qui défie ses limites d'album en album. “Two” est l'aboutissement d'une réflexion où Michael Brückner a accepté de prêter sa musique à un percussionniste qui l'a tabassée et déchiquetée sans jamais qu'elle ne perde son identité. Le plus grand tour de force de “Two”!

note       Publiée le samedi 12 décembre 2015

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