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Kahimi Karie › Larme de crocodile

cd • 10 titres • 41:26 min

  • 1Alcohol05:52
  • 2Superfreak04:36
  • 3David Hamilton04:15
  • 4Electorophone02:36
  • 5Paris, Texas02:59
  • 6Lolitapop Dollhouse04:09
  • 7Tiny King Kong05:17
  • 8Cat From the Future05:14
  • 9私の人生、人生の夏04:46 [reprise de Pizzicato Five]
  • 10Les leçons de français01:42

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Kahimi Karie. Enregistré à Shibuya Tokyo Fun Studio, A, C; Acousti Studio, Rue de Seine, Paris; , Nantes et , Paris; Bazooka Studio,

line up

Kahimi Karie (chant, guitare), Coba (production, programmation), Momus (production, guitare, programmation, basse, choeurs), Yasuharu Konishi (production, programmation), Ken Shima (piano), Hajime Ariizumi (batteries), Osamu Kawakami (W basse), Eiji Narushima (percussions), Isao Kanayama (vibraphone), Yuuji Okiyama (E basse), Makoto Kawase (percussions), Toshio Araki (trompette), Takuo Yamamoto (saxophone, flute), Jesper Siberg (programmation), The Little Rabbits (Stephane L. (slide guitar), Gaëtan C. (basse), Eric P. (batterie)), Katerine (production), Anthony Ka (batterie, percussions), Simon Mary (contrebasse), Phillipe Eveno (guitares), Aiha Higurashi (guitare, synthétiseur, production), Nao Koyama (basse)

Musiciens additionnels : Laila France (chant 3)

remarques

chronique

Styles
pop
rock alternatif
electro
chanson
jazz
Styles personnels
shibuya-key à paris

Au sein de la scène Shibuya-key très portée sur la francophonie, Kahimi Karie fait parfaite figure d'égérie gainsbourienne. Mince, plate diraient certains peu élégants, une petite voix cassée à l'accent aléatoire et terriblement sexy, ou parfaitement horripilante diraient les mêmes, une nonchalance et une fausse candeur réminiscente de ces ex-fans des sixties. Expatriée à Paris, loin de l'agitation clinquante du district chic de Tokyo qui a donné son nom à ce mouvement foutraque et post-moderne dans les années quatre-vingt dix, elle sort d'abord une poignée d'EP en sachant toujours s'entourer de ce qui se fait de mieux dans la pop rétro et décalée de l'époque : Bertrand Burgalat, Katerine mais aussi et surtout l'écossais dandy et pervers Momus qui lui écrira une bonne partie de son répertoire des débuts et connaîtra ainsi un succès Japonais qu'il avait toujours fantasmé. Japon auquel Kahimi n'a pas renoncé, étant alors la compagne de Keigo Oyamada, aka Cornelius, le petit génie officiel de la scène. Mais pour ce premier album elle convie d'abord le grand Yasuharu Konishi, nul autre que Monsieur Pizzicato Five, qui lui concocte une instru comme lui seul sait, à l'élégance pop et jazzy, un écrin pour la voix susurrée de la belle, qui chante pour tout dire avec encore moins de souffle que Charlotte, pour rester dans la famille Gainsbourg. C'est là l'écueil à passer pour entrer dans l'univers délicieusement trouble de Kahimi Karie, passer outre une voix à la joliesse brisée, d'une presque absence qui pourrait agacer à la longue si elle n'était pas si porteuse d'une personnalité bien plus forte que l'idée qu'on peut s'en faire à première écoute. Car Kahimi n'est pas une bête égérie, elle pioche dans sa liste de collaborateurs, qui va compter dans les années suivantes des personnalités toutes aussi singulière que Otomo Yoshihide et Jim O'Rourke, pour mieux dessiner un univers très personnel. Encore plongé dans le Shibuya-key (style de Shibuya) de la grande époque, on y trouve donc ces délicieuses chansons jazz-pop, dont l'une est carrément une reprise de Pizzicato Five, les parrains du genre, dans une version plus nonchalante qui sied mieux à l'apparente fragilité de Karie, là où Maki Nomiya et son assurance classieuse déambulait sur des arrangements plus vifs. Toujours sur le versant Japonais, le duo noise rock féminin Seagull Screaming Kiss Her Kiss Her offre à Karie une étonnante et bourdonnante mélopée entre Paris et Texas, tout en suspension poussiéreuse comme un titre de Jesus & Mary Chain sous Tranxène. Et c'est donc à Paris qu'on retrouve un peu de douceur dans les bras de Katerine, en pleine période bossa et poétique, une très mignonne chanson d'amour triste et puis surtout de délicates "Leçons de français" où Karie, seule à la guitare, noue parties anatomiques de son amant (Katerine a toujours été friand de décrire les corps) et puis les "merde!" et "fais chier!" si délicieux dans les bouches accentuées de douces étrangères. Pour lier le tout, les morceaux écrits par Momus qui se régale à faire chanter à la jeune japonaise son amour des superfreaks tout tordus et une histoire de King Kong aux proportions inversées, femme géante et singe minuscule, mis en son par l'électro-accordéoniste Coba, vu également auprès de Björk ou Ringo Shiina au fil des ans. Electropop chiadée au détail près, avec une petite touche de rythmique drum & bass le temps d'un pont ou ces relents dub qui viennent accompagner l'instrument fétiche du producteur nippon. Et trois perles à la pure sauce Momus. "David Hamilton", la chanson la plus évidemment gainsbourienne écrite par l'écossais depuis "Song in Contravention" sur "Hippopotamomus", où Karie s'offre en modèle légèrement dubitative devant les méthodes du fameux photographe érotique amateur de jeunes filles, spécialiste des éclairage fumeux et des stores vénitiens, modèle d'écriture perverse et sarcastique que chantera la même année Laila France, l'autre égérie Parisienne de Momus. "Lollitapop Dollhouse", pop song parfaite de fille rock qui pète son coffre à jouet, interprétée également par Momus lui-même sur "Ping-Pong" mais qui trouve ici sa version ultime, portée par le très efficace groupe vendéen (et donc logiquement camarades de jeu de Katerine) The Little Rabbits et qui fera office de tube officiel pour Karie et la renommée japonaise de Nick Currie dans la foulée. "Cat From the Future", où l'histoire de la compagne d'un samouraï morte d'abandon et de chagrin, revenue faire coucou à son amour d'antan sous la forme d'un chat renvoyé dans le passé "through an electronic catflap", mélodie à la fois douce et mélancolique, portant la vision d'un futur froid et déshumanisé où seul le passé reste un territoire encore digne d'intérêt, où de félins fantômes saluent une ancienne humanité d'un coup de patte bienveillant, petit bijou d'écriture comme seul Nick Currie peut en tricoter. Pour faire connaissance avec la charmante mais un peu étrange Kahimi Karie, ceci est la meilleure adresse.

note       Publiée le samedi 5 décembre 2015

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Alfred le Pingouin › mercredi 23 décembre 2015 - 17:21  message privé !

C'est cool, je connais surtout l'album Montage, qui est sept ans après, et toujours avec Cornelius à la prod. Mais la touche Momus me parle carrément.

Jesuis › mardi 8 décembre 2015 - 18:40  message privé !

J'ai écouté un petit extrait et ça ressemble un peu a l'album irm de charlotte avec beck. On ne parle peut être pas du même gainsbourg