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Thou › Heathen

cd | 10 titres | 74:21 min

  • 1 Free Will [14:35]
  • 2 Dawn [01:18]
  • 3 Feral Faun [09:26]
  • 4 Into the Marshland [06:58]
  • 5 Clarity [00:45]
  • 6 At the Foot of Mt. Driskill [11:19]
  • 7 In Defiance of the Sages [05:32]
  • 8 Take off Your Skin and Dance in Your Bones [02:12]
  • 9 Immorality Dictates [10:30]
  • 10 Ode to Physical Pain [11:46]

enregistrement

Enregistré en janvier 2013 à Algiers, Louisiane.

line up

Bryan Funck (voix), Andy Gibbs (guitare), Matthew Thudium (guitare), Mitch Wells (basse), Josh Nee (batterie)

Musiciens additionnels : Emily Mcwilliams (voix), Derek Zimmer (voix)

remarques

Disponible également sous format double LP, cassette et fichiers téléchargeables. Toutes les éditions ont une illustration différente : celles affichées ici sont la version cd (Gilead, avec la photographie en noir et blanc) et celle téléchargeable (noire, avec la gravure).

chronique

Styles
hardcore
sludge
metal extrême
doom metal
rock
post rock
Styles personnels
dépression salvatrice

Je disais dans une autre chronique que Thou toutournait un peu en rond. Comme les imbéciles changent toujours d’avis, et bien soit : en fait leur propos après réécoute de leur dernier album est toujours aussi puissant, désolé monsieur rastignac. Ce qui touche : un talent à faire pleurer la rage… un truc comme ça… ces couches de guitares toutes bêtes et efficaces, ces textes qui feraient s’exclamer les gens responsables, du genre « oui mais quand même c’est un peu réducteur non ? », c’est un peu problématique de toujours tout voir en noir, faites un effort, il nous faut un peu de gnaque, faut savoir encaisser aussi les phénomènes, ils existent bien pour une raison, non ? Ben non, parce qu’on a de la chance, on a ici les héritiers d’une frange de la culture américaine restant critique face au monde qui bouge, le monde qui change maintenant mais seulement en apparence, comme un tourniquet, un manège (« hé, c’était un cheval, maintenant une soucoupe volante, tu vas pas me dire que c’est la même chose ? Que c’est juste un détail qui se cache derrière un autre ? Une image derrière une autre ? Allez, quand même, le progrès tout ça »). Ce disque est vraiment parmi les plus touchants que j’ai pu écouter dans leur discographie, la faute à leur besoin de faire chanter les guitares comme des sadcoreux (les interludes instrumentaux, les vapeurs sinistres de certaines intros épiques, les notes aiguës qui pleurent derrière le même chanteur plein de bave monotone, cette chanson sinistre dans "Immorality Dictates"), j’entends même un peu de Slint parfois dans cet Heathen, un peu plus de post-rock, moins de gros doom, plus de mise en émotions de la dialectique… faut dire que faire grandir sa musique sur des bases aussi dépressives que les albums ou splits déjà chroniqués sur vot’ bon site ne présume pas une évolution de carrière comme un empilement de compétences désignées à développer vos projets les plus radieux… Thou s’enfonce en fait, de plus en plus profond dans les entrailles de la misère, montre du doigt et déclame avec toujours plein de confiance, avec un peu plus de grain dans la voix, un peu plus de glaire, un peu plus de désespérance… et je n’ai donc pas perdu cette empathie envers leur discours, et leur musique de plus en plus éclatante, car en plus quand on lit les textes de Thou récités sur "Heathen" (ce qui veut dire péjorativement "non déterminé par une religion monothéiste" si je traduis bien le titre) on retrouve également ce bon sens imparable, qui fait que leur musique est plus que triste, pathétique, ou "doom" :  ils nous racontent qu’il faut arrêter de tergiverser, arrêter de déléguer toute notre substance vitale à des coquilles vides, arrêter de croire à quoi que ce soit d’externe, et juste agir en ayant conscience de n'être rien d'autre qu'un corps palpitant car c’est tout ce qui compte, respirer, tater ses veines, se caresser les cuisses et ressentir cette masse de sang, de viscères, de bouts de molécules et de bidoche se relever et se baisser, courir, chialer, hurler et rigoler comme un con. Et en plus, encore une fois, ils balancent toute leur musique et leur paroles gratos sur le web, avec le reste de leurs textes et de leur discographie. Bon Dieu, mais comment je vais faire pour détester ce groupe ? (note : 6 en devenir).

note       Publiée le vendredi 4 décembre 2015

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Rastignac › vendredi 4 décembre 2015 - 12:32  message privé !
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eh oui. Je laisse du temps passer quoi. Il ne m'a vraiment repris l'oreille que cette nuit, tout concordait, alors que j'avais eu beaucoup de mal à l'attaquer celui-là à sa sortie...

Note donnée au disque :       
saïmone › vendredi 4 décembre 2015 - 12:31  message privé !
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en devenir, seulement ?

Note donnée au disque :       
merci pour le fusil... › vendredi 4 décembre 2015 - 10:29  message privé !

On rentre dans le dur.