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Gribberiket › Knefall

cd • 5 titres • 43:47 min

  • 1Knefall16:01
  • 2Høst05:28
  • 3Steinene02:31
  • 4Reisen til nattens ende09:03
  • 5De bleke10:44

enregistrement

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line up

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remarques

Première édition cassette chez Recordsofthefleshgod. Réédition CD en 2015 chez Dark Seed Productions.

chronique

J’aime bien Tom Waits, toute sa carrière, du piano bar romantique et humoristique à son espèce de carnaval permanent qu’il entretient depuis swordfishtrombones : c’est cette dernière période qui me saute aux oreilles quand j’écoute ce groupe. Pourtant c’est du black metal. Mais pas que : c’est du black metal chanson désarticulée, un peu comme le fait Tom avec son jazz / rock / blues / opéra de quat’sous désarticulé. Premier point là dessus qui serait rébarbatif pour certains : la voix, un peu « screamo », vachement poussée aux limites, musicale par sa rythmique (si ça se dit), comme une espèce de scantion eructée. Un peu comme chez d’autres groupes norvégiens qui tiennent à mettre leur copain autiste au micro, celui-ci va mettre le paquet sur la voix, vraiment, une voix qui déclame, qui gueule, qui répète des trucs, qui râle, qui hurle, qui chante comme un fou en bouffant à moitié le micro. Deuxième point TomTom : ces guitares qui semblent maltraitées par un enfant de huit ans démoniaque, mais en fait comme chez Waits, c’est faussement bancal et « mal joué » mais épique et cafardeux et « ballade » en même temps… comment dire… imaginez-vous une araignée à qui on aurait pété une patte, elle marche en cahotant, pas en boitant vous voyez ? Elle ne marche que sur SEPT PATTES. C’est pas boiter ça, c’est aut’chose, c’est comme sur ce disque, une virtualisation de souffrances qui semblent bien humaines, assez incantatoire pour ne pas sombrer dans un ridicule geignard, discours porté par un ivrogne lacéré de coups de cutters chevauchant un truc pas humain à sept pattes, cf. les guitares tenues par un son cave sèche avec une entrée secrète qui amène à un temple sous-terrain avec des grandes salles avec des grands piliers se perdant dans la brume et les ténèbres tout là-haut… mais alors, là où ils vont se détacher des influences que j’entends sur cet album, c’est par la teinte black metal tout simplement… si on se pose encore la question de ce à quoi tient un genre comme celui-ci eh bien faut écouter ce groupe, même si c’est lent et qu’on se dit « c’est du doom c’est lent » car c’est surtout cette odeur de suicide propre à l’Europe du Nord qui transpire sous la pluie comme Sarah Lund sous son pull noir et blanc, avec ce qu’il faut comme petites pointes rock tragique mogwaiennes. Bon oui, Sarah Lund elle est danoise, donc euh… on va dire que ça ressemble à mon cousin norvégien qui transpire sous son pull en laine rouge et vert, mais toujours sous la pluie, pas dans la neige. Cela sent le chien mouillé quand il rentre chez lui, et qu’il n’arrive pas à se sécher, il souffre d’un début de mal de gorge et il déprime devant « les restes du monde ». Alors voilà, si vous voulez passer Noël tout seul, choisissez ce disque, et puis vous mettrez ensuite du Maurice Chevalier, puis du Darkthrone, puis un Tom Waits cafardeux et un Mogwai du genre « happy songs », ça tiendra à peu près quatre heures, avant de s’écrouler ivre en beuglant dans du yahourt norvégien que ce sapin sera toujours terriblement moche - pathétique, adulte, beau comme un phare qui tourne sans savoir pourquoi.

note       Publiée le mercredi 2 décembre 2015

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