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Dadalú › Gato Naranja/Perro Amarillo

i - gato naranja • 13 titres • 39:00 min

  • 1Vocal Work0:44
  • 2Flor2:29
  • 3Despojar3:10
  • 4Horas4:12
  • 5El Prototipo4:25
  • 6El Color Dorado2:04
  • 7Clorofilando2:21
  • 85 Sentidos4:09
  • 9Pensamientos2:25
  • 10Asunto de Damas3:19
  • 11Testeada4:00
  • 12Sangrando2:51
  • 13Tu Eres Tuya (Para Neve)2:51

ii - perro amarillo • 13 titres • 45:45 min

  • 1Ciego1:40
  • 2Ven Ven3:01
  • 3Tiempo Negro4:49
  • 4Ven En2:16
  • 5Todo En Todo3:44
  • 6El Fristail de Don Francisco (feat. MC Criolla)4:33
  • 7Basura Hermosura2:15
  • 8Basura Hermosura2:13
  • 9Conmigo2:07
  • 10Estoy Fuera3:28
  • 11El Reflejo3:36
  • 12Celofan5:29
  • 13Celofan Tocan Celofan5:33

extraits vidéo

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enregistrement

Morceaux enregistrés entre 2003 et 2014. Détail non renseigné.

line up

Dadalú (voix, musique)

Musiciens additionnels : MC Criolla (rap sur II-6), Celofan (sur II-12), Fakuta, Ignacio “Nawito” Morales…

remarques

Ces deux disques sont disponibles en téléchargement gratuit depuis le site du label Los Emes Del Oso, sur free music archive, ainsi que sur le site de l'artiste.

chronique

Illusion possible du net : puisqu’on y trouve toutes sortes de coordonnées, recoupements, informations, on croit facilement tout y comprendre, tout savoir en quelques liens. Mais c’est un grand nulle-part – un "entre-tout", surtout. Ce qu’on en ramène ne nous dit souvent pas grand-chose. Ce qu’on en reçoit, aussi – je veux dire : quand il s’agit d’œuvres, d’ouvrages mis là d’un point donné de la planète, à notre disposition – n’est pas expliqué, parfois. Pas décodé. J'entends, bien sûr… en dehors des grosses machines à plans marketing, viraux, pièges à clics. L’hystérique besoin de "buzzer" plus fort, toujours plus fort, par dessus les autres criailleries, l’écran de pub à côté, à deux sauts d’hypertexte. Buzzer… Ce mot, à force, finit par m’évoquer une alarme inutile qui vibre sans fin, en vient à irriter tellement qu’elle ne prévient plus de rien. Mais certes… User du net, ce peut être, aussi, une façon de trouver du monde ailleurs, de par le monde, justement – cette fois, en dehors de la course maladive à l’écoulement de produits, de la rentabilisation à tant de centimes d’euros la connexion sur tant ou tant... ou tant de cents de dollars, ou… vous m’aurez compris – yens, couronnes... de toute façon tout passe en un instant dans les convertisseurs. Faire autre chose, et que ça se sache ailleurs, autant qu’ici, à côté, devant. Qu’il s’en trouve d’autres, plus loin ou juste là, pour saisir et répondre… Je ne sais pas grand-chose de Dadalú. Qu’elle s’appelle Daniela, pour l’état civil, et qu’elle vit à Santiago du Chili. Quelques articles – en espagnol, toujours ou presque – nous disent qu’elle sort des disques en solo depuis 2009 ; qu’elle a été membre d'au moins deux groupes, avant ça : Celofan et Colectivo Etéreo ; qu’elle a été fan de Nirvana, comme d’autres jeunes aux Amériques, en Europe, sans doute pas seulement… Quelques morceaux d’un autre disque nous apprendront qu’elle s’est aussi nourrie de Brutal Truth et Sepultura. Sa musique, pourtant, est affaire de montages peu bruyants, assemblages aux modestes amplitudes – claviers, quelques effets, parfois une guitare sèche. Elle bricole des clips, aussi (souvent assez... hasardeux, il faut bien l'admettre), avec des amis. C’est un univers curieux. Elle emprunte au hip-hop plutôt qu’à ce métal grondant ou chaotique juste avant évoqué. Elle rappe, souvent, de fait. Comme une non-rappeuse assumée, mais – je crois – sans xième degrés, sûrement même sans ironie. J’ignore aussi ce qu’il en est du rap au Chili, en passant… S’il existe une scène locale importante, active… Les quelques groupes à quoi j’avais pu prêter l’oreille m’avaient semblés assez portés sur la copie des productions étasuniennes contemporaines – en son, production, image, flow. Versant plutôt lourd et agressif. Je me dis que Dadalú, avec ses pistes instrumentales toutes d’électronique pas chère, ses boucles qui saturent par moments comme si elles passaient, avant qu'elle y place sa sa voix, dans un dictaphone, doit sembler décalée, dans ce milieu-ci. Je crois que de n’importe où, sa musique sonnerait un peu étrange. Et puis aussi… Dotée de son charme propre. Assez piégeux, à vrai dire. Car assez vite, passée l’impression première que tout est là "bouts de ficelles", on s’aperçoit en fait que le détail est travaillé, chaque morceau fignolé dans sa modeste dimension de bout d’artisanat. Elle peut rapper – très simplement, en mots qui paraîtront peut-être naïfs, presque enfantins ; ou vous la feront prendre pour une sorte de hippie – sur les cinq sens, la promenade au dehors comme "antidote" aux foutaises télévisuelles, "ces trucs qui marchent et dont on est si loin"… Elle peut vous dégainer un truc complètement poignant, touchant – même sans tout comprendre, côté texte – qui s’appelle Ven Ven (Viens, viens), musique bizarre et brillante, trame apparente, assemblage magnifique et risqué, limite, d’accordéon, de guitare sèche jouée toute en dissonance, de boîte à rythme millésime… Peu importe, en fait, l’âge du matériel, du matériau – on dirait presque du Madvillain, cette courte chose comme enfumée, empoussiérée, mais séduisante. Elle peut enchainer sur une piste sans voix – sorte de jazz-funk atmosphérique sans budget, avec pourtant de magnifiques parties de cuivres, sur les synthés à trois balles – qui au lieu de tomber à plat va trouver cette zone de tristesse lumineuse, jour déclinant ou chaleur d’aube qui cherche encore tout juste à naître, en dépit des fatigues, des doutes. De fait… On entend sur ces deux "disques" – qui au vrai n’existent pas autrement que sous forme de fichiers numériques – l’artiste qui avance. La musique se préciser en même temps qu’elle ose, de plus en plus – d’une piste sur l’autre – des arrangements toujours plus étranges, une manière de plus en plus maîtrisée de faire avec "peu" – matériellement –, de plus en plus juste. Il semble – en fouillant un peu, on finit tout de même par débusquer quelques d’indices – que ces plages aient été enregistrées entre 2003 et 2014. C’est Oso El Roto – la tête curieuse, joueuse, type qui aime à les brouiller, je crois bien, les pistes… du netlabel bordelais Los Emes Del Oso – qui les a réunis, les a sortis du disque dur de son amie Daniela pour les rendre publics. Allez savoir, alors… Si cette impression d’entendre une progression, une affirmation qui cherche, se trouve à mesure, n’est pas encore le fruit d’un séquençage fait pourtant au hasard, ou délibérément trompeur… D’ailleurs… Il y a par exemple, vers la fin, ce morceau nommé Celofan – comme son ancien groupe, tiens… Et dont l’une des versions semble jouée par ledit ensemble. Il y a, entre deux pistes dont on se dit que "ah oui, ça se sophistique", de soudaines baisses de définition sonore, qui nous font douter de la chronologie… La suite de sa discographie sera plus lisible, à cet égard, "objets" (toujours immatériels) – formats courts ou albums, et chaque fois disponibles gratuitement sur son propre site ou ailleurs (Los Emes pour ces deux-là donc, free music archive…) – plus précisément datés. C’est par la bizarre somme ci-présente qu’elle m’a d’abord intrigué. J’y ai trouvé, j’y entends souvent quelques bijoux irréguliers, quelques bouts qui me parlent en face ou à l’oreille, me font sourire, me refilent leur drôle de mélancolie, me passent leur questions, éclairent un instant des inquiétudes profondes dites avec légèreté. J’aime de plus en plus Perro Amarillio, alors que j’avais d’abord préféré Gato Naranja (respectivement Chien jaune et Chat Orange, au fait). Je me suis étonné, un moment, de ne pas me lasser de ces drôles de chansons. Ça me va, maintenant, de me rendre compte que certaines pistes, sur ces vingt-cinq là, continuent de me plaire plus à chaque écoute, de révéler des détails, de vivre leur vie singulière. Certaines autres, certes, me sembleront sans doute toujours un peu trop ébauches, par contraste aussi avec les plus abouties... Trop adolescentes, même – elle-même l'était probablement encore, au moment de ses premiers essais, dont certaines de ces pistes sont sans doute. Et puis… Quelquefois s’en sont d’autres, qui soudain, alors que la fois d’avant je ne les avais guère entendus, m’apostrophent, m’abordent. Je crois que ça me plaît, aussi, de la trouver si changeante.

note       Publiée le mercredi 2 décembre 2015

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Note moyenne        3 votes

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Dioneo › mardi 8 décembre 2015 - 13:43  message privé !
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Oui, assez discret, le rythme "local" mais il y est parfois, c'est vrai... Et marrant, tiens, qu'on ait eu le même "changement d'animal" au cour des écoutes. Je crois que cette double-compile reste ce que je préfère d'elle, en passant, avec le Bajo EP... J'en reparlerai bientôt, de toute.

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Klarinetthor › mardi 8 décembre 2015 - 13:19  message privé !

laid back, le chant decomplexé. Comme dire tout ca en espagnol... Je rajouterai Cumbia pour le rythme latino-americain caracteristique present sur quelques pistes. emmeme si je suis plus chat que chien, je dois dire que Perro a bien remplacé Gato que je faisais tourner cet été.

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(N°6) › mercredi 2 décembre 2015 - 17:54  message privé !
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Ben y aurait du, si j'étais pas une aussi grosse feignasse…

Dioneo › mercredi 2 décembre 2015 - 17:48  message privé !
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De mon côté je ne me suis toujours pas plongé intensivement dans leur discographie duo, d'ailleurs... Je devrais. (Et - je dis ça sans message en sous-couche - j'étais persuadé qu'il y avait au moins une chro de ces nanas sur le site... En fait non).

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(N°6) › mercredi 2 décembre 2015 - 17:25  message privé !
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Un peu oui. Mais à ce point je suis toujours plus familier avec Cibo Matto (d'ailleurs y a des trucs qui pourrait y faire penser, version lo-fi).