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Urfaust › Apparitions

cd | 4 titres | 43:41 min

  • 1 The End of Genetic Circles [06:56]
  • 2 Apparitions [06:28]
  • 3 The Healer [07:29]
  • 4 The River [22:48]

enregistrement

Enregistré en une nuit par Urfaust et Herr Deportator au Kindertranen Studio.

line up

VRDRBR (batterie, basse, bruit), IX (guitare, voix).

remarques

Disponible également en vinyle et téléchargement sur le bandcamp du groupe.

chronique

Musique du matin, j’veux bien. Urfaust le matin, c’est chagrin et c’est l’espoir de se lever du bon mauvais pied gaucher contrarié. Ici, quelques années plus tard, en 2015 pour être précis, le duo néerlandais nous sort un joli quatre pièces, enfin un triangle de meringues + un gros kouglof. Le propos est introduit par un morceau à la Eno, mais avec des pellicules de dragon tombées dessus comme neige ou de la cire de bougie, ou bien encore du cuir malodorant… s’ensuit du chant qui me fait penser à certains répertoires folk d’ici et d’ailleurs, mais avec choeurs, et percussions pour faire marcher, l’oeil rivé sur l’intérieur ou vers ce qu’on peut se dire, pas de paroles, donc on imagine ce qu’on veut, le lointain, le bout du nez, ça enchaine sur du luth, et ça j’aime bien, étant comme le dit la phrase précédente assez inspiré par les « tops » de chaque pays du monde, chemin de connaissance qui peut être assez rébarbatif, par exemple j’ai initié mon voyage par les pays dont le nom commence par la lettre A et j'ai suivi la séquence, il reste plein d’autres lettres après - il semble à l’écoute que nos Urfaust ont au moins consulté une dizaine de lettres donc je dis « chapeau » (d’ermite). Alors si vous ne connaissez pas le groupe et que vous avez lu les autres chroniques ici, vous devez vous gratter la tête en vous disant « mais il parle d’un autre truc là non ? Ca doit être le Urfaust japonais ». Non, non, c’est toujours les mêmes, d’ailleurs ils ont commencé à faire de l’ambient dès leur toute première démo « Urväterlicher Sagen », c’est après qu’ils ont balancé ce black metal rongé des os dont vous lirez la description sur la colonne de droite là. Ici retour à de l’ambient 90%, une forme de musique toute en atmosphère, sombre bien sûr, « rituelle » car racontant une histoire occulte que chacun peut remettre à sa sauce comme je disais, et ça, désolé Monsieur Bernard Minet, tout le monde ne sait pas forcément le faire proprement comme le produit Urfaust sur « Apparitions », c’est toute une balade, comme si on descendait du haut de la montagne jusqu’à la grande brisure de la terre en chantonnant. Garde à toi Peter Jackson ! Fais gaffe George Lucas ! Les vrais semeurs d’imaginaire te regardent en gloussant, avec tes gros effets patauds, tes gros processeurs et tes gros acteurs, ici on ne rigole pas, d’ailleurs on invoque Goethe donc la lignée, tout ça hein ! Attention ! Les guitares de le metal arriveront plus tard pour nous servir quelque chose lorgnant vers le doom rituel, rituel encore par le rythme, on tape mentalement les temps, et on se laisse ensorceler par cette voix d’une belle tessiture - encore une fois un bon point, parce que les vocalises hantées non hurlées dans le black metal peuvent parfois, comment dirais-je… casser un verre ? Irriter moi ? Non, la voix de IX est pile poil comme il faut, avec encore très peu de paroles, avec des syllabes particulièrement étirées et trémolées (de Trémolo, le démon protecteur du black metal), ponctuées de quelques cris d’orcs, enfin, un chanteur de qualité vous avez, et c’est pas tous les jours comme ça, pour résumer. Le plus gros est évidemment pour la fin, avec « The River » (me rappelle une autre conclusion épique tiens) : là c’est Penderecki qui resterait au point de patinage, vombrissant pour démarrer la côte mais « jamais il ne put y arriver ». Soufre à tous les étages, un peu comme cet épisode des chevaliers du Zodiaque (ou de l'Enfer de Dante, selon) où le Cygne je crois se retrouve perdu en enfer à patienter, ticket pour "la grande cessation" dans la main, attendant sagement son tour dans la file du reste des âmes retombant dans le fond d’un puits qu’on imagine… qu’on n’imagine pas. Et alors là, c’est parti mon kiki, une bonne préparation agrémentera tout cela, faites vous donc un peu peur, laissez la fatigue ou la picole parler (l’insert dans l’album préconise le Gordon’s Dry Gin… mais bon). Laissez vos sens et votre machine analytique envahir la pièce, l’ordinateur commence à flageoler, le sol devient tout mou, vous ne vous souvenez donc plus de rien, ça crie derrière, il y a comme du vent qui s’incarne un peu, il n’y a surtout plus que le fil de la musique à suivre, et vous suivez hein, vous laissez aller, vous faites le mort, et vous vous laissez emporter par les flots, quelle que soit la destination. Grand Album de grands Alberts, histoire pour adultes avertis, cet « Apparitions » mérite donc bien son nom car tout le propos ici se résume en l’invocation et la concrétisation de ce que votre vie veut bien vous laisser échapper de ce troisième œil ou chakra du dernier étage ou quoi que ce soit le nom de ce bouzin. Beau. Prenant. « Addictif » comme disent les pubs pour les séries télé (mais pas pour les alcools forts. Ni pour la clope d’ailleurs). Idéal pour les fêtes de fins d’année à venir (et toutes les autres). Seul bien sûr.

note       Publiée le dimanche 22 novembre 2015

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Demonaz Vikernes › mercredi 25 novembre 2015 - 14:43  message privé !

J'adore l'ouverture Aguirrienne, j'aime l'interlude qui suit, j'adore The Healer, mais le ruisseau final, sans moi. C'est 20 minutes trop long. Un petit loupé en comparaison de l'excellent dernier album.

Note donnée au disque :       
born to gulo › dimanche 22 novembre 2015 - 08:15  message privé !

Grand disque.

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