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Ron Boots › Awakening At Booth's Palace

cd | 4 titres | 67:18 min

  • 1 Morphology [ 11:25]
  • 2 At the Booth Palace [ 28:39]
  • 3 DGF [ 16:29]
  • 4 Sometimes it Works [ 10:45]

enregistrement

Performé et enregistré (il y a aussi une vidéo sur You Tube) au festival The Awakenings en Septembre 2014

line up

Ron Boots et Eric Van Der Heijden (Claviers, synthé, séquences et effets) Harold van der Heijden (Batteries et Percussions) Frank Dorittke (Guitares)

Musiciens additionnels : Martin Peters, Rene de Bakker et René Splinter (Claviers et synthés dans Sometimes it Works)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album en visitant le lien suivant: http://www.groove.nl/cd/g/gr-215.html

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
rock progressif Électronique

Ron Boots est un personnage central dans l'univers de la MÉ contemporaine. Celui que l'on peut aisément comparer à des grands noms tel que Klaus Schulze et Edgar Froese a ouvert les barrières de la MÉ dans sa Hollande natale en mettant sur pied un prestigieux label, qui aligne constamment des œuvres et des artistes de haute qualité, et en organisant les maintenant incontournables festivals de MÉ; les E-Day et E-Live, deux évènements qui soulignent le printemps comme l'automne une des saisons préférées de Ron Boots. Parallèlement il participe à d'autres festivals, amenant avec lui les fraîches brises soniques de la Netherlands School. C'est ainsi qu'il se retrouvait au fameux festival The Awakenings à Burton on Trent en Angleterre le 13 Septembre 2014. Une soirée spéciale qui mettait en vedette quelques grands noms de la MÉ Hollandaise dont la route fut laborieusement défrichée par Ron Boots. Flanqué de Eric Van Der Heijden aux claviers, Frank Dorittke aux guitares et de Harold Van Der Heijden superbe à la batterie, Ron Boots offrait des extraits de Standing in the Rain dans une version musicale qui incluait la magie de MorPheuSz, notamment des éléments du très bon Tantalizing Thoughts at the Dawn of Dreams. Le encore, "Sometimes it Works", regroupait tous les artistes Hollandais présents à cette soirée soit MorPheuSz, Beyond Berlin, Rene de Bakker et Rene Splinter dans un moment de pure magie avec une splendide pièce minimaliste de style Berlin School. Offert dans une édition limitée, et possiblement en format téléchargement, “Awakening At Booth's Palace” est le témoin auditif de cet évènement pour le moins spécial. Des voix indistinctes derrière un microphone, des ondes de synthé tordues par la mélancolie et des bruits métalliques qui tintent derrière un large banc de fumée grésillante, l'introduction de "Morphology" secoue ces ambiances pour fusionner tous ces éléments en des cerceaux de métal qui entrechoquent leurs heurts dans une figure de rythme aussi charmante qu'abstraite. Des riffs de claviers flottants s'extirpent des brumes alors que la guitare de Frank Dorittke se réveille tout doucement pour prendre les commandes harmoniques d'une structure de rythme vive et spasmodique. La six-cordes de F.D. galope sur le rythme de "Morphology" , appuyé par un bon jeu de batterie et des airs de synthé aux mélodies flûtées. Des effets de synthé ajoutent une touche de psychédélisme avec des boucles qui roulent sur une structure dont l'anarchie n'aura jamais été aussi mélodique. "Morphology" devient un bon rock électronique avec une bonne batterie et de bons solos de guitares alors que Ron Boots et Eric Van Der Heijden assurent la partie électronique avec de bons effets et un jeu sobre des séquences. Entre les approches mélancoliques et mélodieuses de Standing in the Rain et les parcours de rock électronique progressif de MorPheuSz, dont les brises de Tantalizing Thoughts at the Dawn of Dreams flottent tout autour, “Awakening At Booth's Palace” est un album à la hauteur de From the Forgotten Rooms of a Lonely House; un album hybride où Ron Boots et MorPheuSz se partageait les 60 minutes de musique. Sauf qu'ici les quatre artistes sont ensemble en tout temps. La pièce-titre exploite à fond ses 29 minutes pour développer une introduction embuée de brouillard nébuleux qui est percé par un dandinant mouvement de séquences. La guitare fait flotter des accords qui se mélangent aux pulsations sombres alors qu'un synthé fait couler un ruisseau suspendu et qu'un autre libère des harmonies sifflotées. Peu à peu "At the Booth Palace" alourdit ses ambiances avec une ligne de basse séquences grimpante et un synthé qui plastifie une muraille sonique tressée d'ondes et de bruines. Lent et lourd, c'est assez entraînant. On ondule du cou. C'est plus électronique avec des synthés très présents qui créent des ambiances chaleureuses sur un rythme où les basses séquences galopent légèrement sur un sobre jeu de percussions. La musique devient plus silencieuse vers la 13ième minute où les effets de ruisseau demeurent et qu'une chant de flûte émerveille nos oreilles plus attentives. Frank Dorittke assaisonne ce moment de sérénité où des fragrances des années 70 (Stratosfear en tête) embaument nos sens. Et tranquillement "At the Booth Palace" se réveille pour atteindre une finale qui permutera son rythme lourd pour des ambiances de blues ambiant et cosmique, nourries de bons solos, et de guitare et de synthé. Après une lente introduction très électronique, "DGF" propose un rythme assez entraînant qui est sculpté par de lentes ondulations circulaires. La structure atteint un mur d'ambiances en mi-parcours, où les ombres de la structure initiale rôdent toujours, avant de reprendre son envol avec une structure plus soutenue. Il y a des parfums de Pink Floyd ici, et ça sent l'improvisation à plein nez. Mais pas tant que sur "Sometimes it Works" où Beyond Berlin, Rene de Bakker et Rene Splinter se joignent à MorPheuSz pour un encore qui englobe tous les parfums de la MÉ des années analogues et la robustesse des rocks progressifs électroniques du quatuor Hollandais. L'introduction est très belle avec des lignes de synthés parfumées des trompettes de Jéricho qui s'époumonent sur un magnétique down-tempo. Les invités ajoutent leurs touches sur ce rythme lent qui se fait mordre et se fait pousser par la guitare de F.D. Project vers des cimes galopantes, une structure de rythme qui revient constamment dans cet album. Je ne sais pas s'il reste des copies au moment d'écrire ces lignes. “Awakening At Booth's Palace” a été imprimé en format assez limité. S'il en reste, je suggère aux fans de MÉ du genre progressif, en fait ceux qui affectionne Porcupine Tree et Ozric tentacles, de sauter sur cette occasion car je suis convaincu que les fans de MorPheuSz ont sauté à pieds joints sur cet album assez créatif pour une soirée où la musique de Ron Boots se fondait à celle de MorPheuSz, et vice-versa. C'est du bon rock électronique progressif!

note       Publiée le samedi 21 novembre 2015

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