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Alba Ecstasy › Before the Big Bang

cd • 6 titres • 58:17 min

  • 1The Pursuit (Intro) 5:10
  • 2Remonstrance 7:16
  • 3Before the Big Bang 11:20
  • 4Voice of Consciousness 10:10
  • 5Retrospective (Outro) 6:19
  • 6One Arcsecond (Bonus Track) 18:00

line up

Mihail Adrian Simion (Synthés analogues et numériques, hardwares, séquenceur et effets électronique)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://albaecstasy.bandcamp.com/album/before-the-big-bang

chronique

Styles
ambient
musique électronique
Styles personnels
École d'indra

D'après ce que je peux voir sur son site web, Alba Ecstasy est tout un phénomène de productivité. Moi qui pensait que Steve Roach était plus que très prolifique, c'est rien comparé à ce synthésiste de Roumanie qui est avant tout un concepteur de sons, comme en témoignent ses multiples préréglages pour des marques de synthétiseurs aussi célèbres que Korg, Alesis, Virus, Roland et Waldorf pour ne nommer que ceux là. Avec un tel pédigrée il faut s'attendre à une exploration sonore riche en tons et couleurs. Et c'est exactement le cas, à tout le moins ici! Il a acquit son premier synthétiseur en 1996 et a roulé sa bosse dans divers projets avant de commencer à produire ses œuvres solos qui se dénombrent à un total de 56 albums, plus ou moins, depuis 1999. Rien qu'en 2015, c'est l'impressionnant total de 16 albums, le dernier étant daté du 27 Octobre, qui est apparu sur sa page de téléchargement Bandcamp. En 2014? Ce fut 13 albums!? Vous me connaissez? J'affiche un très grand scepticisme devant une telle production, une telle créativité qui se mesure à une industrie produisant à la chaine. Par contre j'ai un ami qui n'a que de très bons commentaires en égard de la musique de Mihail Adrian Simion, l'homme derrière Alba Ecstasy, qui embrasse la très grande majorité des genres de la MÉ, le Berlin School et l'ambiant en tête de liste. “Before the Big Bang” est le 14ième album de l'année 2015 du synthésiste Roumain. C'est aussi la première fois que mes oreilles trempent dans son univers et je dois admettre que j'y ai trouvé des éléments de séduction, dont ce très beau titre en prime. Mais ce qui retient encore plus l'attention est cet imperceptible sensation d'entendre une nouvelle école de MÉ, la Ruman School, tant les influences d'Indra, qui a développé au fil des ans une approche très stylisée et personnalisée dans le domaine de la MÉ, sont omniprésentes dans cet album qui est une fascinante fusion entre le Berlin School et la World Music sur un fond d'Électronica assez méditatif.
Une enveloppante nappe de synthé subdivise ses parfums de flûtes et de nébulosité qui s'entrelacent sur un lit de percussions manuelles, genres tribales électroniques, assez animées. Des séquences s'invitent à cette danse astrale, de même que des percussions qui cette fois assomment les délicates ambiances introductives afin de nuancer l'approche éthérée en un genre d'Électronica sommeillant sous ces délicates nappes qui insufflaient les premières secondes de "The Pursuit (Intro)". D'autres séquences caquètent en arrière-fond, traçant déjà ce fabuleux parallèle entre la musique de “Before the Big Bang” et celle d'Indra où les filets de rythmes entremêlent la délicatesse et la fébrilité des ions sauteurs aux sourdes pulsations des grosses caisses (bass-drums). La nervosité du rythme et les nuances dans ses harmonies se perdent dans la voix gutturale d'un chant Khöömei. Un additif tribal Mongolien qui reviendra ici et là, au travers des cinq chapitres de “Before the Big Bang”. Des larmes de synthé gémissent en ouverture de "Remonstrance". Des effets de percussions de métal feutrée voltigent tout autour, tentant de séduire ces nappes qui cèdent leur sérénité pour une structure de rythme noué de saccades pulsatrices et de roucoulades harmoniques. L'ossature rythmique de “Before the Big Bang” prépare doucement son invasion avec des élytres métallisées, des percussions tambourinées sourdement et des séquences mélodieuses qui unissent leur diversité en boucles séquencées qui roulent avec de fines variations dans un parcours minimaliste orné de tintements spirituels et de ces voix rauques qui harmonisent ces étranges chants Khöömei. Peu à peu, "Remonstrance" dérive vers le vide astral avec des chants de flûtes affolés et ces chants qui donnent une profondeur Tibétaine à une musique que l'on sent de plus en plus théologique. Pourtant l'approche cosmique est très présente, comme avec la pièce-titre et de son rythme délicat qui est structuré sur de délicats mouvements de séquences qui donnent l'impression de gravir le Mont Imaginaire. Le mouvement ambiant est assez hypnotique et des éléments sonores, très attirants à l'ouïe, ornent cette fascinante (j'aime bien ces étranges nappes de synthé qui sonnent comme des soupirs d'orgue) procession où grondent de plus en plus de lourds souffles menaçants. J'entends du Schulze ici! Nous restons dans le domaine du très ambiant avec la longue introduction de "Voice of Consciousness" où un genre de kermesse spirituelle Tibétaine perd son mantra méditatif dans une structure de rythme nouée, à plus ou moins près, dans ces boucles spasmodiques de "The Pursuit (Intro)". Structure que l'on retrouve, mais dans une enveloppe nettement plus vive, dans "Retrospective (Outro)". Résolument le titre le plus animé, et le meilleur à mes oreilles, de “Before the Big Bang” où les grouillantes palpitations séquencées sont ornées de superbes et attirantes tonalités organiques. Un très bon titre qui est très près des rythmes Tantrique d'Indra. Titre en prime, "One Arcsecond" détonne carrément du paysage sonique tout de même assez méditatif de “Before the Big Bang”. Nous sommes dans la plus pure tradition Klaus Schulze, période New Berlin School, avec une structure de rythme minimaliste vive et nerveuse où la paranoïa semble guetter le dernier coup de la dernière séquence et/ou percussion. Ça donne l'illusion d'un rythme courant continuellement après son souffle. Un rythme gavée de multiples tonalités, tous assez hétéroclites (genre Indra), qui tintent, résonnent et tombent avec des nuances dans les tons et les couleurs, déjouant ainsi les trop nombreux pièges d'une possible redondance qui fait souvent le défaut de ces longues structures minimalistes.
J'ai bien aimé ce premier contact avec la musique d'Alba Ecstasy. Bien que la fusion des chants Mongols à des structures qui marinent entre le New Berlin School et la Ruman School (les fans d'Indra seront de quoi je parle) ne soit pas vraiment ma tasse de thé, j'ai découvert un univers qui respire pas mal l'originalité pour un artiste qui semble avoir trouvé une niche dans un créneau où la prolifération porte souvent le fardeau de l'usure. Un fait que je n'ai pas remarqué ici. Bien au contraire! Il y a toute une richesse, tant dans les ambiances que dans les tonalités et les effets, qui m'invite à en savoir un peu plus sur ce prolifique compositeur de MÉ Roumaine.

note       Publiée le samedi 14 novembre 2015

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