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Andreas Meyer › Elektronische Erinnerungen

cd • 4 titres • 57:30 min

  • 1Traum 9:56
  • 2Die Reise 19:12
  • 3Ruhe 16:24
  • 4Erinnerungen 11:56

line up

Andreas Meyer (Synthés analogues et numériques, hardwares, séquenceur et effets électronique)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://kontinuumproductions.bandcamp.com/album/elektronische-erinnerungen

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school, École de schulze

Ça pris du temps! Mais une fois que j'ai accroché, j'ai accroché. Andreas Meyer est un nouveau nom qui m'a été soufflé dans l'oreille par mon ami Pierre (Alluste). Au tout début j'avais les oreilles un peu frileuse. Le style était peu coutumier et ces séquences qui papillonnent dans des ombrages un peu floues me laissait mi-figue mi-raisin. Après 2-3 écoutes, j'ai même failli abandonner. Accroché au dernier livre de Maxime Chatham, "Ruhe" m'a tombé dans les oreilles avec son noyau de charmes. Et là je me suis mis à écouter et finalement entendre toutes les subtilités et nuances, notamment au niveau des variantes dans les séquences, qui font des longues structures minimalistes évolutives du tout premier album d'Andreas Meyer un oasis de charmes tonals où les deux pôles du mouvement de la Berlin School se rencontrent en un solide album plein d'éléments séducteurs.
Les mémoires électroniques sont aussi ces premières secondes où l'on mettait un vinyle sur notre table tournante et où le silence était maquillé de fritures. C'est de cette façon qu' Andreas Meyer nous invite à plonger dans l'univers de “Elektronische Erinnerungen”. Ici tout est délicat et les mouvements évoluent avec un bon dosage de subtilités. Une ligne de séquences s'extirpe des bruits blancs pour faire sautiller ses ions paisiblement dans des nuages morphiques. "Traum" établit sa structure minimaliste qui sert d'assise à un beau duel électronique où les souffles de voix éthérées et des brises de synthé, certaines morcelées en délicats solos rêveurs, flottent sur les fines nuances de son rythme ambiant. Des tonalités connexes, que l'on peut associer à des gouttes de prisme gelées dans le néant, éclatent ici et là, pétillant dans un univers ambiant qui est légèrement perturbé par des nappes de synthé aux ailes plus enveloppantes. L'influence de Klaus Schulze est très palpable dans les mouvances de ces nappes qui peu à peu restructurent la passivité de "Traum" en un genre de transe cérébral où les séquences, et leurs déguisements tonals, alimentent un duel de percussions biscornues avec ces prismes qui tintent comme un concert d'étoiles entre nos oreilles. C'est un long mouvement insistant qui mange les trois dernières minutes de "Traum" et dont les ombrages partageront les effets rythmiques de la prochaine pièce. Des particules de séquences, déguisées en chants d'oiseaux, rayonnent autour des sombres ombres torsadées qui nourrit l'introduction de "Die Reise". Là aussi, une horde de séquences aux tonalités aussi permissives que notre imagination se chamaillent une structure de rythme ambiant qui fini par échapper une ligne solitaire qui se bat avec ses ombres résonnantes. Le mouvement reste ambiant avec un défilé de séquences qui sautille dans de fines oscillations saccadées, comme un long filet stroboscopique, sous l'égide de lignes de synthé gonflées de suspense. Le dandinement est hypnotique. Donc on oublie quelque peu cette onde de séquences qui s'abat pour papillonner et pépier sous les chants organiques et les solos cosmiques des synthés. C'est comme une brève tempête dans l'œil d'un ouragan statique. Sauf que le jeu des séquences et les claquements de prisme gelé ajoutent un brin de charme à cet étrange ballet sans chorégraphie. De longs drones emplis de brumes instaurent un climat ambiant sombre vers la 10ième minute, rétablissant ce lien entre les deux structures de rythmes qui différencie l'évolution de "Die Reise". Ici, le rythme est plus vivant. Il est plus électronique avec de bonnes percussions séquencées et des lignes de séquences qui valsent comme un oiseau de proie scrutant les décors des déserts Américains au travers les charmes de bons solos de synthé. C'est une solide 2ième partie!
Selon mes goûts, "Ruhe" est le plus beau titre de “Elektronische Erinnerungen”. Des solos sifflent autour des nappes réverbérantes de son intro. Des pulsations espacées signent une approche de rythme qui sort de sa tanière, avec des pas résonnants de menace, un peu après la deuxième minute. L'approche est circulaire et ce long squelette bruissant se cache entre nos oreilles, créant un fascinant mouvement de va et vient. Des pulsations et des murmures de drones comblent le vide entre les défilements de ce squelette rythmique, de même que des solos qui roucoulent avec des chants parfumés d'essences ovipares. Des solos qui s'isolent et font des cabrioles sur des battements de percussions, guidant la seconde portion de "Ruhe" vers une superbe structure de rythme électronique aussi mélodie que les odes cosmiques de Software. Un solide moment de charmes mes amis! "Erinnerungen" offre une introduction très funéraire avec des accords sombres et des lignes de synthé pleureuses qui farcissent une marche funèbre. Les lignes de synthé y rayonnent de leurs nappes ondoyantes qui valsent dans des couleurs sibyllines, alors que des pulsations vives, de même que leurs ombres, sortent "Erinnerungen" de son coma mélancolique. D'ambiant sombre, "Erinnerungen" se transforme en un genre de techno militaire où chaque éclat de pulsations réveillent des tonalités électroniques cosmiques. Ça me fait penser à du Moonbooter. Mais comme chaque chose se déplace surement dans “Elektronische Erinnerungen”, d'autres séquences, plus musicales et certaines même très ingénieuses, picorent ce techno minimaliste où tournoient toujours ces serpentins allégoriques, et ses woosh et ses wiish, propres à un univers sonique qui ne fait aucun compromis quand à son identité.
Jouant sur nos réminiscences d'un univers colonisé par Klaus Schulze, “Elektronische Erinnerungen” est une belle surprise qui mérite le temps d'être découverte. Andreas Meyer, guidé par Alba Ecstasy, étonne par ce noyau de séquences aux tonalités très diversifiées qui structurent des rythmes en constant mouvements. Les synthés me font penser énormément à l'univers de Software en décorant les ambiances d'une approche très cosmique, unissant à merveille les deux ponts d'un univers qui semble toujours avoir quelque chose de radieux à offrir.

note       Publiée le samedi 14 novembre 2015

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