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Slayer › Repentless

cd | 12 titres | 41:58 min

  • 1 Delusions of Saviour [01:55]
  • 2 Repentless [03:20]
  • 3 Take Control [03:14]
  • 4 Vices [03:32]
  • 5 Cast the First Stone [03:43]
  • 6 When the Stillness Comes [04:21]
  • 7 Chasing Death [03:45]
  • 8 Implode [03:49]
  • 9 Piano Wire [02:49]
  • 10 Atrocity Vendor [02:55]
  • 11 You Against You [04:21]
  • 12 Pride in Prejudice [04:14]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit et mixé par Terry Date au Henson Studios, Los Angeles, Californie. Masterisé par Howie Weinberg au Howie Weinberg Mastering, Los Angeles, Californie.

line up

Tom Araya (basse, voix), Paul Bostaph (batterie), Gary Holt (guitare), Kerry King (guitare)

chronique

Slayer, c’est tellement d’images, d’angoisses, de foutre riffique, d’insanité faite musique, de bourrinage en concerts, de sang, de baston et de coups de coudes dans le pit, c’est tellement la solitude à écouter et tenter de reproduire les solos des deux plus gros gorets du thrash metal, le blond et le brun / le gros viking amateur d’histoires glauques et le petit tatoué, avec le dingo headbangueur au mikrobäss, un batteur d’exception derrière, c’est tellement une vignette d’Epinal insérée dans ma tête que lorsque la mort d’Hanneman parvint à mes oreilles pendant un festoche de doom (sic) je me suis pris un bon coup de vieux car je me rendis compte que même Slayer vieillit et meurt… Bon, ça faisait déjà un bail que j’avais lâché l’affaire de leurs sorties qui me faisait un effet flan après leur album de reprises punk-hardcore. Depuis Diabolus in Musica, tout me fut pénible à écouter, comme si Slayer était devenu un monstre de foire qui faisait son numéro pour épater la galerie à partir d’une recette bien établie, avec ses avances au metal « metal », loin du thrash démon que je ne pouvais pas oublier, impossible quoi, loin aussi de leur bonne mixture hardcore que je continue à défendre sur le parfois / souvent / un peu décrié Divine Intervention… Et là on est en 2015, la sortie du petit nouveau fut très médiatisée, une avant-première pour le record store day qui me laisse un peu riz au lait, et enfin une illustration de plus à base de Jésus qui nous fait tous souffrir. Méchant Jésus Mort. Méchant Jésus ressuscité. Fébrile, et pas très convaincu a priori, je balance la sauce dans les enceintes, et je fais pfff au bout de cinq morceaux. J’aime des groupes qui cultivent une force d’inertie, qui rament, et qui basent leur expression sur une espèce de fatalité liée à la lenteur que peut prendre l’existence, mais là euh… c’est Slayer, donc même si je suis friand aussi de leur « South of Heaven » qui sut ralentir la machine pour développer les ambiances frissons de dégoût, là ça développe de la musique tellement rabâchée… des riffs qu’on pourrait retrouver dans tellement de disques inoffensifs, pas de paranoïa, pas de fascination pour la violence à domicile, comme l’impression de regarder un documentaire sur un serial killer français des années 1970, sur une chaine de télé publique, un dimanche soir à 23h. J’ai eu quand même un début de « tiens tiens » en entendant le son de guitare en intro de « Take Control » en me disant « en fait, ils veulent peut-être en profiter pour toucher à toute leur carrière, là c’est le moment Chemical Warfare » mais non : on tombe derrière sur un refrain genre gros metal de radio. Et quand je ne suis pas abusé par un appât lâché par Kerry King et bien j’arrive directement à la case « allez, on écoute la suivante, on verra ». Mais non : succession de riffs bateau, Araya qui fait beaucoup de parlé chanté, pas grand chose apporté par le Gary Holt de service, le Bostaph qui fait le boulot proprement mais si derrière la musicalité des guitares est clairette, ça me fait une belle jambe que Bostaph soit un tueur - donc adieu les breaks qui butent, les solos de la mort, les mélodies de ouf, l'intensité, l'insanité, la dangerosité, la beauté aussi… des moments par ci par là font quand même un peu bouger les orteils, « Repentless » qui rappelle un peu les jolies heures du Slayer classique, la cavalcade finale de « Implode », les gros pâtés de guitare au début de « Vices », « Atrocity Vendor » qui sent le passé mais foutu dans une production actuelle et un groupe différent ce qui ternit bien le propos et dévoile la désormais bien fatiguée voix d’Araya, ou le début de « Take Control » comme je disais, et euh… arh, non, désolé, y a trop qui tangue dans la balance, les aboiements d’Araya sur « Piano Wire » ou son parlé sur le single « When the Stillness Comes » me provoquent des tensions musculaires aux machoires, comme l’impression que même sur les morceaux punkoïdes comme « You Against You » un claquage est subi par l’ailier à 22 mètres de la ligne d’essai et qu’il s’assoit, trop vanné. Voilà des morceaux mid tempo qui m’énervent, des morceaux rapides frustrants, une inspiration sur les mélodies complètement plouf, revue et pas trippante pour un sou, une dynamique plan plan, un ennui bien tenace alors qu'un album de Slayer, normalement c'est toute une histoire... donc on va soit être optimiste, soit pessimiste à ce stade. Je commence par laquelle ? Bon, je vais essayer d’insérer ça dans une seule phrase : peut-être est-ce juste un album de transition dû au séisme interne suivant la mort d’Hanneman (mais les précédents albums ne sont déjà pas folichons à mes oreilles, depuis bien longtemps hélas), et que le rebond sera intéressant à manger dans les feuilles lorsque Holt aura fondu dans la marmite ou bien… on a affaire dorénavant à un groupe qui ressemble à ces reformations tirées par les cheveux qui ne décolleront plus jamais et ne seront appréciables qu’en concert, si les gars tiennent encore debout et arrivent encore à jouer proprement leurs classiques pleins de soufre. Enfin voilà, j’aurais bien voulu vous dire plus de bien de cet album, parce que primo, deuxio, et finito, Slayer est un des piliers de la musique pour moi… mais non, malgré les déclarations pleines d’humanité et de modestie des membres du groupe, bien conscients que leur histoire musicale arrive maintenant à une charnière mastoc, que c’est « tourne ou crève », que la retraite n’est pas une question, où l’énergie déployée reste toujours à la hauteur de la hargne de ces mecs, malgré tout le respect que je garde pour des figures pareilles eh bien je ne pourrai pas oublier après écoute de ce "Relentless" que la "gravité triomphe toujours" comme dirait l'autre.

note       Publiée le dimanche 8 novembre 2015

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Rastignac › lundi 23 novembre 2015 - 17:50  message privé !
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bwoaf

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vieille fessée › lundi 23 novembre 2015 - 13:33  message privé !

Si si ma gueule, c'est du bon Slayer que t'as là.

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taliesin › mercredi 18 novembre 2015 - 16:52  message privé !

Bon, admettons, le dernier Slayer que j'avais écouté était 'Diabolus in Musica', et je l'avais trouvé vraiment très moyen, pour ne pas dire mauvais. Allez savoir pourquoi, j'ai zappé tous les suivants ! Donc difficile de positionner le petit dernier par rapport aux précédents. Alors voilà, il est franchement meilleur que 'Diabolus', mais reste tout de même bof bof... Comme le dit l'ami Rast, la machine tourne toute seule... et même si le bruit qu'elle émet n'est pas désagréable, elle finit par nous endormir...

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taliesin › mercredi 18 novembre 2015 - 12:29  message privé !

Je viens de l'écouter... Rrrzzzzz...

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nicola › dimanche 8 novembre 2015 - 21:09  message privé !

Justement, je l’ai copié en ogg, comme ça je peux l’écouter sans vomir mon quatre heures et mon midi aussi.