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Paradise Lost › The Plague Within

cd | 10 titres | 50:10 min

  • 1 No Hope in Sight [04:50]
  • 2 Terminal [04:27]
  • 3 An Eternity of Lies [05:56]
  • 4 Punishment Through Time [05:12]
  • 5 Beneath Broken Earth [06:08]
  • 6 Sacrifice the Flame [04:40]
  • 7 Victim of the Past [04:27]
  • 8 Flesh from Bone [04:18]
  • 9 Cry Out [04:29]
  • 10 Return to the Sun [05:43]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré, mixé, masterisé par Jamie Gomez Arellano.

line up

Nick Holmes (voix), Greg Mackintosh (guitare), Aaron Aedy (guitare), Steve Edmondson (basse), Adrian Erlandsson (batterie).

Musiciens additionnels : Heather (voix), Liam Byrne (viole de gambe), Daniel Quill (violon).

remarques

Sorti en CD et vinyle.

chronique

Allez, c’est l’automne, on refroidit les chaudières internes, on s’enveloppe avec des chroniques de musique pourrissante comme une feuille jaune. Je vais commencer par un petit nouveau, Paradise Lost, groupe anglais s’étant formé au millénaire dernier. Comment résumer leur carrière en trois coups de crayon de bois ? Par un dessin ? Alors imaginez un tas de poil tout plein de goudron, dessinez-le, là. Après avoir figuré ce tas de graisse bien tassée, enveloppez-le d’une feuille de platane puis mettez-le au four, ça deviendra de la cendre dont vous pourrez orner votre bagouse en argent qui vous ouvrira les portes des gros de ce monde et les hauteurs vertigineuses des charts et des tops, puis, tel l’anneau de pouvoir, ce bijou sera de plus en plus lourd à porter et vous vous souviendrez d’où vient toute cette matière, vous remettrez votre Rimmel noir, vous finirez de vous couvrir de tatouages, vous repotasserez vos classiques doom et death et vous aurez comme résultat après cuisson de quelques années ce disque chroniqué ici. C’est pas bien résumé ça hein ? En d’autres mots, le groupe semble avoir senti le vent tourner dans les genres et s’être rabiboché avec la saleté, encore plus que sur le précédent "Tragic Idol" qui était déjà un très fort clin d'oeil à leurs vingt ans. Vous écouterez donc avec délices ces borborygmes enroués, pas très puissants certes mais sales (deuxième fois que j’utilise ce groupe lexical, c’est une technique subliminale), ces petites gammes tristounes reconnaissables entre mille de notre guitariste dreadlocké (et très photogénique), sans oublier ce qui fait que ce groupe n'est pas juste un groupe de truc metal, mais bien Paradise Lost dans ce monde musical, gothique et dépressif : notez les petits bouts de synthés pleurniche, les envolés de voix claire très lyriques pour checker votre angoisse grognonne sous une lune un peu kitschoue, surlignez surtout la puissance du overson de cet album traitant en tout et pour tout de décroissance, mais pas celle qui fait remplacer les bananes de Martinique par des pommes reinettes locavores, pas celle qui fait faire du vélo recyclé plutôt que de la Ford Fiesta, non, plutôt celle qu’on oublie, à savoir celle qui fait vivre, à savoir celle qui fait mourir. Un rendu formidable après plusieurs écoutes, la première m’ayant donné l’impression d’écouter une sorte de bande son de jeu vidéo dark fantasy, du genre la détresse du vampire zombi au bort du portail inter-galactique. Les suivantes ont juste enfoncé le clou de l’autre côté du cercueil afin de garder en tête des tubes ("No Hope in Sight" reste autant collé dans ma tête que le dernier maitre gim’s, l'autre clip "Beneath Broken Earth" qui donne des envies barytonnes sous la douche), des détresses existentielles (tout l’album) interprétées d’une manière professionnelle à faire se pendre tous les amateurs gratouillant dans le garage leur démo à 667 exemplaires. Exemple pour la jeunesse d’une métallitude vieillissant donc bien, et bonne galette des rois pour votre pré-dépression hivernale - profitez en, ça va pas durer, les arbres seront bientôt déplumés, et faudra passer au black metal suicidaire ensuite… Donc, oui, cet album est bon, noir, puissant, rageur comme un accusé de violences conjugales, blasé comme un agent de la fonction publique, mélodieux comme un centaure blessé au fond du bois des merveilles de la désolation, grave comme un chien battu au chant guttural - de quoi faire fuir du monde et rameuter du fan.

note       Publiée le mardi 3 novembre 2015

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chronique

2015, année de merde. Maintenant que c'est constaté, âtre de mon humeur éteint et froid, et que j'entends "No Hope in Sight" - un de leurs plus grands morceaux assurément, en tout cas celui que je choisirais s'il fallait un titre-carte d'identité pour le néophyte - résonner dans mon bagne au milieu d'un océan de gens qui s'en foutent, l'occasion est idéale de parler de musique doom, et en l'occurence du Paradise Lost le plus funeste depuis... un sacré bail. Peut-être même depuis toujours. La suie est tombée, le bistre colle aux parois. The Plague Within est comme un Faith Divides dont le gris serait plus profond. Le morne salaud de disque goth-metal à l'ancienne, trop rare, l'album fané comme je les aime, planté dans leur discographie comme une tombe. Il est récent, mais en le ressortant j'ai cru souffler la poussière sur sa couverture. Un album de vieux garçons. Avec des riffs de vieux, des solos de vieux, un chant de vieux. Inutile de préparer le vin chaud pour cet hiver, ils ont pensé à tout. D'abord regardez-moi cette pochette. Mieux que ça. On ne regarde pas assez de près les pochettes qui sont moches vues de loin. Celle-ci m'évoque le monde de Peter Pan. C'est une histoire de vieux. Encore un truc d'outre-Manche, cette littérature de mort... Cruelle comme les pierres. Une putain de grosse jarre en grès ouais ! Gras-de-gris. Paradise Lost ont a la fois le courage et la lâcheté de jouer la fusion qui a fait leur jeunesse ; refusent-ils de vieillir comme Peter, ou l'acceptent-ils comme Crochet ? Les deux. L'épaisseur de l'âge les trahit mais surtout elle donne une toute autre dimension à cette musique, comparé à un album comme Draconian Times que j'ai eu un peu de peine à réécouter à la suite de celui-ci je dois l'avouer... Bien des morceaux sur The Plague Within puent le regret, parlent du temps qui passe, du passé, charriant au détour d'une mélodie naïve ou d'un agglo-riff les souvenirs d'une époque d'innocence perdue durant laquelle certains d'entre nous aimaient commander leurs disques chez Adipocere ou Holy Records, acheter le dernier Hard'n'Heavy, et autres désuétudes avant de tomber un jour sur Guts of Darkness pour s'y (en)terrer. Paradise Lost revivent aussi cette époque, et c'est douloureux, autant que délectable. Ce qui en sort est, lentement mais sûrement, obsédant - du moins pour l'auditeur de sensibilité gothique. Un grower pataud, à la prestance lasse. Les landes grisâtres, et la mer encore plus grise au loin. Découvrir les tous premiers albums death de Paradise Lost c'était pas aussi bien. Là ce qu'ils ont fait c'est mieux. Comme rentrer à bon porc. Revenir vers ces terres qu'on a laissées pour un long voyage à travers les mers turquoises ? Retourner à Icon, voire à Shades of God ?... Ce serait de la formule chic et choc pour oublier Tragic Idol, Faith Divides Us Death Unites Us... Avec ce troisième de ce qui apparaît maintenant comme leur meilleure - première ? - trilogie, Paradise Lost enfonce le clou, comme le dit mon collègue ci-dessus. Il y a de grands morceaux dans cette Peste intime. Et puis Nick Holmes a cette voix bestiale mâtinée de chant clair juste ce qu'il faut, gravité, je crois qu'il a atteint sur cet album le point d'équilibre absolu de son blend goth & guttural, c'est une cuvée tradition rien qu'à ce niveau. Les autres sont sobres comme des tailleurs de pierre qu'on a payé pour tailler de la pierre : voilà ce que j'appelle une belle carrière. Et ces prolos anglais vieillissent un peu comme Neurosis. L'expression "poivre et sel" prend tout son sens - avec un regard de vieux poteau délaissé qui vous serre le ventre, des façons d'ours paumé. Allez me regarder le clip de "Beneath Broken Earth" en lien plus haut si cela peut aider, c'est explicite. Ce son est poivre noir et fleur de sel de calibre caillouteux. Ces riffs sont connus, joués et rejoués. Vous connaissez déjà cet album avant de le découvrir, vous le connaissez par cœur. Les mélodies des guitares sont les lamentations de vieilles reines fatiguées dans un palais en ruine, les violons sur deux ou trois morceaux - l'orchestral et l'autre et un autre - détonnent autant que le lierre sur la vieille maison d'un aïeul. Holmes est sub-ronchon, outre-grognon ; sa voix est l'équivalent sonore de l'odeur d'une viande des Grisons. Tout ça embaume le vieux cellier, et dans les passages les plus plombants c'est une ambiance façon Grand-Saint-Antoine vu des cales. C'est du port-salut. Un sépulcre magnétique. Et ça vous hantera, comme ça me hante... Un album fait à cœur, profond, du genre doomembert au fumet bien persistant. Osons même : digne. Très digne. Un grand cru Paradise Lost pour une année de merde.

note       Publiée le jeudi 31 décembre 2015

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gardenniah › samedi 7 mai 2016 - 23:08  message privé !

Fan de PL depuis 1998 , cet album c'est oui et non , oui parce qu'après les trop train train FDS et Tragic ça fait du bien que Nick "rockin" Holmes revient à des vocaux Death mais en fait musicalement il y a toujours des trucs Heavy qui énerves (sutout Terminal et Punishment...chiants) , la batterie affreuse de Adrien ne convient pas du tout au style PL , ce mec bourrine comme dans at the gates alors que sir Greg demande de la subtilité.Nick impose toujours un bon contraste malgrès le peu de place à un chant plus poppy...un album bon mais inégale , à quand un album véritablement de la trempe de 93 à 99...avec les Anglais tout est possible !

born to gulo › jeudi 31 décembre 2015 - 13:58  message privé !

1/ "voilà ce que j'appelle une belle carrière" : supalol 2/ "doomembert" : jalousie

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Raven › mercredi 25 novembre 2015 - 20:19  message privé !
avatar

Pur port.

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born to gulo › jeudi 19 novembre 2015 - 10:08  message privé !

Punishment through Time, je confirme. No Hope in Sight également.

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Dale › samedi 7 novembre 2015 - 14:03  message privé !

J'avais oublié de noter mais je pense ne surprendre personne...

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