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The Legendary Pink Dots › Pre-millennial single

lp vinyle • 4 titres • 00:00 min

  • Side 1999
  • 1Hellsville '98
  • 2Needles (Version Sirius)
  • Side 2999
  • 3Andromeda Suite '98
  • 4Abracadabra Zzzz

line up

The Prophet Qa'Spel (vox, keys), Van Wanrooi Aka Edwin von Trippenhof (guitare), Frank Verschuuren, Halekka Malaizhista aka Nienke Poiesz (voix sur la 4), Niels van Hoornblower (flûte, sax, instruments à vent), Ryan Moore (batterie), Silverman (keys)

remarques

chronique

Styles
krautrock
psychédélique
electro
Styles personnels
accélération / vers le mur et l’au-delà.

Et si c’était celui-là le meilleur bout pour découvrir les Legendary Pink Dots ? Une brèche ouverte dans le temps que lacère le groupe, sur cet EP 4-titres presque aussi consistant qu’un album. Certes, Ka-Spel n’a pas attendu la fièvre millénariste pour prédire l’imminente fin du monde, lui qui parlait même jadis de « Terminal Kaleidoscope », soit accélération du défilement d’images et de visions avant le big crunch. Mais comme chaque fin du monde se fête, les Dots, comme beaucoup de groupes superstitieux ou non, jettent toutes leurs forces dans le potentiel dernier baroud d’honneur, reprenant avec panache trois chansons des années 89-92 en version extended, enfin ce que Ka-Spel nomme fort à propos des versions « Apocalypse ». Dix ans après « Neon Gladiators », c’est au tour de City of Needles, de Hellsville et d’Andromeda Suite d’y passer, car la fin des 90’s est aussi l’époque où le groupe enchaîne les tournées marathon, étirant en impro chaque soir un peu plus certains titres au point d’en faire ces monstres décollant progressivement vers une intensité toute space rock, tours de force durant jusqu’à la demi-heure. Ce qui, d’après les témoignages, fait des Dots de cette époque une machine de scène ultra rôdée, parmi les plus dévastatrices. De l’aveu du groupe, cet EP reste en deçà de l’expérience scénique, difficile à retranscrire car souvent portée par les délires parlés improvisés de Ka-Spel. Ce qui est sûr, c’est que Hellsville - un des points faibles de Crushed Velvet Apocalypse - prend une toute autre dimension ici, vision enfin accomplie d’un Sodome & Gomorrhe sci-fi, où Jabba the Hutt nous souffle son haleine fétide via son gros saxophone. En réalité, ce n’était que l’amuse-bouche de cette face A, qui monte alors un cran dans la folie. « Assied-toi, fiston », annonce calmement le maître de cérémonie tandis que les synthés ahanent et annoncent, lourds de menaces, le crescendo sectaire de « City of Needles ». Et là, c’est le drame. On a perdu le patient Edward. Largage d’amarres pour un fix d’adrénaline de dix minutes, reflet du délirum d’un père de famille proposant à son fils un petit aller simple pour aller fêter le millénaire loin de la grisaille… La batterie s’acharne, cogneuse, syncopée. « Bon, on ne peut pas vraiment y aller en voiture, fils… ». On se croirait au cœur d’une de ces sectes prônant le suicide collectif avant le jugement dernier, espérant un genre de délivrance eschatologique. Mais mon petit doigt, qui jusqu’ici n’a fait que saccager mon existence en me spoilant la vérité, mon petit doigt qui ne se trompe hélas jamais dis-je, il m’a dit que c’était de tout autre chose dont causait cette chanson. Ce jour-là, en studio, lors de cette impro-là qui n’avait peut-être aucun rapport avec ce que Ka-Spel improvisait chaque soir sur scène, ce jour-là… Ka-Spel est Dieu. Et il cause à Adam. Eve n’est pas là, elle n’a jamais été là (c’est bien sa spécialité maison), c’est un huis clos pur et malsain, juste le père et le fils, et le Père propose la pilule bleue ou rien. « What’s it gonna be ? ». La suite, on la connaît, enfin dans sa version falsifiée à base de serpent et de fruit défendu. Si les dessins de pochette évoquent la frousse générale en Europe à l’approche de l’an 1000, et l’apparition supposée de chimères géantes dans le ciel, musicalement, on est loin des délires médiévaux de la vieille époque du groupe, plutôt en plein dans un krautrock électronique, plein gaz vers Sirius. On sait d’où vient ce goût des crescendos sauvages (Andromeda Suite est tout aussi imposant, façon Deutsch Nepal la chanson d’Amon Duul II) : d’un certain Cottonwoodhill de Brainticket, album préféré de Ka-Spel à l’époque, à la longue suite totalement excessive et de plus en plus barrée. Une non-tradition hermétique dans laquelle ils s’inscrivent avec brio, et qui renvoie nombre de groupes psychouillants de ce nouveau millénaire à leurs chers plug-ins.

note       Publiée le lundi 19 octobre 2015

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