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Robert Fox › Into the Light (Remastered)

cd • 10 titres • 69:76 min

  • 1Feel The Warmth 2:28
  • 2Brother Earth 6:10
  • 3A New Day 2:07
  • 4Paths of Change 8:49
  • 5Into the Light 11:35
  • 6Somewhere out There 8:24
  • 7Shadowedland 11:31
  • 8Lights.. Pictures.. Sensations 9:48
  • 9Nearer than Before 2:28
  • 10Sister Earth 5:59

enregistrement

Composé par Robert Fox entre 1998 et 1999 et enregistré en 2001. Remasterisé par David Wright en 2015

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://www.admusicshop.com/product/into-the-light/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
england school et e-rock

Où situer la musique de Robert Fox dans l'immense univers de la MÉ? Avec des compositions très bien structurées, qui ne laissent aucune place à toutes formes d'improvisation ou de spontanisme, bourrées de mélodies qui sont nappées dans de soyeuses orchestrations et de très beaux arrangements, la musique hyper mélodieuse de Robert Fox est cataloguée comme étant du New Age. Si je partage un peu cet avis, eh bien je ne le partage pas ici. “Into the Light” est un album puissant et ce dans tous les sens du terme. Les rythmes sont furieux, parfois même violents, et même les phases ambiantes, à l'exception de courts instants, sont nourries de tourmentes et d'émotions. Évidement, les mélodies sont légions. Mais tout en étant très belles elles sont plus en retrait, n'altérant en rien cette puissante trame musicale qu'est l'enveloppe de “Into the Light”. Oui il y a des voix! Mais elles sont savamment dosées et judicieusement bien insérées, donnant encore plus de relief et de profondeur à un album qui vous étonnera par la puissance de son contenu. J'ai approché cet album avec beaucoup de préjugés. Et j'espère qu'avec cette chronique je ferai tomber ces barrières qui stigmatisent l'image de Robert Fox dans un style trop banal. Et je partage amplement les dires de David Wright lorsqu'il place cet album très haut dans l'échiquier de la MÉ Anglaise. Et par ce nouveau mastering, qui est tout à fait justifié, David Wright donne encore plus de profondeur à un album qui en avait déjà beaucoup.
On sent cette touche de ce remastering dès les premières secondes avec une tempête de woosh et de wiish qui infiltre nos oreilles. "Feel The Warmth" amorce ce voyage très musical de Robert Fox au cœur de ses contrées imaginaires par un piano très évasif qui étend les prémices d'une mélodie dont les notes sont bues par une délicate voix de nymphette et par une sombre onde de synthé qui étouffe "Feel The Warmth" dans un lourd voile apocalyptique. Les ambiances se métamorphosent avec l'arrivé de "Brother Earth" et de ses pulsations secs. Une incantation amérindienne flotte sur le début d'un rythme tapissé dans des ambiances lourdes qu'un piano cisèle de délicates lignes harmoniques. Le rythme qui suit est très enlevant. Inondé par ces éléments et de denses nappes orchestrales, il sautille avec une fusion de percussions et pulsations. Nous sommes dans les terres d'un bon rock électronique orchestral que le piano dompte avec une succulente approche de Honky-Tonk. "A New Day" tempère les ambiances avec une approche ambiosphérique où scintille une nuée d'étoiles et siffle une pluie des lignes cosmiques sous les narrations d'une nymphe céleste. Un piano se détache de ces ambiances plus ou moins cosmiques afin de dresser une structure de rythme très harmonieuse qui est arquée sur des notes très agiles. Les percussions sont aussi vives que ces notes de piano. Et peu à peu "Paths of Change" se transforme en un monument de lourdeur intense qui est embrasé par de denses orchestrations où la mélodie est maintenant soufflée par un synthé aux airs de trompettes. Que ce soit du piano ou du synthé, la mélodie qui hante la lourde structure passive de "Paths of Change" est aussi poignante qu'envahissante. Elle nous amène au rythme mou et intensément troublant de la pièce-titre qui se parfume de belles lignes de synthé aux couleurs ocres. Un genre de saxophone pleure dans ces turbulences soniques où palpitent des pulsations sobres et soutenues, mais sans vraiment mordent pour une structure de rythme. Les orchestrations sont intensément poignantes, mais pas autant le piano avec ses notes fortes et pesantes qui martèlent l'onirisme de notre rythme cérébral. C'est très beau.
Et comme à chaque fois, ce Robert Fox vient me chambouler l'âme, virer mes émotions. Ajoutez la voix de cette déesse astrale et le piano intensément touchant, nous ne sommes pas vraiment loin des structures très New Age de Vangelis. Le rythme de "Somewhere out There" est plus soutenu, peut-être même aussi violent que "Brother Earth" avec de beaux crash d'accords qui résonnent dans nos tympans et des riffs allongés qui agonisent dans une structure orné de beaux effets électroniques. Des carillons tintent dans ce tumulte noyé d'arrangements plutôt bien saisissants qui me font penser à du Mike Oldfield dans The Songs of the Distant Earth. Avec de telles références, ça ne peut être médiocre! "Shadowedland" est un long titre d'atmosphères avec de lourds cognements et des lignes de synthé qui tentent de noyer une mélodie spectrale qui se pointe le nez de temps en temps. Ambiant et très intense! "Lights.. Pictures.. Sensations" est un superbe rock électronique vivant. Assurément le titre le plus sauvage dans “Into the Light” avec un maillage de séquences, percussions et pulsations qui forgent une intense chevauchée rythmique dont les harmonies sont soufflées par un synthé parfumé des airs d'un saxophoniste égaré dans ce tumulte. "Nearer than Before" est une autre phase ambiante qui nous conduira à "Sister Earth" et sa structure de rythme genre électronico-tribal-amérindienne de "Brother Earth", mais dans une enveloppe plus éthérée. Je dirais même plus joyeuse.
Entre du Mike Oldfield et du Vangelis, en passant par les hautes couleurs de Code Indigo, la musique de “Into the Light” est un bulldozer d'émotions qui va vous virer à l'envers. Il y a de tout la-dedans; des rythmes furieux digne des bons moments de la England School, des mélodies qui vont vous accrocher des soupirs à l'âme et des arrangements (le piano est divin) qui vont vous les chambouler. Vivant et audacieux, avec ce mélange de voix à de rythmes tribaux et du rock électronique fougueux, c'est un album très musical qui roule à fond de train dans cet univers de sons qu'est la MÉ. Oui! “Into the Light” est un très bel album qui est passé incognito. Et je cherche toujours à comprendre pourquoi.

note       Publiée le dimanche 11 octobre 2015

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