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Sete Star Sept › Visceral Tavern

lp/cd/k7 • 19 titres • 25:28 min

  • 1Wristwatch Type Equipment0:37
  • 2Eternal Question0:34
  • 3Imitation Wich Looks Real0:33
  • 4GOSARO0:29
  • 5Sharp Practice0:16
  • 6The Pursuit Of Suffering0:28
  • 7Drowned Body0:56
  • 8Cold Blooded0:24
  • 9Renewable0:30
  • 10Accept It Gracefuly0:31
  • 11The Event Was Like An Evil Dream0:31
  • 12Zero Rules0:44
  • 13Desire Seeping0:23
  • 14Ashyxiate0:31
  • 15Selfish Things1:04
  • 16Cow Shed0:21
  • 17Demon Demon Dying Remains0:35
  • 18Distortion0:45
  • 19Destination Of Sorrow15:16

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au studio Noise Room, Tokyo.

line up

Kiyasu Ryosuke (batterie), Kae Takahashi (voix, basse)

remarques

Artwork : Shintaro Kago

chronique

Styles
metal extrême
death metal
grindcore
noise
punk
Styles personnels
noisecore > linda blair

Ou alors entrez-y par là, tiens… Dans cet invraisemblable amas – amoncellement, enfilade, avalanche sans fin… – de disques que ces Japonais ci, en trio d’abord, en duo depuis un moment, sortent en flot presque continu depuis maintenant plus qu’une poignée d’années (2004, semble-t-il, pour la première démo, gravée alors sur CDr). Pour ma part, c’est l’un de ceux à quoi je reviens le plus souvent – durant mes phases, crises, euh… moments, périodes, où il m’arrive d’en écouter deux, trois ou davantage sans pause ou presque mais… Pas seulement. Celui-là me revient aussi hors de tout état d’agitation cérébrale particulière, trop aigüe, entre les pics d’énergie à cramer quand ce n’est pourtant pas encore l’heure de sortir. Bon. Il se tient tout seul, disons, un peu hors du lot, du tout-venant – pour autant rarement "seulement moyen" ou "inutile", qu’on m’entende bien, pour peu qu’on soit un jour piqué d’y prendre goût, à leurs délires aux mille milliers de têtes emballées – qui fait la plus grosse part, à mon avis, de leurs pléthores. Il attrape tout de suite, à vrai dire. Il est trompeur, aussi… Tout ensemble évident et piégeux. Par cette pochette qui annonce la couleur : rouge tripes. Goregrind. Grind-Death. Combinaisons au choix de tous ces pré et suffixes… Taggez à votre aise, la boucherie. Version manga – "guro", paraît-il – des thèmes habituels du, des genres, pour l'image. Et le son, sur la face A, fait croire qu’en effet, il ne s’agirait que de ça. La basse bien grasse en fuzz, les blasts de la batterie bien claquants, les cymbales bien crissantes. Avec ces riffs, aussi – particulièrement bien trouvés, ici, qui seraient parfaitement mémorables. Conditionnel oui. Parce qu’évidemment – on s’y fait, à force, avec ces timbrés là mais on ne voit pourtant jamais complètement venir – il y a un biais. Celui de pousser tout ça dans le purement déconnant, bien sûr. C’est à dire : au delà de la limite où ce ne serait rien d’autre qu’un gag. En la passant plusieurs fois. C’est réjouissant, attention, hautement ! Excitant. On dirait "fun", volontiers. Mais aussi – comme souvent le meilleurs de "ces choses là" – parce que ça tourne à l’absurde. Ces riffs, donc… Souvent brillants, mais qui ne passent jamais guère plus de quelques tours, quelques secondes, avant de déraper ou bondir ou se précipiter, de toute façon – de toutes les façons possibles – jusqu’au suivant. Afin qu’on les oublie à mesure. La voix de Kae Takahashi, aussi, est spécialement offensive, ici, qui nous flanque un drôle de rictus volontiers tendu. L’organe grondant, cette fois – du fond du ventre plutôt que perché dans le strident déchiré porcin comme ailleurs. Sa manière la plus créature-cannibale-des-enfers, en somme. Ou alors ce serait une sorte de crispation hilare, ce qui nous prend. Enfin, c’est égal… Voilà qu’avec tout ça, les cervicales se mettent en branle toutes-seules, avec les muscles autours, la tête qui se remue comme une abrutie sans nous demander si c’est le moment, s’arrêtant ahurie toutes les trente, vingt, dix et quelques secondes, comme si elle ne savait pas que ces gens là font presque toujours bref, lapidaire, même. Oui… "Presque". Parce qu’aussi, il y a cette face B. Qui occupe à vrai dire près des deux tiers du temps total du disque. Qui les bouffe, on serait tenté de dire ! Parce que oui… C’est bien ce morceau là, où l’on entendrait volontiers grogner, geindre les démons. Leurs cris démentiels. Leur rire aliéné. Ce n’est que ça, d’ailleurs, ou presque, pour la partie vocale : Kae qui part en marrade névrotique, secousse de mal-de-bide, accès malade, flippé. Elle a laissé sa basse – il n’y a qu’à voir d’ailleurs telle ou telle version filmée du morceau, joué en concert, pourquoi ce morceau là la requière les bras et la poitrine libérés du poids, de la barrière de l’instrument. Au début on sourcille. Puis on se rend compte que ça va être pire. L’autre, en même temps – Kiyasu – est parti dans une sorte d’interminable solo complètement free, déluge, dégoulinures et éclatements, gerbes, explosions, plus du tout tenu par quelques rails que ce soit (on se rappelle alors que ce type là, entre autres, à joué un temps au moins avec Fushitsusha). Les deux s’arrêtent. Ensemble ou l’un, ou l’autre. Deux coups de baguettes entrechoquées. Ils repartent, parfaitement synchrones ! Précisons : en fait ce tour est redoutable. C’est dans ce genre de coups tordus qu’on mesure à quel point ce groupe – pour complètement libre qu’il soit, toute latitude qu’ils se donnent pour n’en faire qu’à leurs têtes – maîtrise ses moyens, sait bien pour tel ou tel assaut quel secteur activer, duquel s’emparer pour lâcher telle ou telle forme de leur démence. Cette plage est interminable. C’est pour ça qu’on y revient. Je veux dire… Pour ma part, quelquefois tout de suite. En ayant "seulement" remis également la face A, avant. Pour, disons… "Aérer" ? Pour varier, allez. Retourner certes à l’asile, mais avec un crochet par la chaine d’abattage d'humains – celle qui s’est révoltée, a pris le contrôle des employés, s’est arraché un bout d’autonomie sans pour autant perdre la manie des cadences frénétiques, ininterrompues. Puisqu’on vous le dit, que "le grind" ce n’est pas qu’un innocent gag à peine un peu fort, pas fatalement une simple pochade, parodie. Que parfois, aussi – qu'au début de son histoire c'était avant tout ça, d'ailleurs – ça tient du coup de génie en roue libre, accidentel ou permanent. Une sorte de curieux grand-art, qui n’en aurait rien à foutre de l’art ou de la grandeur. Où le moteur – d’accord – ne tiendrait pas de l’intellect raffiné, de la pensée architecte mais usinerait dans l’inconscient. Vous savez, celui qui n’est pas qu’un concept. Cette chose primordiale qui, si vous vous fourvoyez à la traiter d’abstraction, vous répondra "viscères"... en vous giflant avec.

note       Publiée le dimanche 27 septembre 2015

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