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Starkweather › This Sheltering Night

cd • 11 titres • 62:26 min

  • 1Epiphany07:20
  • 2Swarm03:37
  • 3Broken from Inside09:50
  • 4Transmit01:52
  • 5All Creatures Damned and Divine (Including Motion Sickness)08:43
  • 6One Among Vermin07:57
  • 7Receive02:55
  • 8Bustuari05:54
  • 9Proliferate02:25
  • 10Martyring07:53
  • 11The End of All Things04:00

enregistrement

Enregistré à Deadverse Studios et Wild Studio par Alap Momim, mixé par Alap Momim. Masterisé par Alan Douches au West West Studio.

line up

Todd Forkin (guitare), Rennie Resmini (voix), Harry Rosa (batterie), Vince Rosa (basse).

Musiciens additionnels : Bill Molchanow (guitare), Forbes Graham (trompette, euphonium), Elizabeth Jacobs (soundscapes), Oktopus (soundscapes).

remarques

Sorti en CD, LP, téléchargement (cf. bandcamp du groupe).

chronique

Starkweather. La précédente chronique par Raven faisait mention d'Acid Bath et ça c'est bien vu sur plusieurs points. Déjà, à propos du rappel culturel obsédant que la société américaine est focalisée sur ses tueurs en série. Ici, Charles Starkweather, sorte de fan de metal des années 50 tel qu'on pourrait le trouver dans les documentaires fatalistes des années 90 (metal -> Satan -> fait perdre la boule aux jeunes -> massacres). Il est d'ailleurs frappant qu'un des films inspirés de ce personnage alias le film "Tueurs Nés" d'Oliver Stone ait eu cet impact médiatique précis (violence au cinoche -> violence dans la tête du jeune -> massacres). Ici, ça serait plutôt : je suis myope, j'ai les jambes de travers, je suis un peu lent, je veux être un rebelle avec cheveux gominés et perfectos, je ne peux plus supporter personne, c'est eux qui ont commencé et après de toute façon plus rien ne me retient de faire ce que je veux, je nique les lois, je tire à vue gratuitement. Voilà pour le topos. L'autre similarité est cette espèce de melting pot de hardcore, de death, black et doom metal, de rock romantique ("alternatif ?") ici accompagné de la glauquitude du DJ de dälek et de l'âme de Sophia Perennis. Vous ajoutez à cela une propension à tourner le tournevis dans la plaie en chopant l'auditeur par le colback pour lui foutre le nez dans la merde du parolier qui lui sera obsédé non seulement par la mort comme le Dax d'Acid Bath mais surtout par les circonvolutions internes, malades, névrotiques, impaires, la mauvaise ingestion des phénomènes, des liens, des sentiments. Tic tac, tic tac, c'est pas la mort qui fascine sur cet album, mais plutôt l'incapacité à vivre sans se poser quarante questions suicidaires entre deux souffles, de manière maniaco-dépressive, les mélodies tantôt poignantes, tantôt lorgnant vers une abstraction ambiante, agressive ou planante, balançant clairement l'auditeur dans tous les sens, enfin ses propres sens mis en balance avec ceux de Starkweather, le type de groupe de hardcore "intelligent" c'est à dire balançant la tradition par la fenêtre pour se focaliser sur le long labyrinthe de la création, du ressenti et de l'expression de celui-ci, quelle que soit sa nature - enfin surtout sa nature morbide. Vous aurez donc formellement ici beaucoup de mouvement stylistique gardant de manière paradoxale une puissance d'inertie particulièrement douloureuse à s'envoyer, d'un genre propre à ce groupe qu'on pourrait qualifier de... euh... "depressive and suicidal metal hardcore" ? Ce disque est donc un disque difficile, difficile à cerner à la première écoute, compliqué à déglutir les suivantes quand on voit se profiler toutes ces mauvaises idées très bien dessinées malgré tout, et s'enfiler des doses de négativité à ce point est parfois, parfois hein, un peu compliqué. Vous avez envie de souffrir un peu, de vous prendre la tête, d'encaisser des coups de poings mous et denses dans le ventre, du genre qui laissent des traces et scintillent, se développent ? Et bien vous "apprécierez" ce disque de Starkweather, dernier album longue durée du groupe sorti avant un split avec les lyonnais d'Overmars. Merci pour la lecture, ceci fut ma 200e bafouille ici, essoufflée, en bout de piste après le virage, des alligators de chaque côté, des mecs tirant au fusil sur les coureurs depuis les gradins. Starkweather.

note       Publiée le mercredi 16 septembre 2015

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