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Rose Mercie › Démos

cdr • 7 titres • 30:23 min

  • 1Marie toi de moi2:52
  • 2Moyen âge4:36
  • 3Before two4:33
  • 4Ma tête3:44
  • 5Flor3:25
  • 6Why2:57
  • 7Fall looks like spring8:16

extraits vidéo

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enregistrement

Non renseigné.

line up

Charlene Darling (Charlotte) (guitare, synthétiseur), Inès Difolco (Inès) (synthétiseur, guitare), Louann (batterie), Michèle (guitare)

remarques

« 7 titres bruts dans un cd-r et sa pochette tout fait main et tout aussi brut. »

chronique

Amours et beauté… Ça ne parle que de ça. Bon, et de voix dans la tête, aussi, d'accord. Et parfois ça pose des questions déboussolées… En paroles aussi littérales ; ou bien qui glissent hors du sens – et jusqu’à ce qu’on se rende compte que précisément : c’est là même chose, pris comme ça. Paroles qui sont du rythme, aussi – et peut-être avant tout. Amour et beautés. Quant à la gloire… On oubliera ce concept pour le moment – pour nous, pour elles. Trop de fausse hauteur, dans celui-là. On est ailleurs, ici, délesté de ce genre d’incongrues préoccupations. Si ça vous chante, dites "en dessous", "au dessus", placez ça où vous voudrez. Je maintiens : simplement ailleurs, libéré de cet obsédant hors-sujet qui fausserait le moment. La gaité, la légèreté, sont irrégulières. Singularités simples et toutes entres elles articulées justement – à leurs propre justesse, bien sûr. Dans la rencontre. Logiques, mouvements autonomes qui trouvent le dehors – l’écoute, la joie d’y bouger… "les autres, là" – seulement parce que, précisément, celles qui les jouent s’y livrent, nous y adonnent, ont l’air de se soucier seulement de les accomplir. Dans leur pleine étrangeté, leur spéciale évidence… Elles chantent faux, prétendraient les accordeurs, diapasons, méthodes à fabriquer des élèves, des émules bien rectilignes. On pourrait leur rétorquer qu’on n’en est plus à ça, que ça se dépasse, le plat verdict. Ce ne serait pas du snobisme, qu’on m’entende – pas une une pose, même pas forcément une question de "goût acquis ou inné". Enfin… Ce serait secondaire, ces histoires-là. Ce serait plutôt une conviction. Celle qu’elles font bien, qu’elles ont raison – puisqu’elles les ont choisies, ces manières autrement ajustées, et que c’est ainsi qu’ils sont, leurs phonatoires appareils. J’ai dit déjà – partout où je pouvais, où j’espérais trouver oreilles – tout ce que j’entends de curieusement séduisant, proche, incompréhensiblement immédiat, dans le chant de Charlene Darling, son timbre doux et brut, ses lignes parfois presque atones mais en réalité si affirmées. J’ajoute que c’est assez merveilleux, ici, quand Michèle entonne en espagnol son histoire de Fleur – tellement à côté de là où serait sensée se poser la note, si on s’en tenait aux mêmes recueils et autres papelards, chartes sans imagination plus haut cités. Et leurs chansons chorales – harmonies qui se jouent des parallèles conformes – me plaisent tout autant. Qu’on ne me comprenne pas de travers ! Je ne dis surtout pas que les quatre Rose Mercie donneraient dans l’approximatif, la particularité par défaut, par incapacité. J’affirme au contraire – enfin, parce que je crois ce que j’entends – qu’elles ont leurs propres repères, adéquats pour ces chansons, cette musique qu’elles assemblent, qu’elles mettent en branle, qu’elles bringuebalent… Et qu’elles font bien, encore un fois, car c’est ainsi que tout ça roule plutôt que de marcher, que la voilure audible de l’axe, du disque – de sa trajectoire, des ses orbites et rotations – est bel et bien ce qui nous entraîne. C’est frappant, aussi, indéniable, à les voir jouer sur scène, s’échanger les instruments, se refiler les micros tour à tour, à peu près sans arrêt d’un morceau à l’autre. Elles les tiennent, leurs bizarres pièces, les laissent filer, geste et jeu assurés, et puis – nettement – plaisir. Elles nous les passent et tout ça touche. Tout est artisanal, dans ces chansons – amateur, allez ; au sens le plus noble et le plus direct, celui du goût qu’elles ont mis, qu’elles ont pris sans doute à les faire. Rien n’est "normal", sans doute, mais ce n’est justement pas la question – c’est à dire que la niant, ça désamorce son sens unique. Parce que justement, elles en sont, des gens normaux. C'est à dire pas faites pour s'aligner. Bon... Elles appellent ça "Démos". Alors on ne râlera pas d’entendre ce son si brut, un peu changeant d’une plage à l’autre, franchement assez sommaire, même si tout s’entend. On finit par s’y faire. Puis après, même, par apprécier le grain. Bon… Elles évoquent quelque part un "vrai" album à venir – objet peut-être moins rude de facture, alors, en quelque mesure. Difficile, ayant écouté ces sept plages ci – sous cette pochette qui, d’accord, je trouve aussi, dit peut-être quand même d’une façon un peu plaisantine qu’en effet, au fait, il y a quelque chose dans cette musique qui fait qu’on peut aussi l’appeler "garage" ; une qualité de rock pas poli, pas lissé, pas colifichet – de ne pas se sentir curieux de ce que ça qu’elles pourront rendre, celles-ci ou d’autres, et d’autres, enregistrées avec un peu plus de moyens, une définition un petit moins râpeuse. Elles filent, à vrai dire, celles-là. Ce qui fait qu’on peut bien vite y retourner. Ce qui fait qu’on peut souvent s’en réjouir, régaler, récidiver. Tout est beau, je réitère, là-dedans. Tout est… Aimable. Cette fois au sens fort : c’est à dire propre à être aimé. Et encore mieux : certainement sans chercher, sans se demander notre "sens du poil". C’est aussi simple que ça. C’est assez rare, au fond.

note       Publiée le mardi 15 septembre 2015

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Note moyenne        3 votes

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Klarinetthor › dimanche 4 mars 2018 - 02:39  message privé !

Orchestre rose... ah on est affreux. Hâte de voir la release party en compagnie de Nina Harker, Romain de Ferron et Mamiedaragon, le 30 mars aux Instants, sinon.

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Dioneo › samedi 3 mars 2018 - 16:37  message privé !
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Ah ouais allez, faisons-les jouer à la même affiche... Soirée Théorème Rose.

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Klarinetthor › samedi 3 mars 2018 - 16:24  message privé !

de l'âge moyen en fête.

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Dioneo › samedi 3 mars 2018 - 16:11  message privé !
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Tu rêves souvent que tu glisses ta tête/dans la meurtrière... ?

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Klarinetthor › samedi 3 mars 2018 - 16:08  message privé !

Oui ça fait du bien de les entendre avec un vrai son! Il est même très très bon le rendu, il met bien en valeur la chaleur degagée par la musique. Niveau musical il y a des pistes très planantes qui vont me demander un peu de temps; a l'inverse, c'est super qu'elle ait pu reglisser Moyen-âge, étoffé, bien introduit.

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