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Hecq › Night Falls

cd • 12 titres

  • 1Nightfalls 4:52
  • 2Never Leave 5:43
  • 3Dis 6:08
  • 4Dis (Reverberation) 1:52
  • 5Bending Time 4:56
  • 6Aback 3:08
  • 7Come Home 5:14
  • 8Giants 6:04
  • 9Magnetism 6:58
  • 10Red Sky 3:52
  • 11Above 4:48
  • 12I Am You 9:12

enregistrement

Metarc. Mastering : John N. Sellekaers

line up

Ben Lukas Boysen

remarques

"For my father."

chronique

Et Hecq réinventa la nuit. Inspiré entre autres par la sobriété des compositions d'Arvo Pärt, Ben Lukas Boysen écrit en quelques semaines extatiques ce Night Falls épuré et grandiose. Il étire cordes et chants plantifs sur douze titres à la beauté saisissante ; titres qui demandent comme la pochette l'indique de se plonger dans les ténèbres avant les déployer. Il est difficile et problement vain de vouloir réduire Night Falls à un genre spécifique tant il rassemble les différents courants de musique nocturnes, qu'il s'agisse de Murcof, Pärt donc, autant que Phd2 ou Deathprod. S'ouvrant sur de longs arpèges de violons, Night Falls laisse glisser les rafraîchissantes ténèbres dans le champ de la conscience avec une impression d'inéluctabilité pressante, même dans sa lenteur. La musique électronique n'est jamais bien loin - dans les effets, les basses, les chutes dans le vide sidéral (notamment 'Dis (Reverberation)'), ou le soudain hachage de tel ou tel son. C'est d'ailleurs cette dernière pratique qui lui coûte pour moi son 6, car à mon sens bien trop brusque pour une écoute au seuil du sommeil. C'est un avis personnel mais les disques de ce calibre devraient selon moi être aussi propices à l'assoupissement et c'est d'autant plus frustrant car cela n'arrive qu'une ou deux fois le long de l'album. Quelques notes de piano pleuvent sur 'Bending Time' avant la pièce la plus musicale, 'Aback', à la dramaturgie proche de Von Magnet. 'Come Home' ramène les voix sur le devant par lentes vagues solennelles –Gorecki n'est pas loin non plus- avant de se faire grésillement puis de se laisser lentement absorber dans un nuage acousmatique. Le travail sur les timbres touche à la perfection, la précision digitale de Boysen ne laissant aucune place au hasard. 'Giants' et 'Magnetism' promènent leurs dérives acousmatiques respectivement le long de field recordings difficile à identifier puis quelques notes étalées sur plusieurs minutes. Arrive le terrible 'Red Sky' et ses très lentes volutes de voix à la David Hykes & The Harmonic Choir, introduisant le doublé final 'Alone' / 'I Am You' qui vaudrait à lui seul l'achat du disque. Le premier n'a que deux sons – une infrabasse recouvrant le vide sidéral d'un feutre noir, et un violon striant l'espace de ses plaintes disparaissant dans d'infinies réverbérations. Le coda, quant à lui, déploie une panoplie dramaturgique toute en crescendo qui ne devrait laisser personne indifférent, à moins d'être totalement imperméable à ce type de musique. C'est une invitation à se laisser prendre par le courant ascendant qui renvoie bien à l'inéluctabilité dont il était question au début de la chronique ; car au final personne n'échappera aux ténèbres.

note       Publiée le jeudi 10 septembre 2015

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Note moyenne        2 votes

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Ntnmrn › jeudi 10 septembre 2015 - 19:23  message privé !
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Ben dis donc, quel joli lâchage de chro. Ca fait envie à vue de citations, celui-là, que je ne connais pas ; je vais écouter tout de suite.