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Orties › Sextape

cd • 13 titres • 40:41 min

  • 1Ghetto Goth03:22
  • 2Plus putes que toutes les putes02:28
  • 3Paris pourri02:25
  • 4Soif de toi04:06
  • 5Lucky Boy02:45
  • 6Panne de courant / Piscine noire01:49
  • 7J'ai le fun03:45
  • 8Autotune automne04:18
  • 9Autoroute03:51
  • 10Les fleurs bleues à paillettes03:30
  • 11Orgasm02:14
  • 12Outro03:21
  • 13Panne de courant (New Order of Trapezoid Remix)02:49

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par RC Lorakl. Réalisé par Orties

line up

Antha, Kincy

Musiciens additionnels : Mofo (production 1, 3, 5, 6), Butter Bullets (production 2, 4, 9, 11, 12), Frensh Kyd (production 7), Cik (production 8), KS (production 10), New Order of Trapezoid (remix 13)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
electro
gothique
Styles personnels
porn-goth-witch-hop

Orties est un duo. Kincy et Antha. Orties font du hip-hop. Du hip-hop contemporain. Un peu électro, un peu goth, un peu pop, un peu zarb. Il y a quelques années, Orties ont fait la hype dans les blogs, les magazines branchés, les soirées très parisiennes. La pochette racole à mort, annonçant son programme avec la crudité frontale d'un thumbnail Pornhub. Ce serait facile de les démonter. Trop facile de soulever le côté pathétique de journaleux branchouilles qui s'excitent, littéralement, sur deux petites nanas parce qu'elles sortent en interview qu'elles aiment "la drogue et la sodomie". Trop facile de dénouer une rhétorique lénifiante prompte à justifier n'importe quoi sous prétexte de "féminisme" dès qu'ils s'agit de bonnes meufs qui se foutent à poil. Trop mesquin de soulever le lièvre de vieux mecs qui fantasment grave de se vider les couilles au lieu d'ouvrir leurs oreilles. D'une génération qui souligne d'elle-même sa propre vacuité, avec en guise de nouveauté toujours du ressassement en plus vulgaire (au deux sens du terme) de gimmicks déjà usés dans le passé. Inutile d'aller rechercher trop loin dans l'histoire du hip-hop pour trouver des exemples d'hyper sexualisation féminine agressive, le premier album de Lil' Kim, près de vingt ans auparavant tout de même, fera l'affaire à ceci près qu'elle avait l'avantage de poser un bon flow sur de bonnes prods. Sans parler, de l'autre bord, de filles comme Lydia Lunch qui n'avait pas hésité à se faire mettre les doigts dans la prise, tout en assurant le fond du discours et sa forme. Car pour en venir à la musique, c'est là que le bât blesse. Peu importe finalement la hype idiote, ce serait faire bien peu de cas de ces jumelles que de les disqualifier seulement à cause du qu'en a-t-on dit. Elles ont un flow en mousse ? Et alors, ce n'est pas moi, le fan du Klub des Loosers, qui suis le mieux placé pour leur reprocher ça. Elles avaient d'ailleurs un peu couru après son unique membre, en mode groupies, au point que celui-ci avait du déposer une main elle aussi courante. Ce qui me les rend plutôt sympathiques. Comme d'ailleurs la référence à Psychose dans "Ghetto Goth", égo-trip liminaire synthétisant tout l'univers du duo : la gue-dro (street-cred tavu), les fringues chics (bling), le gothique (Christian Death) et le hip-hop (Jay-Z). Et le cul. Plutôt marrant sous le vernis (noir) trompeur de petites pétasses. Ceci dit, la prod ne leur fait aucun cadeau, la plupart des instrus signés Butter Bullets sont d'une laideur insigne, trempée dans une électro aux remugles witch-house, ce sous-genre idiot déjà complètement caduque et ringard quand l'album sort (sur le très chic label Nuun Records, zieutez les signatures Circé Deslandes, Asia Argento, Michniak ou même Bertrand Bonello). Elles non plus ne s'en font aucun, leur écriture visant souvent au mieux la punchline limite, au pire une enfilade où vous voudrez de clichés entre le gothik-trop-foncedé et la bitch attitude genre "on est des grosses salopes on t'baise et on t'tej". Putain les filles, on dirait une version Marc Dorcel de Twilight. C'est que malgré tous les efforts pour nous faire croire à ce duo de nanas complètements jetées, et c'est possible qu'elles le soient plus qu'elles ne le démontrent ici, tout ça reste quand même très léché, dans le fond. Ce n'est ni particulièrement crade, ni aucunement effrayant. Est-ce qu'il n'y aurait pas un peu enfumage, à défaut d'autre chose suffixé à l'avenant ? Y a quoi à retenir de tout ça ? Un "Paris pourri" autant dancefloor que hip-hop, où malgré les lyrics parfois confinant au débile, ou peut-être bien grâce à ça ("On s'en bat la race, on chante du Balavoine", j'arrive pas à trancher vu que c'est le genre de connerie qu'on imagine bien sortir bourré(e)) se dessine un petit portait de connasses (je dis ça avec tendresse les filles) fêtardes un peu perchées montant sur une capitale noctambule nettement plus emmerdante qu'excitante. Même si piquer l'idée du refrain en épellation à un tube infâme de Justice relève quasiment de l'aveu d'impuissance. La référence à Daniel Darc en devient gênante (d'ailleurs le pauvre bonhomme est mort quelques jours après la sortie de l'album). "Lucky Boy" pue le vieil electro-clash de fin de soirée périphérique, "Autotune Automne" annonce la couleur, pourpre-grisâtre de feuilles mortes, avec un refrain tellement déformé par l'outil sus-nommé qu'il s'en dégage presque un charme poisseux, abstraction faite de la pauvreté d'une écriture au romantisme gothico-neuneu. Le très court dytique "Panne de courant/ Piscine noire" noue en moins de deux minutes clubbing-porno (ah, la fameuse rime "pêche-banane/sexe anal" qui a du exciter tous ces pisseurs de copies morts de faim) et coda en harmonie vocale défoncée, sans la moindre trace d'un refrain, est assez intrigant. A noter que tous ces morceaux ont à peu près échappé au caviardage witch-hop, dont seul "Orgasm" et "Outro" se sortent sans trop de ridicule. Le morceau qui plane vraiment au-dessus du lot, grace à sa production trip-mélancolique aérienne mais en rase-motte, mais sans doute aussi parce qu'il est le plus proche de la moelle, "J'ai le fun", dépeint assez bien cette excitation forcée, cette provocation un peu tristos, l'ennui de matinées hivernales moroses malgré la baise et la poudre, pis-aller à un mal-être banal, éloigné des clichés gothico/hip-hop déballés ailleurs. Là-dessus, Kincy et son parlé un peu plus girly (pour être vulgaire) voire saccharine prend le pas sur Antha et son flow de vieille meuf qui se la raconte mais qu'a pas les moyens. Sans complexe aucun quand il s'agit de péter un "Yo !" foireux en signature d'un refrain objectivement bien foutu, les deux frangines y apparaissent plus intéressantes, plus à nue, mais cette fois pas juste pour la photo. Au point même que, avec du boulot sur l'écriture et de meilleurs prod (il parait qu'elles trainent avec Mirwais, qui n'a pas fait que de la merde non plus), je serais prêt à aller refaire un tour avec elles dans les bois.

note       Publiée le mercredi 9 septembre 2015

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Note moyenne        4 votes

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Klarinetthor › jeudi 21 septembre 2017 - 22:01  message privé !

Oh la la j'avais jamais relevé (devant ce flow impressionnant de classe et de vélocité) qu'elles disent phéronomes au lieu de phéromones dans Plus putes. Je vais leur faire aumône de 2 boules jaunes du coup.

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Klarinetthor › mardi 30 août 2016 - 14:07  message privé !

Les orties ca pousse bien sur le fumier et mal dans les villes. (et oui c'est difficilement ecoutable; je parle de ce Christophe a chier)

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(N°6) › mardi 30 août 2016 - 13:46  message privé !
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Ah, les photos de pétasses dans les rues de Palerme. Tellement cheapos. Pesetas / Petas. Y a du fond.

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Jesuis › mardi 30 août 2016 - 13:20  message privé !

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(N°6) › mardi 30 août 2016 - 13:10  message privé !
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Je pense que le vieux blaireau était trop content. Le morceau est ignoble d'ailleurs. Mais de toute façon, Christophe, tout le monde lui sert les plats depuis qu'il est redevenu en vogue (pour parler comme à son époque), mais je reste super dubitatif. Mais bon, Daniel Darc ayant clamsé, pour les petites d'Orties il restait que M. Moustache. Bon enfin les extraits du nouvel album me font dire que j'étais hyper optimiste pour rien dans ma dernière phrase.

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