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Herbie Hancock › Sextant

3 titres - 39:09 min

  • 1/ Rain Dance (9:19)
  • 2/ Hidden Shadows (10:14)
  • 3/ Hornets (19:36)

enregistrement

Wally Heider Studio et Different Fur Trading Co., San Francisco, USA, 1972

line up

Scott Beach (voix), Victor Domagalski (voix), Pat Gleeson (Patrick Gleeson) (synthétiseur), Herbie Hancock (synthétiseur, piano, piano électrique, mellotron, voix, arp echoplex), Billy Hart (percussions, batterie), Eddie Henderson (percussions, trompette), Delta Horne (chœurs), Candy Love (chœurs), Bennie Maupin (percussion, clarinette, piccolo, saxophone soprano), Julian Priester (trombone), Sandra Stevens (chœurs), Buster Williams (basse, contrebasse, guitare wah wah), Buck Clarke (bongos, conga)

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
kozmigroov'

Après "Mwandishi" et "Crossings", Herbie Hancock met un terme à sa trilogie expérimentale avec "Sextant", publié sur Columbia, et ce après avoir été remercié par une Warner trop impatiente (l'ironie voulant que peu après Hancock rencontra le succès interplanétaire avec l'album "Headhunters). Mais l'ambiance de ce premier disque pour Columbia ne prête pas à rire ; toujours aucun signe de compromission. D'ailleurs, "Rain Dance" s'aventure sur des terrains encore plus glissants - si c'eût été possible - avec l'emploi étendu des synthétiseurs et autres bruitages électroniques, par l'entremise de Patrick Gleeson, déjà responsable des audaces de "Crossings", renvoyant dos à dos les travaux de Pierre Henry et ceux de Kraftwerk. Sur des structures en électron libre, chacun des instruments bien en place viennent par à coups éjaculer leurs notes colorées où la basse de Buster Williams et la batterie de Billy Hart continuent à faire des merveilles. Ces gardiens du temps (et du Temple) sont peut-être les seules bornes auxquelles les oreilles vierges peuvent se rattacher tant les autres musiciens s'amusent à voyager en amont et en aval, en biais et de travers, sur cette musique presque palpable tellement elle est organique. "Hidden Shadows" se sert, plus intelligement encore que "Water Torture", du pouvoir terriblement évoquateur du mellotron, et devient, du coup, une pièce à l'ambiance lugubre d'où jaillissent par intermittences quelques violents rayons de lumière. Le mot de la fin, dans tous les sens du terme, sera accordé à l'élastique "Hornets" qui fait office de parfait résumé du chemin accompli jusqu'ici. Mené par un jeu de charley tout droit sorti du thème de "Shaft" d'Isaac Hayes, il fait écho à l'exercice solo d'Eddie Henderson, "Realization", paru quelques temps plus tôt la même année, et bien au-delà, aux essais les plus brillants du Miles Davis électrique, "In a Silent Way" et "Bitches Brew" compris. Avant de succomber aux sirènes du commercial et du jazz funk naissant, Herbie Hancock nous a fait le cadeau de nous laisser en héritage trois disques à l'univers indissociable qui, plus que jamais, ont gagné le droit de revendiquer leurs places parmi cette liste, sans cesse croissante, de disques obscurs et expérimentaux.

note       Publiée le lundi 1 juillet 2002

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zugal21 › jeudi 5 décembre 2013 - 18:20  message privé !

Acheté à la faveur d'un état d'esprit peu commun il y a un peu plus d'un an. Je le sors peu, il m'intrigue. J'ai tendance çà l'écouter avec l'intellect, pas avec les cervicales, pour reprendre ce qui a été dit infra. C'est pour cela que je tilte pas encore. Mais ça viendra.

Seijitsu › jeudi 5 décembre 2013 - 17:54  message privé !

Impénétrable ouais... Et chiant. J'aime bien cet effet transe et le dernier morceau de cet album possède justement cette qualité. Le Miles Davis est bien plus éclaté, plus chaotique... Et très peu prenant pour moi.

Note donnée au disque :       
dariev stands › jeudi 5 décembre 2013 - 17:26  message privé !
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Bitches Brew n'est que groove, mais groove impénétrable quand même... C'est pas le même funky que Hancock, diable non... Hancock ça peut se danser, le miles de cette époque ça se transe(pire).

bubble › jeudi 5 décembre 2013 - 16:35  message privé !

t'as le coton tige qui a du rester dans l'oreille ? ;-) pas de groove dans bitches brew ?

sinon c'est de notoriété publique que le mwandishi sextet était sous la bonne influence de bitches brew . Aprés sextant est plus "fin" disons . moi j'adore les deux sans problème.

Pour silent way amha on est dans le debut d'un truc ou un pré quelque chose . Dans bitches brew ou sextant on y est carrément.

Seijitsu › jeudi 5 décembre 2013 - 16:07  message privé !

Pour l'avoir réécouté récemment, Bichtes brew je le trouve très chiant. Très peu groovy par rapport à ce Hancock. A la rigueur, In Silent Way colle mieux comme comparaison même s'il est plus feutré.

Note donnée au disque :