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La Chasse/Cancer › La Chasse/Cancer (K7 split)

k7 • 13 titres • 40:43 min

  • FACE 1 : LA CHASSE
  • 1Intro/C’est la chasse6:33
  • 2fÜnf2:30
  • 3Ordres à mon chien 11:43
  • 4Ordres à mon chien 22:20
  • 5Alain4:52
  • 6Crève2:08
  • 7La bête2:44
  • FACE B : CANCER
  • 8Mon double2:29
  • 9France Flamme3:01 [feat Terrine & Mona Servo]
  • 10CNCR3:11
  • 11Rigor Mortis4:37 [feat Mona Servo]
  • 12Summer Spirit3:23 [feat Dom Donneger]
  • 13La bête3:32 [La Chasse/Cancer Remix]

extraits vidéo

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enregistrement

Face A enregistrée et mixée par Seb Normal en janvier 2015 entre Gigors Electric et Crest (26).

line up

Ju Bush (La Chasse), Cancer (fr) (Crabe) (8-13), La Chasse (1-7 ; 13), Mona Servo (La Chasse)

Musiciens additionnels : Dominou (Dom Donneger) (voix sur 11), Terrine (9)

remarques

« Sérigraphié en Méduses et Air Max à l’atelier Code B à Divajeu (26) ». Les deux faces de cette cassette sont en écoute et en téléchargement à prix libre sur les pages bandcamp respectives de La Chasse et Cancer (voir liens dans la rubrique « extraits »).

chronique

FACE LA CHASSE : Le flyer annonçait "no wave amazone". Et puis il y a ces titres : "Ordres à mon chien" (1 et 2, qui se succèdent). Mais ne vous attendez pas une ambiance "séance", femmes hautaines, cuir, pointes, cravaches. Pas de ça ici. Ce n’est pas non plus la charge de tueuses insensibles, personnages mutilés et durs, simple réplique à l’agression contre leur sexe, aux constants rappels au rôle de proie à quoi certains voudraient sans cesse les tenir. C’est plus violent, en fait – comme la vie peut être parfois violente, continument ou par accès, en dehors en tout cas des arrangements et manifestes. Et plus triste. Et bien plus beau... À vrai dire cette musique me prend au dépourvu. À chaque écoute, et depuis la découverte. Fracas pour guitare, synthétiseur-machine, basse, batterie, et les cris scandés par ces deux nanas. Des samples, au début, de battue aux sangliers expliquée par un des tireurs. Des mots d’ordre bruts et assassins – Crève, par exemple, qui pourrait aussi bien s’appeler d’ailleurs Ordres à mon chien 3 – ou simplement un prénom, ou des chiffres récités en allemand. Quelque chose de noir et galvanisé : de douleur, d’énergie comprimée, qui hurle dans tous les angles, vrille à tous ses tours, torsions qui en essorent les jus mordants. Et pourtant, ce n’est pas oppressant, ou pas seulement – ce n’est pas anéantissement, abdication et adhésion devant le Faire Mourir Ou Mourir. Ce n’est pas un dernier sanglot. C’est un crachat peut-être mais qui expulse la peur ; hors d’elle au moins autant qu’à sa face. Ce n’est pas fragile. Encore une fois ça m’attrape aux entrailles. Et j’aime ce NON par quoi ça tranche les raisons de ne plus vouloir et de céder. Et j’aime ce OUI que ça nous cingle, aux volontés, en volontés de s’en extraire, du gluant abandon. C’est sans pitié, d’accord, et soyez en prévenus. C’est ensemble horrible et magnifique. Et puis la pitié, hein, d’ailleurs… Qu’est-ce qu’on pourrait en faire ? Et qu’est-ce que ça changerait ? À quoi ça résisterait ? On n’est pas venu, on ne vient pas là pour ça. Pas plus – disais-je – que pour le confort tarifé, fût-il celui, paradoxale ou pas, des horions et des coups calculés, programmés. On a tous plus, je crois – autre chose, plus simple, moins trafiqué – à faire, donner, à recevoir fût-ce en choc, ici où viennent déflagrer leurs bruits glacés et leurs flots qui crament.

note       Publiée le lundi 10 août 2015

chronique

FACE CANCER : On le sait très bien qu’on va tous y passer. Un jour ou l’autre. Pour certains – privilégiés ? – doucement, sans soubresaut ni tremblement ni crise, dans leur sommeil peut-être. Pour d’autres dans les affres, hémorragies, puanteurs, terreur lente ou fulgurée, sournoise… Ce type se fait appeler Crabe, ou carrément Cancer. On sait comme ces trucs là restent tapis. Ce n’est peut-être qu'une métaphore, là, après tout – de la basse-vie qui ronge, du travail qui mine, des jours qui sèchent, dégénèrent, se détachent et tombent sur place. Qui sait… La musique de Cancer est peu loquace. Elle empile les couches d’électronique défigurée, montage de tissus cicatriciels, coutures de plaies. Indus brute, gris dégueulasses qui sont comme des souches dégradées d’un Noir plus profond ; désespoir poudreux, volatile, collant, friable. Peu de mots possibles, de toute façon. Et quand il y en a, souvent inconnaissables vraiment. Il y a des cris. Il y a Dominou – de Judas Donneger – qui vient une fois sourdre sa voix si caractéristique, ses phrases de malheur lucide. Il y a comme un grognement de bête au fond du couloir de taule abîmée. Ça fait sens qu’il y vienne, Dom l’Amiénois, balancer sa saloperie chez Crabe le Marseillais. C’est comme toujours une résistance au rien. Ce n’est pas par convenance, sans doute, qu’il remixe La Chasse – compagnes de cassette, Marseillaises aussi, qui occupent l’autre face de l’objet. (Je soupçonne d'ailleurs Mona Servo, qui crie sur France Flamme et Rigor Mortis, ici, d'être une de ces deux là...). Ça s’y plante, dans le Rien, ça veut le renverser en y puisant, en en faisant matière, nutriment. Il faut tenir. Il faut mieux, plus que ça. Il faut jusqu’au bout savoir qu’on va casser, un jour. On veut jusque là les voir : le rouge, la nuit, les nuances, entendre autours les cris et les chants, les paroles. Cette face là aussi, de la cassette, me fait cet effet du truc vivant, horriblement, inespéré, essentiel et tout con. Impossible à réduire – et qui rend l’explication inutile, inopérante, qui fait qu’elle ne désamorce, ne défait rien des qualités de la chose : d’arme retournée contre le feu morne, de soudain et bref éclair d’humanité qui fuse et chute et repousse, au fond, se propulse du fond dans un mouvement réflexe. En dépit de cet "un jour ou l’autre", ou hors de lui, plutôt. Parce que "d’ici là". Parce que justement. Parce qu’on n’admettra pas, complètement vivants, que tout le reste, avant, ne serait rien d’autre qu’un répit. Ou qu'on veut que "répit" soit pas le nom d’autre chose, une chose qu’on nomme à voix si basse ou même ainsi – à l'envers – parce qu’on y tient bien plus : entière et bien plus haut.

note       Publiée le lundi 10 août 2015

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Dioneo › vendredi 29 septembre 2017 - 02:46  message privé !
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Eh eh eh... (Sardonik Rikanement*)

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WZX › vendredi 29 septembre 2017 - 02:27  message privé !

J'étais persuadé qu'il y avait cinq boules en bas des chros. Aïe, si la mémoire déraille, à mon âge... En tout cas, j'étais totalement passé à travers, quand je m'étais penché dessus, il y a un moment déjà. A la réécoute, ça m'interpelle beaucoup plus. Pas très joyeux tout ça !

Klarinetthor › vendredi 29 septembre 2017 - 01:19  message privé !

bah le dio met pas souvent la même note chroniqueur que commentateur, c'est sa solution pour biaiser le système, se jouer de la subjectivité. Attente de l'album avec hate, un des bons albums de l'année, et un peu boudé (sauf en bourgogne, évidemment)

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Dioneo › vendredi 29 septembre 2017 - 00:00  message privé !
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Je ne vois pas ce que tu veux dire... (Ou alors j'ai écouté l'album des deux meufs sorti entre temps et... Mon cerveau m'a dit des trucs. Et si c'est ça, peut-être bien qu'il m'a dit aussi de vous en causer un de ces jour et que je vois ce qu'il veut dire)... Ceci dit si tu fais la moyenne avec la ci-dessous, ça fait un 4,5 - en fait surtout pour cette face La Chasse. (Et un assez gros, hein, allez).

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WZX › jeudi 28 septembre 2017 - 18:49  message privé !

Mais euh ! Dioneo il change ses notes en douce ! Euh là... Comment qu'on s'y retrouve nous, hein ? Je sais même plus si c'est mon cerveau qui me joue des tours ou si c'est bien toi qui nous fait des surprises...