Les objets chroniqués

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Eyehategod › Dopesick

cd • 12 titres • 38:49 min

  • 1My Name Is God (I Hate You)05:21
  • 2Dogs Holy Life01:10
  • 3Masters of Legalized Confusion03:58
  • 4Dixie Whiskey02:55
  • 5Ruptured Heart Theory04:43
  • 6Non Conductive Negative Reasoning01:05
  • 7Lack of All Most Everything02:49
  • 8Zero Nowhere04:22
  • 9Methamphetamine01:58
  • 10Peace Thru War (Thru Peace and War)01:47
  • 11Broken Down but Not Locked Up03:47
  • 12Anxiety Hangover04:54

enregistrement

Enregistré par Billy Anderson au Side One Studio, Nouvelle-Orléans (États-Unis). Produit et mixé par Billy Anderson au Hyde Street Studio, San Francisco (États-Unis) - automne/hiver 1995.

line up

Jimmy Bower (guitare), Joe Lacaze (batterie), Vince Leblanc (basse), Brian Patton (guitare), Mike Ix Williams (voix)

remarques

"...do not even think about ripping us off, unless you plan to use your powers to overthrow established society and condemn all authority figures to a life of incarceration & torture... Peace thru addiction."
La version américaine est la "rouge", avec une photo à droite. La version européenne est noire et blanche et laisse plus d'espace pour euh... la photo.

chronique

Eyehategod ça colle comme la gerbe sur le sol le lendemain de la prise de médocs cités dans la précédente chronique. Le lendemain ça fait mal, parce qu'il n'y a plus de sous pour racheter les trucs à prendre en cas de douleur, et comme chaque matin on se réveille malade et on se dit trois secondes "plus jamais", mais l'opportunité de se défoncer retape à la porte "and i'm wasted, my frieeeeend"! "Dopesick", c'est encore plus sympa que "Hangover" pour ce qui est du cumul d'affects en un mot, ça additionne les frissons, la paranoïa, la gerbe, les sueurs glauques, en plus il fait chaud. Chépavous, mais moi, plus il fait chaud, plus ce genre de sensation est horrible et plus il fait chaud et humide et plus c'est encore... plus. Alors un matin dans cet état quand on vit dans le sud-est des États-Unis et qu'on n'a plus rien sous la main pour se refroidir la tête, j'imagine même pas... en même temps c'est bien que des géhennes pareilles existent sinon on n'aurait pas pu écouter des groupes comme Eyehategod dont le parolier se nourrit de son auto-lose personnelle, piochant dans ses miasmes d'addict énervé une œuvre bien américaine, héritier en cela de tout un courant putride d'alcooliques génies, rejets conscients du amérikeun dwwïm, cf. Jack London, la famille Fante et le vieux Hank - Bukowski ou Williams. Cet album troisième du nom a sans doute une légende qui traine derrière les oreilles, en tout cas c'est le même groupe, les mêmes sales tronches, le même sentiment cultivé de perdition - faut pas se faire avoir par leur apparent succès aujourd'hui et leur enfilade de festoches, cette musique respire la déconfiture, des coups sur la caisse claire aux riffs sudistes, des glaires de Mike IX Williams à la pochette encore une fois bien dégueu quelque version que ce soit, des morceaux un peu "rapides" comme "Dogs Holy Life" ou les pito-dévastateurs "Peace thru War" et "Lack of Almost Everything" (re-clin d'oeil à l'écrivain Bukowski en passant) jusqu'aux plus dégueulassement lents comme le fabuleux "Anxiety Hangover" que je n'ai toujours pas entendu en concert et qui est sans doute mon morceau préféré du groupe... Le son n'a pas l'air très bon vu de mes oreilles de schtroumph, comme si on avait eu envie de mettre un peu trop de basse, ou un peu trop de saturation, ou un peu trop de je ne sais quoi et qu'on oubliait des trucs en route, plein de petits parasites s'invitant dans le micro du chanteur et des autres... Ceci est en fait leur dernier album produit salement, le prochain balançant la sauce de manière un peu trop léchée, et le dernier euh... on en reparlera un autre jour. Enfin, si vous avez aimé "Take as Needed for Pain" vous aimerez "Dopesick" car c'est la même recette qui est dégueulée ici... mais si vous adorez "In the Name of Suffering" vous ne retrouverez sans doute pas cet espèce de funambulisme amateur et très raw : ici les morceaux tiennent la route, sont composés, efficaces, tout en restant bien sales bien sûr mais il n'y a plus de place pour cette espèce de magie bizarre qu'il y avait sur le premier album, complètement maniaco-dépressif et hoquetant, brinquebalant, voire un autre participe présent utilisé comme adjectif. Une carrière dégringolade en somme, ce qui reste dans les clous du cahier des charges de la déchéance définissant l'idée de ce groupe, même si la bande à Bower nous balance encore sur "Dopesick" des hymnes au mal-être d'une grandeur misérable... si vous avez des frissons qui montent dans le dos lorsque commence "Ruptured Heart Theory" je pense que vous voyez à peu près ce que je veux dire ! Pour finir sur une touche emo, je dois dire que l'objet chroniqué fut l'album que j'ai le plus écouté d'Eyehategod, un peu mon chouchou, donc la note sera grosse mais pourrait ne pas arriver jusqu'au firmament avec le recul des années, des cuites et des solitudes. Toujours est-il que "Dopesick" restera un des albums phares de la catégorie/hashtag/subdivision rameau "à écouter quand ça va mal", sans subdivision géographique, sans vraiment de subdivision chronologique, perdu entre deux lignes de contentement rapide et pas cher, c'est toujours mieux qu'autre chose, pas vraiment de sortie, juste de la défonce et une vue qui se rétrécit pour bien se concentrer sur une ou deux idées anarchistes en voie d'extinction - et nique sa mère la bronchite.

note       Publiée le mardi 4 août 2015

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dimegoat › jeudi 6 août 2015 - 23:21  message privé !

J'avoue qu'après avoir découvert Grief (oué je sais, le train en retard), Eyehategod me fait moins d'effet, même ce Dopesick pourtant bien toxique. EHG est sans doute trop tubesque pour toucher vraiment le fond. Bonne came quand même, faut pas pousser! Et j'ajoute que certes le son paraît plus gros que sur le précédent (sans même parler du suivant...ni même du post-suivant!!!), mais pas dans le sens musclé, plus dans le sens obèse avec des tâches de gras sur le marcel, d'où un petit fumet agréable.

Note donnée au disque :       
dariev stands › jeudi 6 août 2015 - 11:38  message privé !
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Le truc frappant c'est à quel point le son est plus gros, plus gras et plus FAT que sur les deux précédents... Peut etre plus contrôlé comme album, mais quand même terrible.

Note donnée au disque :