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L7 › Hungry For Stink

cd • 12 titres • 44:44 min

  • 1Andres
  • 2Baggage
  • 3Can I Run
  • 4The Bomb
  • 5Questioning My Sanity
  • 6Riding With A Movie Star
  • 7Stuck Here Again
  • 8Fuel My Fire
  • 9Freak Magnet
  • 10She Has Eyes
  • 11Shirley
  • 12Talk Box

extraits vidéo

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line up

Donita Sparks (chant, guitare), Suzi Gardner (guitare, chant), Jennifer Finch (basse, chant), Demetra Plakas (batterie)

remarques

chronique

"Faim de puanteur". C'est gravé, comme à la clé sur le pare-choc d'un sale enfoiré qui va rager, tel Vincent Vega au comptoir en cette même année. C'est gravé comme à la clé sur cette pochette, qui reste l'une des plus intrigantes de cette période grunge. Hell's Heaven plus encore que les Babes in Toyland ont faim de puanteur, elles ont faim de fromage de BiT, et avec une hygiène un peu négligée il doit bien y en avoir assez en réunissant tous les membres pour un bas de frigo bien garni : alors bienvenue chez vous mes souillonnes, les tripes des ténèbres, ouais, ça schlingue aussi. Juste histoire de cadrer objectivement l'esprit de leur grunge à elles. Hungry for Stink. Cet album c'est comme Bricks are Heavy du L7 plus travaillé-composé que les deux premiers, c'est évident. Mais si, c'est évident que c'est leur album bien sculpté et garni avec soin de morceaux variés avec chacun sa petite gueule à lui, et c'est aussi pour ça qu'il est excellent, encore plus tubesque d'entrée de jeu avec "Andres" (qui s'intitule comme ça parce que la chanteuse s'adresse à un gars qui s'appelle Andres mais on sait toujours pas l'embrouille), et au final avec un bon gabarit pour survivre sans problème au-dessus d'un "album grunge de meufs" banal. Et Donita Sparks y apparaît plus que jamais comme un genre de Catherine Ringer du grunge, je dis que ça. Et j'dis pas ça pour des histoires de chicot en moins (même si... Donita, à côté de Gainsbarre ? Je me régale d'imaginer la scène). L7 semblent sur celui-ci chargées d'une énergie plus compactée, plus épaisse. Le son plus pro n'y est pas étranger, mais pour ce qui est du calibrage, en fait non, oubliez ce que je viens de dire : L7 ne sera jamais un groupe de pop, même quand elles voudront un peu par la suite. Donita sur "Questioning my sanity" et sa voix de vieille concierge cradoque qui maugrée contre le voisin de palier, ça fait partie des choses de la vie. Ce chant a mine de rien plusieurs cordes à son stérilet, entre vociférations sorcières et rances roucoulades, hululements, cris d'indienne le jour de son premier scalp. Langueur pute, charges parfois limite alt-metal bien gaulées ("The Bomb", et ces paroles qui restent bien en tête, ouais le plastique c'est pas toujours fantastique je suis d'accord Donita), envie de saccage, ce Hungry For Stink a tout pour être l'album-culte du groupe. Comme dirait l'Delahousse (aucune allusion au déguisement d'une des photos, c'est un sac de couchage) qui sommeille chez tout chroniqueur : l'œuvre a/emboutie, le disque le mieux foutu/touffu, le plus (a)varié de L7, celui où on a tout ce qu'elles savent faire. L'album auquel on a rien à reprocher, qui s'enquille tout seul et qui tient sur la durée. Toujours ce petit côté stoner qui resurgit thanx to Suzi Gardner ("Freak Magnet") et ce truc un peu psyché sur "Talk Box", qui s'intitule comme ça parce que Donita utilise une talk-box. Final bien baveux qui laisse un écho hanté. Un album qui évoque encore l'Amérique des épaves grouillant au pied d'Hollywood, du rock pour un bar miteux adjacent à un motel miteux, avec les ploucardes du secteur, qui mettent le boxon et répondent cru aux routiers. Si vous êtes accoudés au jukebox à les détailler en coin avec un mélange d'envie et de nausée, n'oubliez pas qu'elles préfèrent les hommes qui font l'amour avant la douche. Sinon circulez.

note       Publiée le vendredi 15 janvier 2016

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Note moyenne        9 votes

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born to gulo › jeudi 9 avril 2020 - 12:05  message privé !

<3

Note donnée au disque :       
(N°6) › vendredi 19 avril 2019 - 17:12  message privé !
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Sans jouer les passéistes, voilà ce qu'on pouvait voir il y a 25 ans à la télévision française en début de soirée, Jennifer Finch se jetant dans les bras de Phillipe Gildas (on entend Sparks se marrer quand elle saute sur la table) après avoir envoyé balader une de ses basses sur la plage puis pété son matos wireless avec une seconde basse. Un extrait utilisé dans le docu sur le groupe pour illustrer le fait que Finch était en train de perdre un peu pied, ce qui va précipiter son départ avant l'album suivant. https://www.youtube.com/watch?v=MPoNhc1TnY4&frags=pl%2Cwn

Note donnée au disque :